Un homme en chemise bleue serre la main d’un homme âgé à l’extérieur, tandis que trois autres personnes âgées sourient en les regardant. Ils sont réunis par une journée ensoleillée, au milieu de la verdure, illustrant ainsi l’esprit de solidarité qui est au cœur de la Journée nationale des aidants 2026.

Solutions de répit : 8 relais pour les proches aidants

Un homme en chemise bleue serre la main d’un homme âgé à l’extérieur, tandis que trois autres personnes âgées sourient en les regardant. Ils sont réunis par une journée ensoleillée, au milieu de la verdure, illustrant ainsi l’esprit de solidarité qui est au cœur de la Journée nationale des aidants 2026.

Solutions de répit : 8 relais pour les proches aidants

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • La Journée nationale des aidants a lieu le 6 octobre, et la Semaine bleue se tient du 5 au 11 octobre 2026 : deux rendez-vous où les structures locales ouvrent leurs portes et répondent au téléphone.
  • Selon l'étude de la DREES publiée en décembre 2025, 7,1 millions de personnes apportaient en 2022 une aide régulière à un proche, toutes formes d'aide confondues, et trois fois sur dix cette aide est assumée par l'aidant seul.
  • La France compte environ 320 plateformes d'accompagnement et de répit dédiées aux proches aidants, selon la CNSA en septembre 2025.
  • Huit relais existent et se cumulent : plateforme de répit, accueil de jour, hébergement temporaire, relayage à domicile, séjour de répit, formation, groupe de parole, annuaires officiels.
  • La CNSA estimait en septembre 2025 le recours aux droits liés à l'aide aux proches aidants inférieur à 50 %, et relevait que près d'un aidant sur deux ne se reconnaît pas comme tel.

Qu'est-ce qu'une solution de répit pour un proche aidant ?

Une solution de répit est un dispositif qui prend le relais auprès de la personne aidée, pendant quelques heures ou plusieurs semaines, afin que l'aidant puisse se reposer, travailler ou simplement s'occuper de lui. Le guide de la CNSA d'août 2024 la définit comme une prise en charge temporaire physique, émotionnelle et sociale d'une personne en perte d'autonomie. C'est un relais organisé, prévu par les textes et souvent financé en partie par l'allocation personnalisée d'autonomie.

Pourquoi la semaine du 5 octobre compte-t-elle ?

Parce que c'est la seule semaine de l'année où les dispositifs destinés aux aidants viennent vers vous plutôt que l'inverse. La Journée nationale des aidants se tient chaque année le 6 octobre. La Semaine bleue, intitulée officiellement Semaine nationale des retraités et personnes âgées, se déroule cette année du 5 au 11 octobre 2026. Elle en est à sa 75e édition et son thème est Relions tous les âges dans des territoires engagés. Elle est coordonnée par l'Uniopss, qui en assure l'organisation depuis l'origine.

Concrètement, cela veut dire des portes ouvertes dans des accueils de jour qui, le reste de l'année, se visitent sur rendez-vous. Des permanences de centres communaux d'action sociale. Des cafés des aidants organisés exceptionnellement en soirée pour ceux qui travaillent. Si un appel attend depuis des mois, c'est la période où il demande le moins d'efforts pour aboutir.

Il y a une seconde raison, moins visible. Les campagnes nationales destinées aux aidants sont programmées sur cette période : la CNSA et le Service public de l'autonomie ont lancé leur deuxième campagne le 23 septembre 2025, autour de la Journée nationale des aidants. Les équipes locales sont donc mobilisées, et les délais de réponse sont plus courts qu'en plein mois d'août.

1. La plateforme d'accompagnement et de répit

C'est le point d'entrée le plus large. La CNSA indiquait en septembre 2025 que la France compte environ 320 plateformes d'accompagnement et de répit dédiées aux proches aidants. Elles ont été créées à l'origine pour les aidants de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, puis leur champ s'est élargi à l'ensemble des proches aidants. La CNSA les finance à hauteur de plus de 24,2 millions d'euros en 2024, et vise à couvrir tous les départements d'ici 2027.

Une plateforme n'est pas un lieu d'hébergement : c'est une équipe qui vous écoute, fait le point sur votre situation et vous oriente vers ce qui existe autour de chez vous. C'est le bon premier appel quand vous ne savez pas encore ce que vous cherchez.

2. L'accueil de jour

L'accueil de jour assure une prise en charge sur un mode séquentiel, d'une demi-journée à plusieurs jours par semaine, dans un établissement médico-social. Le guide de la CNSA le décrit comme un lieu de socialisation et de prise en charge thérapeutique, et non comme une simple garderie. Il s'adresse majoritairement à des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées.

Pour l'aidant, l'intérêt est la régularité. Deux demi-journées fixes par semaine libèrent un créneau prévisible, celui où l'on prend enfin un rendez-vous médical pour soi. Le financement passe par le plan d'aide de l'allocation personnalisée d'autonomie, donc par le département.

3. L'hébergement temporaire

Il s'agit d'un accueil complet d'une durée de quelques jours à plusieurs semaines ou mois, généralement dans des places dédiées en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes. C'est la solution des vacances, de l'opération chirurgicale de l'aidant, du décès d'un conjoint, de la période où la maison est en travaux.

Le point de vigilance est le délai. Les places dédiées sont peu nombreuses et se réservent longtemps à l'avance. Un hébergement temporaire pour le mois d'août se demande au printemps, pas en juillet.

4. Le relayage à domicile

C'est le dispositif le plus récent et le moins connu. Plutôt que de déplacer la personne aidée, un professionnel vient s'installer à son domicile et prend le relais en continu. Le modèle est inspiré du baluchon Alzheimer québécois. Sa base juridique est l'article 53 de la loi du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance, qui a autorisé des dérogations aux durées légales de travail pour permettre une intervention par un intervenant unique.

Le cadre vient d'évoluer : le décret n° 2025-827 du 19 août 2025 permet désormais, sous conditions, qu'un professionnel unique intervienne jusqu'à six jours consécutifs auprès de la personne aidée. Pour un aidant épuisé, six jours sans avoir à déplacer son proche ni à bouleverser ses repères, c'est une différence de nature, pas de degré.

5. Le séjour de répit aidant-aidé

Certains établissements peuvent proposer, en même temps que l'hébergement temporaire, un séjour de vacances pour les proches aidants. La base légale figure à l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles. L'idée est de partir ensemble, dans des conditions de sécurité médicale, avec un accompagnement médico-social sur place.

Une précision financière que beaucoup découvrent trop tard : selon le guide de la CNSA, l'allocation personnalisée d'autonomie couvre uniquement le coût du relais du proche aidant. Les frais de séjour et de transport restent à votre charge. À vérifier avant de signer, pas après.

6. La formation gratuite des aidants

La CNSA finance, par conventions avec des associations nationales, des actions permettant aux aidants d'accéder gratuitement à des programmes de formations non professionnelles. On y apprend des choses très concrètes : comment aider quelqu'un à se relever, comment réagir à une question posée dix fois, comment parler à un médecin sans se faire déborder.

C'est probablement le relais au meilleur rapport entre le temps investi et le soulagement obtenu. Une demi-journée de formation évite souvent des mois de tâtonnements.

7. Les groupes de parole et les cafés des aidants

Le soutien psychosocial individuel, les groupes de parole et les cafés des aidants sont recensés par la CNSA parmi les dispositifs de soutien. Attention à un point pratique : ce sont des aides qui ne sont pas finançables au titre de l'allocation personnalisée d'autonomie. Elles sont proposées par des associations, par les plateformes de répit ou par les centres locaux d'information et de coordination, avec leurs propres financements.

Beaucoup d'aidants y vont une fois par politesse et y restent deux ans. La raison est simple : c'est le seul endroit où l'on n'a pas à expliquer le contexte avant de parler.

8. Les trois annuaires officiels à connaître

Trois adresses publiques permettent de chercher soi-même, sans intermédiaire. Le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr est décrit par la CNSA comme un site officiel pour les personnes âgées et leurs aidants ; son annuaire recense plus de 70 000 établissements et services, dont des lieux d'aide au répit. Le site aidant.gouv.fr est celui que la campagne nationale de la CNSA met en avant. Enfin, maboussoleaidants.fr est présenté comme un annuaire de services géolocalisés.

Les adresses complètes figurent dans les sources en fin d'article.

Le chiffre clé

340 000C'est le nombre de proches aidants perdus entre 2008 et 2022, soit une baisse de 6 %, selon l'étude de la DREES parue le 24 juin 2026. Cette étude raisonne sur un périmètre volontairement restreint, celui de l'aide à la vie quotidienne apportée par les personnes de 16 ans ou plus, qui passe de 5,6 à 5,3 millions de personnes : c'est le seul champ qui permette une comparaison avec 2008, et il est plus étroit que celui des 7,1 millions d'aidants toutes formes d'aide confondues. Dans le même temps, le nombre de personnes vivant à domicile et déclarant avoir besoin d'aide est passé de 2,1 à 2,2 millions. Moins d'aidants, donc, pour davantage de besoins. Si vous avez le sentiment de porter plus qu'avant, ce n'est pas une impression.

Les six solutions qui prennent le relais auprès du proche
RelaisDurée typiqueLe proche reste-t-il chez lui ?Situation où il est le plus utile
Plateforme de répitUn entretien, puis un suiviOuiVous ne savez pas encore ce dont vous avez besoin
Accueil de jourD'une demi-journée à plusieurs jours par semaineNon, il se déplaceVous avez besoin d'un créneau régulier et prévisible
Hébergement temporaireDe quelques jours à plusieurs moisNonVacances, hospitalisation de l'aidant, travaux
Relayage à domicileJusqu'à six jours consécutifsOuiLe proche supporte mal le changement de lieu
Séjour de répit aidant-aidéUn séjourNon, vous partez ensembleVous ne voulez pas, ou ne pouvez pas, partir séparément
Groupe de paroleQuelques heures, de façon régulièreOuiL'épuisement est moral plus que matériel

Les erreurs à éviter

  • Repousser l'appel jusqu'à l'épuisement. Les délais d'instruction et les listes d'attente ne s'accélèrent pas parce que la situation est devenue urgente. Se renseigner pendant que l'on tient encore est ce qui laisse le plus de marge.
  • Croire qu'il faut choisir un seul dispositif. Ils se cumulent. Un accueil de jour deux matinées par semaine et un hébergement temporaire en août répondent à deux besoins différents.
  • Ignorer que l'on est considéré comme aidant. La CNSA indiquait en septembre 2025 que près d'un aidant sur deux ne se reconnaît pas comme tel, et situait le recours aux droits correspondants sous la barre des 50 %. Beaucoup de droits sont pourtant conditionnés à cette qualification, notamment celle de proche aidant indispensable au sens des articles L. 232-3-2 et L. 232-3-3 du code de l'action sociale et des familles.
  • Considérer le répit comme un renoncement. Il fait partie du plan d'aide, il est prévu par les textes et financé par la collectivité, et il est précisément conçu pour que l'accompagnement puisse durer.
  • Réserver un séjour de répit sans vérifier ce qui reste à payer. L'allocation personnalisée d'autonomie couvre le relais, pas le séjour ni le transport.

Ce qu'il faut préparer avant votre premier appel

  • Le degré d'autonomie de votre proche s'il a été évalué, et la mention de son groupe iso-ressources s'il bénéficie de l'allocation personnalisée d'autonomie.
  • Une estimation honnête du nombre d'heures que vous consacrez chaque semaine à l'aide, y compris la surveillance et les trajets.
  • La liste des personnes qui vous aident déjà, même ponctuellement, et celles sur qui vous ne pouvez pas compter.
  • Le nom de votre caisse de retraite et celui de votre département, qui instruit les demandes.
  • Les dates que vous savez déjà difficiles : une hospitalisation programmée, un déplacement professionnel, les vacances scolaires.
  • Ce qui vous manque le plus, formulé en une phrase : dormir, travailler sereinement, voir vos propres enfants, ou simplement sortir sans minuter.

Ce qui change en région PACA

L'organisation du répit est départementale, pas nationale. Ce sont les conseils départementaux des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence qui instruisent les plans d'aide et arrêtent les tarifs, et l'agence régionale de santé qui autorise les places d'accueil de jour et d'hébergement temporaire. Deux aidants dans la même situation, l'un à Orange et l'autre à Brignoles, n'auront donc pas la même offre à portée de voiture. En zone rurale du Haut-Var ou des Alpes-de-Haute-Provence, la distance jusqu'à l'accueil de jour le plus proche devient un critère de choix à part entière : une heure de trajet aller-retour réduit mécaniquement le répit réel. C'est souvent là que le relayage à domicile prend tout son sens, puisqu'il supprime le déplacement. La CNSA vise une couverture de tous les départements d'ici 2027 : d'ici là, l'écart entre le littoral et l'arrière-pays reste une réalité dont il faut tenir compte.

Cas vécu : Christine, 58 ans, Orange

Christine travaille à temps plein et accompagne sa mère, 84 ans, qui vit à dix minutes de chez elle. Pendant deux ans, elle a tout assuré seule : les courses, les repas du soir, les rendez-vous médicaux, les nuits où le téléphone sonne. Elle ne se décrivait pas comme aidante. Le mot lui semblait réservé à des situations plus lourdes que la sienne. C'est une collègue qui lui a parlé d'une réunion organisée pendant la Semaine bleue. Christine y est allée sans conviction, surtout pour ne pas avoir à se justifier ensuite. Elle en est ressortie avec deux informations qu'elle n'avait pas : un accueil de jour existait à vingt minutes, et sa mère, déjà bénéficiaire de l'allocation personnalisée d'autonomie, pouvait voir son plan d'aide réexaminé. Six mois plus tard, sa mère y va deux matinées par semaine. Christine a récupéré ses mardis et ses jeudis matin. Elle dit que le plus difficile n'a pas été d'organiser le relais, mais d'accepter l'idée qu'elle avait le droit d'en demander un.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Quand le relais doit tenir toute l'année, et pas seulement une semaine

Les dispositifs de répit répondent aux ruptures : une semaine de vacances, une hospitalisation, un séjour. Ils répondent moins bien au quotidien qui use, celui des courses du mardi et du ménage du vendredi. C'est exactement là que se situe l'intervention d'un service d'aide à domicile professionnel.

AIDADOMI couvre ce quotidien : aide et accompagnement des seniors, ménage et repassage, accompagnement du handicap, aide aux courses et aux sorties, jardinage et petit bricolage. Nos intervenants étant salariés en contrat à durée indéterminée, nous gardons le même visage d'une semaine à l'autre : pour une personne âgée désorientée, la stabilité de l'intervenant compte souvent autant que le contenu de l'intervention. Ces prestations ouvrent droit au crédit d'impôt de 50 % prévu pour les services à la personne, y compris pour les personnes non imposables.

FAQ - Souffler quand on aide un proche

Faut-il un diagnostic médical pour accéder à une solution de répit ?

Non, pas dans tous les cas. Les plateformes d'accompagnement et de répit et les groupes de parole accueillent les aidants sans exiger de dossier médical préalable : un appel suffit pour obtenir un entretien. En revanche, les dispositifs financés par le plan d'aide de l'allocation personnalisée d'autonomie, comme l'accueil de jour ou l'hébergement temporaire, supposent que la personne aidée ait fait l'objet d'une évaluation de son autonomie par le département. Si votre proche ne bénéficie d'aucune aide à ce jour, la première démarche consiste donc à demander cette évaluation. Elle conditionne l'essentiel des financements, et son délai d'instruction explique pourquoi il vaut mieux l'engager avant que la situation ne devienne critique.

Combien coûte une journée en accueil de jour ?

Le tarif n'est pas national. Il est arrêté par le conseil départemental pour chaque établissement, ce qui explique les écarts d'un département à l'autre, et parfois d'une commune à l'autre. Une partie du coût peut être prise en charge dans le plan d'aide de l'allocation personnalisée d'autonomie, selon le degré d'autonomie de la personne et les ressources du foyer. Le transport entre le domicile et l'accueil de jour fait l'objet d'une prise en charge distincte, qui varie également selon les départements. La règle pratique est simple : demandez toujours deux chiffres séparés, le tarif journalier et le coût du transport, puis ce qui restera effectivement à votre charge après déduction. Un établissement sérieux vous donnera les trois sans difficulté.

Le relayage à domicile est-il disponible partout en France ?

Non. Le relayage reste un dispositif en déploiement, né d'expérimentations autorisées par la loi du 10 août 2018 puis élargies par le décret du 19 août 2025, qui permet à un professionnel unique d'intervenir jusqu'à six jours consécutifs. Toutes les structures d'aide à domicile ne le proposent pas, et la couverture est inégale selon les territoires, notamment en zone rurale. La bonne démarche consiste à interroger la plateforme d'accompagnement et de répit de votre secteur, qui sait quels opérateurs le pratiquent à proximité. Si aucun ne le fait, une combinaison d'interventions rapprochées à domicile peut constituer une alternative partielle, moins confortable mais mobilisable plus rapidement.

Puis-je être aidant et salarié de mon proche en même temps ?

Oui. Le guide de la CNSA d'août 2024 précise qu'un aidant salarié en emploi direct auprès de son proche conserve sa qualité de proche aidant. Il peut à ce titre bénéficier des majorations prévues pour le répit et pour le relais en cas d'hospitalisation, dès lors qu'il est reconnu comme proche aidant indispensable au sens du code de l'action sociale et des familles. Cette reconnaissance repose sur trois critères : une présence sans laquelle la personne serait en danger, une aide portant sur les actes de la vie quotidienne, et l'impossibilité d'être remplacé par un autre proche à titre non professionnel. Le fait d'être rémunéré pour une partie de l'aide n'annule donc pas les droits attachés à la qualité d'aidant.

Que se passe-t-il si je suis hospitalisé en urgence ?

Le code de l'action sociale et des familles prévoit un module spécifique dit de relais en cas d'hospitalisation du proche aidant, distinct du module répit. Il vise à financer une solution de remplacement lorsque l'aidant indispensable ne peut plus assurer sa présence. Pour une hospitalisation programmée, le guide de la CNSA recommande d'anticiper la demande bien en amont de la date d'entrée. Pour une hospitalisation imprévue, c'est le service social de l'hôpital et le service autonomie du département qui sont les interlocuteurs à mobiliser en premier. Le conseil le plus utile reste préventif : gardez dans un endroit connu de plusieurs personnes une fiche indiquant le traitement de votre proche, ses habitudes et les numéros à appeler.

Comment savoir si je suis en train de m'épuiser ?

Les signes les plus fréquemment rapportés ne sont pas spectaculaires : un sommeil qui ne répare plus, une irritabilité nouvelle envers la personne aidée, l'abandon progressif de ses propres rendez-vous médicaux, le retrait des activités et des amitiés qui comptaient. L'étude de la DREES de décembre 2025 montre que la situation la plus exposée est celle de l'aidant qui accompagne sans aucun relais, informel ou professionnel : c'est le cas de trois aidants sur dix, et de six conjoints aidants sur dix. Si vous vous reconnaissez dans cette description, en parler à votre médecin traitant est une démarche légitime et utile. Il peut vous orienter, et votre propre santé fait partie de l'équation.

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui intervient depuis 33 agences en Bouches-du-Rhône, dans le Var, en Vaucluse, dans le Gard et dans les Alpes-de-Haute-Provence. Nos intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne continue. L'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Cet article présente des dispositifs nationaux dont les modalités d'application, les tarifs et les délais sont fixés au niveau départemental. Il ne remplace pas l'évaluation réalisée par le service autonomie de votre conseil départemental, seul compétent pour déterminer vos droits.

Une femme âgée remonte ses lunettes tout en plissant les yeux pour regarder son smartphone ; elle semble avoir du mal à lire l'écran. Elle présente peut-être des symptômes de la DMLA, ce qui pourrait nécessiter l'utilisation d'outils tels que la grille d'Amsler ou un meilleur éclairage de son logement pour l'aider à voir.

La vue qui baisse : 10 aménagements du logement

Une femme âgée remonte ses lunettes tout en plissant les yeux pour regarder son smartphone ; elle semble avoir du mal à lire l'écran. Elle présente peut-être des symptômes de la DMLA, ce qui pourrait nécessiter l'utilisation d'outils tels que la grille d'Amsler ou un meilleur éclairage de son logement pour l'aider à voir.

La vue qui baisse : 10 aménagements du logement

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • La Journée mondiale de la vue se tient le 8 octobre 2026, à l'initiative de l'Agence internationale pour la prévention de la cécité.
  • Selon l'Inserm et la Haute Autorité de santé, la dégénérescence maculaire liée à l'âge touche 1 % des personnes de 50 à 55 ans, environ 10 % des 65-75 ans et de 25 à 30 % des plus de 75 ans.
  • L'Inserm la décrit comme la première cause de handicap visuel chez les personnes de plus de 50 ans, en précisant qu'elle ne rend jamais totalement aveugle : la vision périphérique reste intacte.
  • La HAS conseille aux plus de 50 ans présentant au moins un facteur de risque une autosurveillance régulière et un examen chez l'ophtalmologiste tous les 1 à 2 ans.
  • Dix aménagements simples, sur la lumière, le contraste, le sol et le son, permettent de continuer à vivre chez soi sans reconstruire le logement.

Qu'est-ce que la dégénérescence maculaire liée à l'âge ?

La dégénérescence maculaire liée à l'âge, ou DMLA, est une maladie de la zone centrale de la rétine qui survient chez les personnes de plus de 50 ans. Elle abîme la vision centrale, celle qui sert à lire, à reconnaître un visage ou à enfiler une aiguille, tout en laissant la vision périphérique intacte. L'Inserm précise qu'elle ne rend jamais totalement aveugle, puisque la partie périphérique de la rétine reste intacte. C'est exactement cette particularité qui rend l'aménagement du logement si utile : la personne voit encore, mais plus au bon endroit.

Pourquoi parler de la vue au mois d'octobre ?

Parce que la Journée mondiale de la vue, organisée chaque année le deuxième jeudi d'octobre par l'Agence internationale pour la prévention de la cécité, tombe le 8 octobre 2026. C'est la période où les campagnes de dépistage et les opérations de sensibilisation se concentrent, et où les délais de rendez-vous se libèrent parfois.

Il y a une seconde raison, plus concrète. Octobre est le mois où la lumière naturelle chute franchement. Un logement parfaitement praticable en juillet peut demander un éclairage complémentaire en novembre. S'en occuper avant que les jours raccourcissent permet de comparer les solutions tranquillement, plutôt que d'improviser en plein hiver.

Quels signes doivent conduire à consulter ?

La Haute Autorité de santé, dans ses recommandations publiées le 8 novembre 2022, liste les signes à surveiller au quotidien : la déformation des objets observés, des difficultés pour lire malgré une correction adaptée, une diminution de la perception des contrastes, une gêne en vision nocturne et une modification de la vision des couleurs. En présence de l'un de ces signes, la HAS recommande de consulter rapidement un ophtalmologiste.

Ces signes sont insidieux parce que le cerveau compense. Une personne qui perd progressivement sa vision centrale d'un œil peut ne rien remarquer tant que l'autre œil corrige. C'est souvent en se cachant un œil par hasard que la découverte se fait, parfois avec plusieurs années de retard.

Les facteurs de risque identifiés par la HAS sont les antécédents familiaux, qualifiés de facteur de risque principal, l'obésité, un régime pauvre en oméga 3 ou riche en graisses saturées, et le tabagisme. L'Inserm indique que le tabagisme multiplie le risque d'un facteur 3 à 6 et que l'obésité le double.

Le test de la grille d'Amsler : comment le faire chez vous

La HAS recommande aux personnes de plus de 50 ans présentant au moins un de ces facteurs de risque de surveiller régulièrement leur vision, par une autosurveillance à réaliser soi-même et par un examen chez un ophtalmologiste tous les 1 à 2 ans. L'outil d'autosurveillance est la grille d'Amsler, que la HAS décrit comme un outil d'auto-évaluation facilement accessible.

Le principe tient en trois gestes. On place la grille, un quadrillage avec un point central, à environ trente centimètres des yeux, à la distance de lecture habituelle et avec ses lunettes si l'on en porte. On couvre un œil, puis on fixe le point central sans le quitter des yeux. On observe enfin ce que devient le quadrillage autour du point, et on recommence avec l'autre œil.

Ce que l'on cherche est décrit par la HAS : une déformation des lignes ou une tache sombre au centre de la vision, appelée scotome. L'Inserm décrit le même test en précisant que les personnes atteintes voient des lignes déformées, interrompues ou brisées, parfois des zones floues ou aveugles. Si les lignes ondulent ou si une zone manque, ce n'est pas un défaut de lunettes : c'est un motif de consultation rapide. Le test ne pose aucun diagnostic, il déclenche un rendez-vous.

Éclairer plus, et surtout mieux

1. Multiplier les points lumineux plutôt qu'augmenter une seule ampoule. Un plafonnier unique et puissant crée des ombres dures et éblouit. Plusieurs sources réparties donnent une lumière plus uniforme, donc plus lisible pour un œil qui a perdu en perception des contrastes.

2. Installer un éclairage à déclenchement automatique. Le site Pour bien vieillir, édité par les caisses de retraite en partenariat avec Santé publique France, cite la lumière à déclenchement automatique parmi les aménagements qui permettent de circuler en toute sécurité. Le trajet chambre vers toilettes, la nuit, est celui qui en bénéficie le plus : la personne n'a plus à chercher un interrupteur.

3. Supprimer les zones d'éblouissement. Un sol très brillant, une table vitrée face à une fenêtre ou une ampoule nue dans le champ de vision produisent un voile lumineux particulièrement gênant lorsque la macula est atteinte. Des abat-jour, des stores et des surfaces mates règlent le problème sans travaux.

Créer du contraste là où il manque

4. Contraster les interrupteurs et les poignées. Un interrupteur blanc sur un mur blanc devient invisible bien avant que la vue ne soit vraiment basse. Un modèle de couleur franche, ou simplement une plaque contrastée posée derrière, se repère instantanément.

5. Contraster la vaisselle et les plans de travail. Une assiette blanche contenant du poisson blanc, posée sur une nappe blanche, demande un effort de vision centrale considérable. Une assiette de couleur unie et soutenue rend le repas plus simple à suivre du regard, et souvent mieux mangé.

6. Marquer le bord des marches. Pour bien vieillir cite les nez de marche antidérapants et les mains courantes dans les escaliers parmi les aménagements de sécurité. Une bande contrastée sur le nez de chaque marche ajoute l'information visuelle qui manque : elle indique où la marche s'arrête, ce qu'un œil atteint au centre ne perçoit plus bien.

Supprimer ce qui se rencontre au pied

7. Poser des revêtements de sol antidérapants. Pour bien vieillir recommande d'en poser notamment dans la cuisine et la salle de bains. Une baisse de vision et un sol glissant se combinent mal, et ces deux pièces cumulent les deux facteurs.

8. Faire disparaître les rallonges. Le même site conseille de multiplier le nombre de prises électriques, pour éviter les rallonges dans lesquelles vous pourriez vous prendre les pieds et tomber. C'est l'un des rares aménagements qui supprime un danger au lieu de le signaler.

Signaler autrement que par la vue

9. Passer par le son et la vibration. Pour bien vieillir présente une sonnette spéciale, pour toutes les personnes qui entendent ou qui voient mal, qui prévient d'une sonnerie à la porte par un flash, une sonnerie très puissante ou un vibreur, et qui peut être branchée sur la sonnette comme sur le téléphone. Le principe se généralise : minuteur sonore, montre parlante, repères tactiles collés sur les boutons de la plaque de cuisson.

10. Figer l'emplacement des objets. C'est l'aménagement le moins coûteux et le plus efficace. Quand la vision centrale baisse, la mémoire des lieux remplace le regard. Ranger les clés, les médicaments et la télécommande toujours au même endroit, et prévenir avant de déplacer un meuble, vaut mieux que bien des équipements.

Le chiffre clé

25 à 30 %C'est la part des personnes de plus de 75 ans concernées par une dégénérescence maculaire liée à l'âge, selon l'Inserm dans son dossier mis à jour le 26 avril 2024 et selon la Haute Autorité de santé. Les deux sources précisent que, si l'on ne retient que les formes tardives entraînant une perte de la vision centrale, ces chiffres sont à diviser environ par deux. Autrement dit, dans un immeuble de vingt appartements occupés par des personnes de plus de 75 ans, cinq à six sont concernées à un degré ou à un autre, et deux à trois par une forme qui gêne réellement la lecture.

Quel signe, quel degré d'urgence, quel professionnel
Ce que vous observezCe que cela peut indiquerDélai conseilléÀ qui s'adresser
Les lignes droites ondulentUne atteinte de la vision centraleRapidementOphtalmologiste
Une tache sombre au centreUn scotome centralRapidementOphtalmologiste
Lecture difficile malgré des lunettes adaptéesUn signe à faire évaluerRapidementOphtalmologiste
Gêne en vision nocturne, contrastes moins netsUn signe à faire évaluerRapidementOphtalmologiste
Vision stable mais gestes du quotidien compliquésUn besoin d'adaptation, pas d'urgenceDans les semaines qui viennentOrthoptiste, ergothérapeute
Plus de 50 ans avec un antécédent familialUn facteur de risque principalTous les 1 à 2 ansOphtalmologiste

Les erreurs à éviter

  • Mettre les difficultés sur le compte de l'âge. Une lecture devenue pénible malgré des lunettes adaptées n'est pas une fatalité : c'est l'un des signes que la HAS recommande de faire évaluer rapidement.
  • Tester ses deux yeux ouverts. Un œil compense l'autre. La grille d'Amsler ne dit rien d'utile si l'on ne couvre pas un œil à la fois.
  • Augmenter la puissance d'une seule ampoule. Cela crée de l'éblouissement et des ombres portées, deux gênes supplémentaires. Mieux vaut plusieurs sources réparties et diffusées.
  • Réorganiser les placards pour bien faire. Un rangement plus logique aux yeux d'un proche efface des repères mémorisés. Le réflexe utile est de prévenir avant de déplacer quelque chose.
  • Croire que la DMLA conduit à la cécité totale. L'Inserm indique qu'elle ne rend jamais totalement aveugle. Cette crainte pousse certains à renoncer d'eux-mêmes à des activités qu'ils pourraient conserver.

Ce qu'il faut préparer avant le rendez-vous chez l'ophtalmologiste

  • La date approximative à laquelle la gêne est apparue, et son évolution depuis.
  • Le résultat de votre test à la grille d'Amsler, œil par œil, noté sur un papier plutôt que gardé en mémoire.
  • La liste de vos antécédents familiaux de maladie de la rétine, que la HAS considère comme le facteur de risque principal.
  • La liste de vos traitements en cours, y compris ceux prescrits par un autre médecin.
  • Les gestes précis devenus difficiles : lire l'heure, reconnaître un visage à distance, distinguer les marches, conduire le soir.
  • Vos anciennes ordonnances de lunettes, pour situer l'évolution.
  • La question à poser si un diagnostic est posé : qui peut m'aider à adapter mon domicile, et comment obtenir un bilan d'orthoptie ou d'ergothérapie.

Ce qui change en région PACA

La lumière méditerranéenne est un atout et un piège. Atout, parce que l'ensoleillement provençal retarde une grande partie de l'année le moment où l'éclairage artificiel devient indispensable. Piège, parce que cette même lumière crée des contrastes très violents : un séjour plein sud en début d'après-midi, avec un sol clair, produit un éblouissement qui gêne davantage un œil atteint qu'une pièce uniformément éclairée. Les volets et les stores jouent donc ici un rôle qu'ils n'ont pas ailleurs, et il vaut mieux tamiser que fermer complètement, car une pièce plongée dans la pénombre oblige ensuite l'œil à une adaptation coûteuse au passage dans un couloir éclairé. Le second point concerne l'accès aux soins : les délais de rendez-vous en ophtalmologie peuvent être sensiblement plus longs dans l'arrière-pays du Var, du Vaucluse et des Alpes-de-Haute-Provence que sur le littoral. Si un signe d'alerte apparaît, prenez le rendez-vous même lointain, quitte à l'annuler ensuite, plutôt que d'attendre d'être fixé.

Cas vécu : Solange, 77 ans, Digne-les-Bains

Solange a cessé de faire ses mots croisés l'hiver dernier. Elle a d'abord accusé le papier du journal, puis ses lunettes, qu'elle a fait changer. Sans résultat. Sa belle-fille a remarqué autre chose : Solange ne la reconnaissait plus à l'entrée du salon, mais l'identifiait dès qu'elle parlait ou qu'elle s'approchait de côté. Ce détail, la reconnaissance conservée en vision périphérique, l'a décidée à insister pour un rendez-vous. L'examen a confirmé une atteinte de la macula d'un œil, déjà installée, l'autre œil ayant compensé pendant des mois. Solange a commencé un suivi, et un bilan d'ergothérapie a débouché sur des changements modestes : trois lampes supplémentaires, des assiettes de couleur, une bande contrastée sur les marches de l'escalier extérieur et un détecteur de présence dans le couloir. Elle a repris les mots croisés, en gros caractères, sous une lampe orientable. Elle dit que ce qui l'a le plus soulagée n'a pas été le matériel, mais de comprendre que sa vision latérale resterait.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Des repères qui ne bougent pas, d'une intervention à l'autre

Quand la vision centrale baisse, la stabilité de l'environnement devient une compétence à part entière. Un intervenant qui range le verre doseur à un autre endroit, même plus pratique, retire un repère. C'est pourquoi la continuité des équipes n'est pas ici un argument commercial mais une condition d'efficacité.

Chez AIDADOMI, les intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne, ce qui permet de maintenir les mêmes personnes sur les mêmes domiciles et de transmettre les habitudes de rangement d'une intervention à l'autre. Nos équipes interviennent sur l'ensemble du quotidien, du ménage aux sorties, en passant par l'accompagnement du handicap. En tant que services à la personne, ces prestations permettent de récupérer la moitié des sommes engagées au titre du crédit d'impôt, y compris si vous n'êtes pas imposable.

FAQ - Vivre chez soi quand la vue baisse

La grille d'Amsler remplace-t-elle une visite chez l'ophtalmologiste ?

Non, en aucun cas. La Haute Autorité de santé la présente comme un outil d'auto-évaluation destiné à la surveillance entre deux consultations, pas comme un examen diagnostique. Un test normal ne garantit pas l'absence d'atteinte, car certaines formes débutantes ne déforment pas encore les lignes. À l'inverse, un test anormal ne pose pas de diagnostic : seul un examen du fond d'œil, complété si besoin par une tomographie par cohérence optique, permet de savoir ce qui se passe. La bonne façon de l'utiliser est donc celle d'un signal d'alerte domestique, à faire régulièrement et à mentionner au médecin, en complément du rythme de surveillance de 1 à 2 ans recommandé pour les personnes à risque.

Faut-il changer toutes les ampoules du logement ?

Ce n'est ni nécessaire ni souhaitable de tout faire d'un coup. La priorité va aux endroits où une erreur coûte cher : l'escalier, le couloir menant aux toilettes, l'entrée, le plan de travail de la cuisine et le fauteuil de lecture. Dans ces zones, la logique consiste à ajouter des sources plutôt qu'à renforcer une seule ampoule centrale, et à éviter que l'ampoule soit visible directement depuis la position habituelle de la personne. Un éclairage à déclenchement automatique, cité par le site Pour bien vieillir parmi les aménagements de sécurité, apporte un bénéfice particulier sur les trajets nocturnes. Le reste du logement peut être traité progressivement, au fil des remplacements.

Existe-t-il des aides financières pour adapter le logement ?

Plusieurs financeurs peuvent intervenir, et ils ne relèvent pas du même guichet. Le site Pour bien vieillir cite l'Agence nationale de l'habitat, les caisses de retraite, la mairie, le département, les complémentaires santé et le centre communal d'action sociale. Il signale également le guide Mon chez-moi avance avec moi, édité par l'Anah, la CNSA et les caisses de retraite. Une mise en garde du même site mérite d'être retenue : soyez vigilant avec les démarcheurs commerciaux qui peuvent prétendre être envoyés par un organisme public. Aucun organisme officiel ne se présente spontanément à votre domicile pour vous vendre des travaux, et une proposition non sollicitée doit être vérifiée avant toute signature.

Qui intervient pour apprendre à compenser une perte de vision ?

La Haute Autorité de santé décrit une prise en charge pluridisciplinaire, qui peut associer un orthoptiste, un opticien, un ergothérapeute, un rééducateur en locomotion et en activité de vie journalière, un psychomotricien et une assistante sociale. L'objectif est de favoriser l'autonomie et de développer des stratégies compensatrices de la perte de vision. L'Inserm ajoute que la rééducation orthoptique est utile pour aider les personnes atteintes de DMLA à conserver une autonomie, en association avec des aides techniques optiques comme les loupes et les éclairages adaptés. Ce parcours est peu connu du grand public alors qu'il change beaucoup de choses au quotidien : demandez-le explicitement lors de la consultation.

Mon parent refuse d'admettre qu'il voit mal, comment aborder le sujet ?

Mieux vaut partir d'un fait observable que d'un jugement sur la vue. Dire qu'on a remarqué que le journal est lu de plus près, ou que la marche du perron a été manquée deux fois, ouvre une conversation ; dire qu'il faudrait consulter parce qu'on voit mal la referme. Proposer le test de la grille d'Amsler comme une vérification banale, à faire ensemble et sans enjeu, fonctionne souvent mieux qu'une prise de rendez-vous décidée à sa place. Il est également utile de nommer ce que la personne craint réellement, qui est rarement la maladie elle-même : la perte du permis de conduire, la dépendance, le déménagement. Répondre à cette crainte précise débloque plus sûrement la situation qu'insister sur l'examen.

La baisse de vision augmente-t-elle le risque de chute ?

Les sources consultées pour cet article ne fournissent pas de chiffre reliant directement les deux, et nous ne pouvons donc pas en avancer un. Ce que la Haute Autorité de santé décrit, en revanche, est une atteinte qui touche la vision centrale et la perception des contrastes, deux fonctions directement mobilisées pour repérer une marche, un seuil ou un obstacle au sol. Un rapport de l'Observatoire régional de la santé des Pays de la Loire, publié par la DREES en 2005, souligne par ailleurs que la déficience visuelle se répercute sur les déplacements, surtout dans les environnements inconnus ou contenant des obstacles imprévus. Les aménagements décrits dans cet article, sur l'éclairage, le contraste des marches et les revêtements antidérapants, répondent précisément à ces situations.

Sources

  1. Inserm, Dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), dossier d'information publié le 26 avril 2024.
  2. Haute Autorité de santé, Des recommandations pour un repérage plus précoce de la DMLA, communiqué du 8 novembre 2022.
  3. Haute Autorité de santé, Dégénérescence maculaire liée à l'âge, fiche d'amélioration des pratiques, validée en octobre 2022.
  4. DREES, La population en situation de handicap visuel en France, rapport de l'Observatoire régional de la santé des Pays de la Loire, juillet 2005, données de l'enquête Handicaps-Incapacités-Dépendance 1998-1999.
  5. Pour bien vieillir, Des équipements pour simplifier son quotidien, site édité par les caisses de retraite en partenariat avec Santé publique France.

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui intervient depuis 33 agences en Bouches-du-Rhône, dans le Var, en Vaucluse, dans le Gard et dans les Alpes-de-Haute-Provence. Nos intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne continue. L'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Cet article est à visée informative et ne constitue pas un avis médical. Il ne remplace pas une consultation chez un ophtalmologiste, seul habilité à poser un diagnostic et à proposer un traitement. Si vous constatez une déformation des lignes ou une tache au centre de votre vision, consultez rapidement.

Une personne portant des gants utilise un aspirateur et une brosse pour nettoyer l'intérieur d'une cheminée en briques, avec un feu qui brûle en arrière-plan, illustrant ainsi comment le ramonage obligatoire garantit la sécurité et le bon fonctionnement de l'installation.

Ramonage obligatoire : 7 vérifications avant l’hiver

Une personne portant des gants utilise un aspirateur et une brosse pour nettoyer l'intérieur d'une cheminée en briques, avec un feu qui brûle en arrière-plan, illustrant ainsi comment le ramonage obligatoire garantit la sécurité et le bon fonctionnement de l'installation.

Ramonage obligatoire : 7 vérifications avant l'hiver

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Le ramonage d'une cheminée ou d'un poêle est obligatoire et doit être réalisé par un ramoneur qualifié, selon la fiche officielle Service Public vérifiée le 13 mai 2026.
  • La fréquence est d'au minimum une fois par an, mais dans la majorité des départements, deux ramonages par an sont exigés, dont un en période d'utilisation.
  • Le non-respect de cette obligation peut entraîner une amende d'un montant de 450 euros.
  • Chaque logement doit être équipé d'au moins un détecteur de fumée : le propriétaire l'installe, l'occupant l'entretient et le remplace si besoin.
  • Bonne nouvelle peu connue : même en l'absence de détecteur de fumée, l'assureur ne peut pas refuser d'indemniser en cas de sinistre incendie.

Le ramonage est-il vraiment obligatoire ?

Oui, sans ambiguïté. La fiche officielle Service Public consacrée au feu de cheminée, vérifiée le 13 mai 2026, répond par l'affirmative : vous devez obligatoirement faire ramoner votre cheminée, foyer ouvert ou fermé, ou votre poêle. L'obligation repose notamment sur le décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 et sur l'article L2213-26 du code général des collectivités territoriales. Elle s'impose que vous soyez propriétaire ou locataire, et elle vaut pour un appareil utilisé même occasionnellement.

Pourquoi faire ces vérifications maintenant plutôt qu'en décembre ?

Pour une raison pratique avant tout : les professionnels du chauffage et les ramoneurs sont saturés dès les premiers froids. Une intervention qui se planifie en quinze jours fin septembre demande souvent plusieurs semaines fin novembre, au moment précis où l'appareil est nécessaire.

La seconde raison tient aux délais administratifs. Si un contrôle révèle un problème, il faut du temps pour faire réaliser les travaux, obtenir un devis, mobiliser une aide éventuelle. Engager la vérification avant la saison de chauffe, c'est se laisser une marge. Les sept points qui suivent se traitent en une matinée de coups de téléphone.

1. Faire ramoner, et par un professionnel qualifié

Le premier point est le plus simple à énoncer et le plus souvent négligé. Service Public précise que le ramonage doit être fait par un ramoneur qualifié. Un nettoyage effectué soi-même avec un hérisson acheté en grande surface ne satisfait donc pas à l'obligation, même s'il enlève de la suie.

Le ramoneur ne se contente pas de nettoyer : il vérifie l'état du conduit, son étanchéité et son tirage. C'est cette vérification que l'attestation certifie, davantage que le coup de brosse.

2. Vérifier la règle applicable chez vous : une fois ou deux fois par an ?

C'est le point le moins connu, et il change concrètement les choses. La fiche Service Public indique que la fréquence est d'au minimum une fois par an, puis ajoute immédiatement que dans la majorité des départements, deux ramonages par an sont exigés, dont un en période d'utilisation.

Autrement dit, la règle nationale est un plancher, et la règle qui s'applique chez vous est locale. Service Public renvoie explicitement à la mairie ou à la préfecture, ou à leur site internet, pour la connaître. Un appel de cinq minutes évite de découvrir la règle au moment d'un sinistre.

3. Faire entretenir la chaudière

L'entretien annuel concerne, selon la fiche Service Public dédiée, les chaudières au fioul, gaz, bois, charbon ou multi-combustible d'une puissance de 4 à 400 kilowatts, ainsi que les pompes à chaleur et les appareils de chauffage avec ventilation. La périodicité est annuelle, par année civile.

Le contenu de la visite dépasse le simple nettoyage : vérification, réglage, évaluation du rendement et des émissions de polluants dont le monoxyde de carbone, contrôle du thermostat, conseils d'utilisation. Cette fiche a été vérifiée le 2 décembre 2022, donc avant la publication du décret du 20 juillet 2023 : faites confirmer par votre professionnel les modalités applicables à votre installation.

4. Récupérer et conserver les attestations

Deux documents différents sont à archiver. Pour le ramonage, Service Public indique qu'à la fin de l'intervention, le ramoneur doit vous remettre une attestation que vous devez conserver. Pour la chaudière, le professionnel doit remettre l'attestation d'entretien dans les 15 jours suivant sa visite, elle peut être transmise par courriel, et elle doit être conservée au minimum deux ans.

Ces papiers ne servent à rien tant que tout va bien, et deviennent décisifs le jour où quelque chose arrive. Un endroit unique et connu de la famille vaut mieux qu'un classement parfait dont personne d'autre n'a la clé, particulièrement lorsque le logement est celui d'un parent âgé.

5. Contrôler le détecteur de fumée

La règle est générale : chaque logement, appartement ou maison, doit être équipé d'au moins un détecteur de fumée, en application des articles L142-1 à L142-4 et R142-1 à R142-5 du code de la construction et de l'habitation.

Trois points techniques méritent d'être vérifiés. L'appareil doit porter le marquage CE avec référence à la norme NF EN 14604. Les détecteurs à ionisation sont interdits, car ils sont radioactifs : si l'appareil est ancien et que vous ignorez son type, faites-le vérifier. Enfin, l'emplacement compte : Service Public recommande de l'installer de préférence dans la circulation ou le dégagement desservant les chambres, fixé solidement au plafond, avec un détecteur par étage, et, dans un studio, le plus loin possible de la cuisine et de la salle de bains. L'installation est interdite dans les parties communes.

6. Savoir qui doit faire quoi entre propriétaire et locataire

La répartition est écrite noir sur blanc pour le détecteur de fumée : le propriétaire doit installer le détecteur de fumée, tandis que l'occupant s'occupe de son entretien, et, si besoin, de son remplacement. Quand le logement est loué, le propriétaire doit également vérifier le bon fonctionnement du détecteur lors de l'état des lieux.

Des exceptions existent, dans lesquelles le propriétaire assume l'installation, l'entretien et le renouvellement : locations meublées, logements saisonniers, certains logements-foyers, résidences hôtelières à vocation sociale, logements attribués en raison d'un emploi ou d'une fonction. Pour l'habitat inclusif, la charge revient au propriétaire, qui peut la déléguer par convention.

Pour l'entretien de la chaudière, Service Public indique que c'est le locataire qui fait appel au professionnel de son choix, sauf si le bail prévoit que le bailleur s'en charge. Pour une installation collective, la responsabilité revient au propriétaire de l'immeuble ou au syndicat des copropriétaires.

7. Prévenir son assureur et connaître les bons gestes

La déclaration à l'assureur est une obligation explicite : l'occupant doit prévenir son assureur avec lequel il a souscrit son assurance habitation pour lui indiquer que le logement est équipé d'un ou plusieurs détecteurs de fumée, en lui remettant une attestation accompagnée d'une preuve d'achat ou d'installation.

Un point rassurant, souvent présenté à tort dans l'autre sens : Service Public précise que même en l'absence de détecteur de fumée, l'assureur ne peut pas refuser d'indemniser en cas de sinistre incendie. Il ajoute toutefois que, s'il prouve que cette absence a aggravé les conséquences du sinistre, une réduction d'indemnisation peut être envisagée.

Enfin, deux repères techniques figurent dans la fiche consacrée à l'entretien des chaudières. Une teneur en monoxyde de carbone mesurée dans l'air ambiant entre 10 et 50 parties par million constitue une situation anormale appelant des investigations complémentaires sur le tirage du conduit et la ventilation. Une teneur supérieure ou égale à 50 parties par million constitue un danger grave et immédiat : l'appareil doit être arrêté jusqu'à remise en état. En cas de suspicion d'intoxication, la conduite indiquée est d'aérer le logement, d'arrêter les appareils à combustion et d'appeler les secours, au 18, au 112 depuis un mobile ou au 15.

Le chiffre clé

450 €C'est le montant de l'amende que peut entraîner le non-respect de l'obligation de ramonage, selon la fiche Service Public vérifiée le 13 mai 2026. Ce chiffre mérite d'être mis en regard du coût d'une intervention de ramonage par un professionnel qualifié, sans commune mesure. L'arbitrage économique n'est donc pas favorable au report, et cela sans même tenir compte du risque d'incendie ou des conséquences sur une indemnisation d'assurance. C'est l'un des rares points de sécurité domestique où l'obligation légale et l'intérêt bien compris vont exactement dans le même sens.

Qui fait quoi, et à quelle fréquence
ÉquipementFréquenceQui s'en occupe en locationJustificatif à conserver
Cheminée ou poêleAu minimum 1 fois par an, 2 fois dans la majorité des départementsNon précisé par la fiche officielle, se reporter au bailAttestation remise par le ramoneur
Chaudière de 4 à 400 kWChaque année civileLocataire, sauf si le bail prévoit le bailleurAttestation sous 15 jours, à garder 2 ans
Chaufferie collectiveChaque année civilePropriétaire ou syndicat des copropriétairesAttestation détenue par le syndic
Détecteur de fuméeContrôle régulier par l'occupantInstallation par le propriétaire, entretien par l'occupantAttestation transmise à l'assureur
Ventilation du logementContrôle avant la saison de chauffeOccupant pour l'entretien courantAucun justificatif obligatoire

Les erreurs à éviter

  • Croire que le ramonage fait soi-même suffit. Service Public précise qu'il doit être réalisé par un ramoneur qualifié. Sans attestation, l'obligation n'est pas remplie.
  • S'en tenir à la règle nationale d'un ramonage par an. Dans la majorité des départements, deux sont exigés, dont un en période d'utilisation. Seule la mairie ou la préfecture peut confirmer la règle applicable chez vous.
  • Boucher les entrées d'air pour ne plus sentir le froid. C'est le geste qui dégrade à la fois l'évacuation des fumées et la qualité de l'air, au moment même où les appareils à combustion fonctionnent.
  • Utiliser pour se chauffer un appareil qui n'est pas prévu pour cela. Une cuisinière ou un barbecue ne sont pas des appareils de chauffage, et leur usage en intérieur est à proscrire.
  • Ranger les attestations sans le dire à personne. Pour le logement d'un parent âgé, un justificatif introuvable équivaut à un justificatif inexistant le jour où il faut le produire.

Ce qu'il faut préparer avant la visite du professionnel

  • La marque, le modèle et la puissance de votre chaudière, généralement indiqués sur une plaque signalétique.
  • La date de la dernière intervention, ramonage comme entretien, et l'attestation correspondante.
  • La règle locale obtenue auprès de votre mairie ou de votre préfecture : un ou deux ramonages par an.
  • Un accès dégagé à l'appareil et au conduit, ce qui suppose parfois de déplacer un meuble ou de vider un placard.
  • La liste des anomalies constatées l'hiver précédent : odeur, tirage difficile, suie qui retombe, radiateurs froids.
  • L'âge et le type du détecteur de fumée, ainsi que la date du dernier changement de pile.
  • Vos coordonnées d'assurance habitation, si l'attestation de détecteur n'a jamais été transmise.

Ce qui change en région PACA

Le chauffage au bois occupe dans l'arrière-pays provençal une place que le littoral connaît moins : poêles et inserts y équipent de nombreuses maisons du Haut-Var, du nord Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et du Gard rhodanien, souvent en complément d'un chauffage électrique. Cela déplace le sujet : dans ces communes, le ramonage n'est pas une formalité administrative mais l'entretien de l'appareil de chauffage principal. Le mistral ajoute une particularité locale à ne pas négliger. Un vent fort modifie le tirage du conduit, peut provoquer des refoulements de fumée, et met à l'épreuve les chapeaux et les souches de cheminée : c'est précisément ce que le ramoneur contrôle lors de sa visite. Enfin, la règle de fréquence étant fixée localement, elle peut différer entre deux communes voisines, et le Gard relevant de l'Occitanie, les habitants de ce département doivent se référer à leur propre préfecture. Un appel à la mairie reste le moyen le plus sûr de connaître la règle applicable à votre adresse.

Cas vécu : Marcel, 76 ans, Bagnols-sur-Cèze

Marcel chauffe sa maison avec un insert depuis vingt-cinq ans. Il a toujours fait ramoner, mais en juin, quand le professionnel passait dans le quartier et que la saison était finie. Son fils, en rangeant le garage, a retrouvé une pile d'attestations toutes datées de juin. En appelant la mairie, ils ont appris que leur commune exigeait deux ramonages annuels, dont un pendant la période d'utilisation, et que celui de juin ne couvrait donc pas l'hiver en cours. Marcel a d'abord vu la contrainte. Le ramoneur venu en octobre a trouvé autre chose : un chapeau de cheminée descellé par le mistral, qui provoquait des refoulements de fumée les jours de vent, ce que Marcel avait fini par considérer comme normal. La réparation a coûté moins cher qu'il ne le craignait. Depuis, la visite d'automne est notée sur le calendrier de la cuisine, et les attestations sont dans une pochette que son fils sait trouver.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Les petits travaux que l'on repousse jusqu'au premier froid

Le ramonage et l'entretien de la chaudière relèvent de professionnels qualifiés, et AIDADOMI ne s'y substitue pas. En revanche, une grande partie de ce qui bloque autour de ces interventions relève du quotidien : dégager l'accès au conduit, déplacer un meuble trop lourd, changer la pile d'un détecteur fixé au plafond, nettoyer les bouches de ventilation, ranger le bois, remettre en état une pochette de papiers administratifs.

Ce sont exactement les tâches que couvre notre service de jardinage et petit bricolage, complété au besoin par l'aide et l'accompagnement des seniors et par le ménage. Nos intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée, formés en interne, et assurés, ce qui change tout pour une intervention en hauteur. Nous couvrons les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, le Gard et les Alpes-de-Haute-Provence depuis 33 agences, et la moitié du montant payé vous est restituée sous forme de crédit d'impôt, que vous soyez imposable ou non.

FAQ - Ramonage, détecteur et chauffage

Le ramonage est-il obligatoire si je n'utilise ma cheminée qu'une fois par an ?

La fiche Service Public ne prévoit pas d'exemption liée à un usage occasionnel : l'obligation de faire ramoner une cheminée, foyer ouvert ou fermé, ou un poêle, est formulée sans condition de fréquence d'utilisation. La logique est technique autant que juridique. Un conduit peu utilisé accumule certes moins de suie, mais il reste exposé aux nids d'oiseaux, aux infiltrations, aux dépôts et aux dégradations dues au vent, autant de causes d'obstruction ou de refoulement. La visite du ramoneur porte d'ailleurs sur l'état et le tirage du conduit, pas seulement sur le nettoyage. Si votre usage est vraiment exceptionnel, interrogez votre mairie sur la règle applicable, mais ne partez pas du principe qu'un usage rare vous dispense.

Que se passe-t-il si je n'ai pas d'attestation de ramonage en cas d'incendie ?

Il faut distinguer deux choses. Sur le plan de la réglementation, Service Public indique que le non-respect de l'obligation de ramoner peut entraîner une amende d'un montant de 450 euros. Sur le plan de l'assurance, la situation dépend de votre contrat et des circonstances : l'assureur peut rechercher si le défaut d'entretien a joué un rôle dans le sinistre ou dans son aggravation. C'est la raison pour laquelle l'attestation, que le ramoneur doit vous remettre et que vous devez conserver, a une valeur qui dépasse largement la formalité. Conservez-la avec vos documents d'assurance habitation plutôt qu'avec les factures courantes, et indiquez à un proche où elle se trouve.

Qui paie l'entretien de la chaudière dans un logement loué ?

Selon la fiche Service Public consacrée à l'entretien annuel des chaudières, c'est le locataire qui fait appel au professionnel de son choix, sauf si le bail prévoit que le bailleur s'en charge. Il faut donc commencer par relire son contrat de location, car cette clause est fréquente. Pour une installation collective, la responsabilité revient au propriétaire de l'immeuble ou au syndicat des copropriétaires, et le coût est alors réparti dans les charges. Point pratique à connaître, toujours selon la même fiche : la réglementation ne prévoit pas d'amende en cas de défaut d'entretien annuel, mais en l'absence d'attestation, le bailleur peut retenir le montant de l'entretien sur le dépôt de garantie. S'agissant de l'assurance, cette fiche indique par ailleurs qu'un sinistre lié à un appareil de chauffage mal entretenu peut donner lieu à un refus d'indemnisation, ce qui relève d'une logique différente de celle du détecteur de fumée évoquée plus haut.

Faut-il un détecteur de monoxyde de carbone en plus du détecteur de fumée ?

Ce sont deux appareils différents qui ne détectent pas la même chose : le détecteur de fumée réagit aux particules d'un départ de feu, le détecteur de monoxyde de carbone à un gaz incolore et inodore produit par une combustion incomplète. L'obligation légale figurant dans le code de la construction et de l'habitation porte sur le détecteur de fumée, à raison d'au moins un par logement. Les pages officielles que nous avons consultées ne mentionnent pas d'obligation équivalente pour le détecteur de monoxyde de carbone, et nous ne l'affirmerons donc pas. Cela ne dit rien de son utilité pratique dans un logement équipé d'un appareil à combustion, question qu'il est pertinent de poser au professionnel lors de la visite d'entretien.

À quoi correspondent les seuils de 10 et 50 parties par million ?

Ce sont les repères utilisés lors de l'entretien annuel de la chaudière, tels que les décrit la fiche Service Public dédiée. Une teneur en monoxyde de carbone mesurée dans l'air ambiant entre 10 et 50 parties par million correspond à une situation anormale : le professionnel doit alors mener des investigations complémentaires, portant notamment sur le tirage du conduit de fumée et sur la ventilation du logement. Une teneur supérieure ou égale à 50 parties par million correspond à un danger grave et immédiat : l'appareil doit être arrêté jusqu'à sa remise en état. Ces mesures sont réalisées par le professionnel avec son propre matériel, et leur résultat figure sur l'attestation d'entretien. C'est une raison de plus de lire ce document plutôt que de le classer sans l'ouvrir.

Comment vérifier un détecteur de fumée quand on ne monte plus sur un escabeau ?

La plupart des modèles se testent par un bouton situé sur le boîtier, ce qui suppose de l'atteindre. Plusieurs solutions existent sans monter soi-même : demander à un proche lors d'une visite, solliciter un service d'aide à domicile proposant du petit bricolage, ou choisir, au moment du remplacement, un modèle équipé d'une pile scellée de longue durée qui espace fortement les manipulations. Vérifiez aussi le type d'appareil à cette occasion : les détecteurs à ionisation sont interdits car radioactifs, et un boîtier très ancien mérite d'être identifié. Ne renoncez pas au contrôle faute de pouvoir l'assurer vous-même : un détecteur dont la pile est morte n'apporte aucune protection, et rien ne le signale. Notez simplement la vérification sur un calendrier, deux fois par an.

Sources

  1. Service Public, Dans quelles conditions peut-on faire du feu dans une cheminée ou un poêle chez soi ?, fiche vérifiée le 13 mai 2026, Direction de l'information légale et administrative.
  2. Service Public, Détecteur de fumée : sécurité incendie dans le logement, fiche vérifiée le 13 mai 2026.
  3. Service Public, Entretien annuel de la chaudière : quelles règles ?, fiche vérifiée le 2 décembre 2022.
  4. Légifrance, Décret n° 2023-641 du 20 juillet 2023 relatif à l'entretien des foyers et appareils de chauffage, de cuisine et de production d'eau chaude à combustion et au ramonage des conduits de fumée.
  5. Code de la construction et de l'habitation, articles L142-1 à L142-4 et R142-1 à R142-5, relatifs aux détecteurs de fumée normalisés.

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui intervient depuis 33 agences en Bouches-du-Rhône, dans le Var, en Vaucluse, dans le Gard et dans les Alpes-de-Haute-Provence. Nos intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne continue. L'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Les obligations décrites dans cet article sont celles publiées par Service Public aux dates indiquées. Les règles de fréquence du ramonage sont fixées localement par arrêté et peuvent différer d'une commune à l'autre : seules votre mairie ou votre préfecture font foi pour votre adresse. AIDADOMI n'assure ni le ramonage, ni l'entretien des appareils de chauffage, opérations réservées à des professionnels qualifiés.

Un seau rouge contenant des produits d'entretien, des éponges, des gants, des vaporisateurs et une serpillière trône sur un parquet, devant un canapé gris, dans un salon — un cadre chaleureux aussi accueillant qu'un jardin en octobre en Provence.

Ménage : 9 gestes quand se baisser devient difficile

Un seau rouge contenant des produits d'entretien, des éponges, des gants, des vaporisateurs et une serpillière trône sur un parquet, devant un canapé gris, dans un salon — un cadre chaleureux aussi accueillant qu'un jardin en octobre en Provence.

Ménage : 9 gestes quand se baisser devient difficile

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Se baisser ou s'agenouiller est la difficulté physique la plus répandue en France : 8,0 % des personnes de 15 ans ou plus déclarent beaucoup de difficultés ou une impossibilité pour ce seul geste, d'après l'enquête Autonomie-Ménages 2022 exploitée par la DREES.
  • L'INRS recommande de travailler entre 60 centimètres et 1 mètre de hauteur, avec une profondeur inférieure à 40 centimètres. Le principe est de remonter le travail, pas de descendre le corps.
  • Le changement de matériel qui règle le plus de problèmes à la fois est le remplacement de la serpillière torsadée à la main par un balai à tête plate et pivotante associé à un seau-essoreur à pression verticale.
  • L'INRS recommande d'éviter la pulvérisation des produits d'entretien, qui génère des aérosols inhalables, et de ventiler pendant et après l'usage, pas seulement après.
  • Selon la DREES, les tâches ménagères et les courses sont les motifs pour lesquels les seniors à domicile sont le plus fréquemment aidés. Les prestations d'entretien du logement ouvrent droit à un avantage fiscal de 50 %.

Que faut-il changer d'abord quand se baisser devient difficile ?

La hauteur de travail, avant le matériel. L'INRS recommande de situer les manutentions entre 60 centimètres et 1 mètre de hauteur, avec une profondeur de travail inférieure à 40 centimètres. Tout ce qui peut être remonté à cette hauteur cesse d'être un problème de dos.

Le deuxième réflexe est de remplacer les outils qui obligent à forcer sur les poignets ou à se plier. L'INRS préconise explicitement un balai à tête plate et pivotante, un seau-essoreur à pression verticale, et des manches télescopiques pour éviter les gestes en hauteur.

L'automne est le moment où l'on nettoie davantage à l'intérieur. Les fenêtres se ferment, on passe plus de temps chez soi, et le grand rangement d'avant l'hiver remet en évidence tout ce qui se trouve trop bas, trop haut, ou trop lourd. C'est aussi le moment où les gestes qui passaient l'été deviennent pénibles.

Il n'est pas question ici de renoncer à entretenir son logement. Il s'agit de reprendre les mêmes tâches avec d'autres gestes et d'autres outils. La documentation technique existe, et elle est solide : l'INRS publie depuis des années des recommandations pour les professionnels du nettoyage et de l'aide à domicile, dont beaucoup de principes valent aussi chez soi. Voici neuf changements concrets, tirés de ces recommandations.

1. Remonter le travail plutôt que descendre le corps

C'est le principe qui commande tous les autres. L'INRS fixe la hauteur de travail recommandée entre 60 centimètres et 1 mètre, et conseille une profondeur inférieure à 40 centimètres. Un bac à linge posé sur une table, une bassine sur un tabouret, un panier surélevé plutôt que posé au sol : le geste redevient possible sans changer de technique.

La même logique vaut pour le rangement. Descendre de l'étagère haute ce dont on se sert chaque jour et remonter du placard bas ce qu'on utilise chaque semaine coûte une demi-journée, une fois. C'est le meilleur rapport effort-bénéfice de toute cette liste.

2. Abandonner la serpillière torsadée à la main

L'INRS est explicite sur ce point : il recommande de privilégier un balai à tête plate et pivotante, qui permet des mouvements aisés, et d'utiliser un seau-essoreur à pression verticale, pour éviter les mouvements forcés des poignets.

C'est la justification technique officielle du remplacement de la serpillière. Essorer à la main impose une torsion des poignets contre résistance, exactement le geste qui devient impossible quand les mains ne serrent plus. Dans son guide consacré aux métiers de l'aide à domicile, l'INRS cite le seau à système d'essorage combiné et le balai à franges avec manche télescopique parmi le matériel de ménage recommandé.

3. Allonger le bras, pas l'effort

Pour tout ce qui se trouve en hauteur, l'INRS recommande d'utiliser un sabre de dépoussiérage inclinable à manche télescopique afin d'éviter les travaux en hauteur, et une raclette à manche télescopique pour les vitres. Le principe posé est de limiter l'amplitude et la fréquence des gestes et de privilégier le travail depuis le sol, c'est-à-dire sans monter.

Le travail bras au-dessus des épaules est d'ailleurs identifié par l'INRS comme une activité à risque postural, au même titre que le travail accroupi et la réfection des lits. Lever le bras au-dessus de la tête est une difficulté déclarée par 2,2 % des personnes de 15 ans ou plus, d'après la DREES.

4. Fractionner les charges, systématiquement

L'INRS retient un repère chiffré : ne pas dépasser 15 kilos pour les tâches non répétitives, pour les femmes comme pour les hommes. Il donne un exemple directement transposable : porter deux sacs de 110 litres remplis aux deux tiers plutôt qu'un sac de plus grande dimension.

La technique compte aussi. L'INRS recommande de se rapprocher le plus possible de la charge, de rechercher des appuis stables, d'utiliser en premier lieu la force des cuisses en pliant les jambes, et d'éviter les torsions du corps lors du soulèvement. Porter un sac de 5 kilos sur 10 mètres est une difficulté déclarée par 6,3 % des personnes de 15 ans ou plus.

5. Prendre appui au lieu de se pencher

Pour le nettoyage de la baignoire, l'INRS donne un conseil d'une simplicité désarmante et rarement énoncé : appuyer la main libre sur le bord de la baignoire, précisément pour ne pas adopter la position jambes tendues et dos rond.

Ce réflexe d'appui vaut partout. Une main sur le plan de travail pour ramasser au sol, une main sur le montant de porte pour se relever, une main sur le bord du lit pour border : chaque appui retire une part de la charge à la colonne et améliore l'équilibre.

6. S'asseoir pour tout ce qui peut se faire assis

Le repassage est le premier candidat. L'INRS recommande d'alterner les positions assise et debout et d'éviter les sollicitations répétées des mêmes articulations, en précisant que la planche à repasser doit être réglable en hauteur.

L'organisation compte autant que la posture : l'INRS conseille de faire alterner les tâches difficiles et les tâches plus faciles. Repasser une heure d'affilée n'est pas équivalent à repasser trois fois vingt minutes en intercalant d'autres activités, même si le résultat est identique.

7. Protéger les genoux quand le sol est inévitable

Certaines tâches ne se font pas debout. Pour celles-là, l'INRS recommande d'utiliser un tapis mousse, du type de celui des jardiniers. C'est un accessoire à quelques euros qui change la tolérance d'une position à genoux.

L'agence cite par ailleurs, dans ses documents sur l'aide à domicile, le tabouret bas de 20 à 25 centimètres comme équipement utile, et recommande des chaussures à semelles antidérapantes. Le portail public Pour les personnes âgées recense de son côté la pince à long manche, qui supprime une partie des flexions du quotidien.

8. Cesser de pulvériser et de balayer à sec

Ce point relève de la santé respiratoire autant que du confort. L'INRS recommande d'éviter la pulvérisation des produits, car elle génère des aérosols inhalables et des gouttelettes pouvant entrer en contact avec la peau et les yeux. Il recommande aussi d'éviter le balayage, l'époussetage et le soufflage, qui remettent les poussières en suspension, et de privilégier les lingettes humides ou en microfibre.

Sur la ventilation, la formulation de l'INRS est précise et souvent mal retenue : il s'agit d'aérer pendant et après l'usage des produits de nettoyage, et non seulement après. L'INRS conseille enfin de privilégier des produits neutres, par exemple multisurfaces, et des produits déjà dilués prêts à l'emploi.

9. Choisir son aspirateur sur le nombre de vidages, pas sur la puissance

L'Institut national de la consommation et l'ADEME ont publié en mars 2023 une étude conjointe portant sur 18 aspirateurs testés en laboratoire indépendant, selon des protocoles fondés sur la norme EN 60312-1:2017. Deux résultats intéressent directement les personnes pour qui se baisser est difficile.

D'une part, la capacité des réservoirs : 1,80 litre en moyenne pour les aspirateurs traîneaux contre 0,60 litre pour les aspirateurs balais, soit des réservoirs trois fois plus volumineux du côté des traîneaux. D'autre part l'autonomie des balais sur batterie, mesurée de 12 minutes 40 secondes à 25 minutes selon les modèles et les réglages. Un balai sans fil est plus léger à manier, mais impose davantage de vidages de bac, donc davantage de gestes de préhension et de flexion. Le bon choix dépend de ce qui vous coûte le plus : porter, ou se baisser.

Le chiffre clé

Selon l'enquête Autonomie-Ménages 2022 de la DREES, 8,0 % des personnes de 15 ans ou plus déclarent beaucoup de difficultés ou une impossibilité à se baisser ou s'agenouiller. Chez les seules personnes de 15 à 64 ans, la proportion tombe à 3,5 %.

Cet écart dit l'essentiel : la difficulté se concentre aux âges élevés, sans être l'apanage du grand âge. La DREES relève par ailleurs que 12 % des personnes de 15 ans ou plus déclarent au moins une limitation motrice importante, contre 29 % parmi les personnes de 65 ans ou plus.

Six gestes du ménage, la contrainte qu'ils imposent et ce que recommande l'INRS
Geste courantContrainte physiqueCe que recommande l'INRSDocument de référence
Essorer une serpillière à la mainTorsion des poignets contre résistanceSeau-essoreur à pression verticaleED 6503, novembre 2022
Laver le sol à la serpillièreFlexion du tronc, appui au solBalai à tête plate et pivotanteED 6503, novembre 2022
Nettoyer une vitre ou dépoussiérer en hauteurTravail bras au-dessus des épaulesRaclette et sabre inclinable à manche télescopiqueED 6503, novembre 2022
Nettoyer la baignoirePosition jambes tendues et dos rondAppuyer la main libre sur le bordED 4198, octobre 2025
Sortir les sacs et porter le lingeCharge unique trop lourdeNe pas dépasser 15 kg ; fractionner en deux sacs remplis aux deux tiersED 963, octobre 2011
Repasser debout longtempsSollicitation répétée des mêmes articulationsAlterner assis et debout ; planche réglable en hauteurED 4198, octobre 2025

Les erreurs à éviter

  • Compenser la difficulté par la vitesse. Faire vite pour rester moins longtemps courbé augmente la contrainte au lieu de la réduire. L'INRS recommande l'inverse : limiter l'amplitude et la fréquence des gestes, et alterner les tâches difficiles et les tâches plus faciles.
  • Mélanger les produits pour aller plus vite. L'INRS rappelle que le mélange d'eau de Javel avec une solution acide, un détartrant par exemple, entraîne un violent dégagement de chlore, avec un risque d'œdème aigu pulmonaire dont l'apparition est parfois retardée. Avec l'ammoniaque, la Javel forme des chloramines très irritantes.
  • Croire que le vinaigre blanc est un produit neutre. L'ADEME rappelle que le vinaigre blanc est acide, qu'il doit être utilisé avec parcimonie et surtout jamais mélangé avec de l'eau de Javel. Il figure parmi les acides que l'ADEME recommande de ne jamais mélanger avec la Javel.
  • Attendre un produit désinfectant d'un nettoyant ménager courant. La DGCCRF rappelle que les constituants présentant des effets désinfectants relèvent du règlement européen sur les produits biocides. L'ADEME présente le vinaigre blanc, le bicarbonate et le savon noir comme nettoyants et dégraissants, sans allégation désinfectante.
  • Acheter du matériel avant d'avoir réorganisé les hauteurs. Un aspirateur plus léger ne compense pas un placard à balais dont tout le contenu se trouve au sol. Le rangement à hauteur d'usage se fait d'abord, et il est gratuit.

Ce qu'il faut préparer avant le grand ménage d'automne

  • Faire le tour du logement et repérer les cinq objets du quotidien rangés le plus bas et les cinq rangés le plus haut, puis les redescendre ou les remonter à hauteur d'usage.
  • Vérifier que la planche à repasser est réglable en hauteur, et prévoir un siège stable à côté.
  • Remplacer le seau à essorage manuel par un modèle à pression verticale, et la serpillière torsadée par un balai à tête plate pivotante.
  • Acheter un tapis mousse de jardinier pour les rares tâches qui imposent le sol.
  • Passer en revue les flacons sous l'évier et écarter tout ce qui exige une pulvérisation ou un mélange.
  • Étiqueter les contenants si des produits ont été transvasés, comme le recommande l'INRS.
  • Décider à l'avance quelles tâches seront déléguées, plutôt que de s'arrêter en cours de route.
  • Prévoir l'aération pendant l'intervention, et pas seulement à la fin.

Ce qui change en région PACA

La question se pose avec une acuité particulière dans le Var, où l'Insee compte au 1er janvier 2026 35,6 % d'habitants de 60 ans ou plus et 15,1 % de 75 ans ou plus, contre respectivement 28,7 % et 11,8 % dans les Bouches-du-Rhône. Le Vaucluse se situe entre les deux, avec 32,3 % de 60 ans ou plus.

Le bâti régional ajoute ses propres contraintes. Les logements anciens des centres de village, les escaliers étroits, les sols carrelés et les salles d'eau exiguës multiplient les positions à genoux et les gestes en torsion. À l'inverse, le climat permet d'aérer largement pendant le ménage une grande partie de l'année, ce que l'INRS recommande précisément de faire pendant et après l'usage des produits.

Cas vécu : Martine, 74 ans, Aubagne

Martine a toujours fait son ménage elle-même et n'avait pas l'intention de changer. Ce qui la gênait, c'était l'après : deux jours de gêne dans le bas du dos après chaque passage de serpillière, et l'impression de reculer un peu plus chaque mois. Sa fille lui proposait une aide-ménagère ; elle refusait, persuadée qu'accepter signifiait renoncer.

Le compromis trouvé a porté sur les gestes avant de porter sur les heures. Balai à plat et seau à pression verticale, panier à linge remonté sur un meuble, tapis de genoux pour le bas des plinthes, et une intervention AIDADOMI de deux heures tous les quinze jours pour les sols, les vitres et ce qui se trouve en hauteur. Martine a gardé la cuisine, la poussière et le repassage, qu'elle fait maintenant assise. Elle dit surtout avoir cessé de perdre les deux jours d'après.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Un ménage adapté à vos gestes, pas seulement à votre logement

AIDADOMI assure le ménage et le repassage à domicile dans ses 33 agences des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et du Gard. Les interventions sont définies au cours d'une visite préalable, ce qui permet de répartir les tâches selon ce qui vous est devenu difficile plutôt que selon une liste standard : les sols, les vitres, le haut des meubles et le port des charges d'un côté, ce que vous souhaitez continuer à faire vous-même de l'autre.

Les intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne, notamment aux postures de travail. 50 % des sommes engagées pour l'entretien de la maison et les travaux ménagers vous sont restitués au titre du crédit d'impôt services à la personne, dans la limite du plafond annuel de dépenses fixé par l'article 199 sexdecies du code général des impôts, majoré de 1 500 euros par membre du foyer âgé de plus de 65 ans.

Faisons le point ensemble sur les tâches à déléguer et sur celles que vous préférez garder.

Organiser une visite à domicile

FAQ - Le ménage quand se baisser devient difficile

À quelle hauteur faut-il travailler pour ménager son dos ?

L'INRS retient une hauteur de travail comprise entre 60 centimètres et 1 mètre, avec une profondeur de travail conseillée inférieure à 40 centimètres. Ce repère, publié dans son document consacré aux activités de mise en propreté, vaut pour les manutentions et se transpose au domicile.

La conséquence pratique est de remonter les objets et les bacs au niveau d'un plan de travail ou d'un meuble, plutôt que d'adapter sa posture à leur position actuelle. C'est le changement qui demande le moins de matériel et qui supprime le plus grand nombre de flexions.

Un aspirateur balai sans fil est-il préférable à un traîneau ?

Cela dépend de ce qui vous coûte le plus. L'étude conjointe de l'Institut national de la consommation et de l'ADEME publiée en mars 2023, portant sur 18 appareils testés selon des protocoles fondés sur la norme EN 60312-1:2017, mesure une capacité de réservoir de 1,80 litre en moyenne pour les traîneaux contre 0,60 litre pour les balais, soit trois fois moins.

Un balai est plus maniable et supprime le tirer-pousser du traîneau, mais son petit réservoir impose davantage de vidages, donc davantage de gestes de préhension et de flexion. L'autonomie mesurée des balais sur batterie va de 12 minutes 40 secondes à 25 minutes selon les modèles et les réglages.

Le vinaigre blanc et le bicarbonate désinfectent-ils ?

Ils sont présentés par l'ADEME comme des nettoyants et des dégraissants, sans allégation désinfectante. La DGCCRF rappelle de son côté que les constituants présentant des effets désinfectants relèvent du règlement européen sur les produits biocides, qui soumet ces produits à autorisation.

Un point de sécurité est plus important encore que la question de l'efficacité : l'ADEME rappelle que le vinaigre blanc est acide, qu'il doit être utilisé avec parcimonie et qu'il ne doit jamais être mélangé avec de l'eau de Javel, le mélange d'un acide et de la Javel dégageant du chlore.

Comment nettoyer le bas des murs et les plinthes sans s'agenouiller ?

La première réponse est le manche télescopique. L'INRS recommande le sabre de dépoussiérage inclinable à manche télescopique pour éviter les travaux en hauteur, et le même principe s'applique vers le bas : une tête plate pivotante montée sur manche long atteint les plinthes sans flexion du tronc.

Quand la position au sol reste inévitable, l'INRS recommande d'utiliser un tapis mousse du type de celui des jardiniers. Il conseille par ailleurs de prendre appui de la main libre sur un support stable, comme il le préconise pour le nettoyage de la baignoire, afin d'éviter la position jambes tendues et dos rond.

Faut-il aérer avant, pendant ou après le ménage ?

Pendant et après. La formulation de l'INRS est précise : ventiler les locaux pour réduire l'inhalation des vapeurs, en aérant pendant et après l'usage des produits de nettoyage. Aérer seulement à la fin laisse respirer les vapeurs au moment où elles sont le plus concentrées.

L'INRS recommande en complément d'éviter la pulvérisation, qui génère des aérosols inhalables, et de préférer les lingettes humides ou en microfibre au balayage et à l'époussetage, qui remettent les poussières en suspension.

Une aide-ménagère peut-elle n'intervenir que sur certaines tâches ?

Oui, et c'est le principe même d'une intervention définie après visite préalable. La répartition peut porter précisément sur les tâches qui imposent les postures les plus contraignantes - les sols, les vitres, le haut des meubles, le port des charges - en laissant les autres à la personne.

Cette forme d'aide est très répandue : la DREES relevait, à partir de l'enquête CARE-Ménages, que les seniors aidés à domicile le sont le plus fréquemment pour les tâches ménagères et les courses. Les prestations d'entretien du logement ouvrent droit au crédit d'impôt services à la personne de 50 %, prévu par l'article 199 sexdecies du code général des impôts.

Sources

  1. INRS, Nettoyer en sécurité les locaux du tertiaire et chez les particuliers, ED 6503, novembre 2022 ; Prévenir les risques professionnels dans les métiers de l'aide à domicile, ED 4198, octobre 2025 ; Les activités de mise en propreté et services associés, ED 963, octobre 2011 ; Risque chimique pendant les travaux de nettoyage, ED 152, décembre 2021.
  2. DREES, Le handicap en chiffres - Édition 2024, Panoramas de la DREES, 28 novembre 2024, fiche 3.1, d'après l'enquête Autonomie-Ménages 2022 ; Le handicap, différentes approches pour une notion complexe, Études et Résultats n° 1317, 14 novembre 2024.
  3. CNSA et ministère des Solidarités, portail Pour les personnes âgées, Des équipements pour faciliter son quotidien, consulté le 13 septembre 2026.
  4. Institut national de la consommation et ADEME, Aspirateurs traîneaux sans sac et aspirateurs balais : comment choisir ?, synthèse d'essai comparatif, mars 2023, protocoles fondés sur la norme EN 60312-1:2017.
  5. ADEME, Les ingrédients de base pour un ménage écologique et Des précautions à prendre avec les produits ménagers, consultés le 13 septembre 2026 ; DGCCRF, fiche pratique Produits de nettoyage des matériaux et objets au contact des denrées alimentaires, mise à jour du 20 mars 2026.
  6. DREES, Un senior à domicile sur cinq aidé régulièrement pour les tâches du quotidien, Études et Résultats n° 1103, 8 février 2019 ; Insee, Estimations de population par sexe et âge au 1er janvier 2026, publié le 15 janvier 2026 ; impots.gouv.fr, Emploi à domicile, page mise à jour le 7 avril 2026.

À propos de l'auteur

Cet article est rédigé par AIDADOMI, organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui compte 33 agences dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Ses intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne ; l'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Les recommandations posturales et matérielles reprises ici proviennent de documents techniques de l'INRS destinés aux professionnels du nettoyage et de l'aide à domicile, cités en sources. Elles ne constituent pas un avis médical. Si une difficulté à se baisser, à porter ou à saisir s'installe ou s'aggrave, seul un professionnel de santé peut en apprécier l'origine et orienter vers un bilan, notamment vers un ergothérapeute pour l'adaptation des gestes et du matériel.

Une maison en pierre, entourée d’arbres luxuriants, d’arbustes fleuris et d’une pelouse verdoyante, baigne sous un ciel bleu limpide. Le jardin, agrémenté de lavande et de divers arbustes, offre un cadre paisible et ensoleillé — un environnement idéal pour réfléchir à la manière de financer l’aménagement de la salle de bains d’un parent ou pour se demander qui peut prescrire un fauteuil percé afin d’assurer le bien-être des résidents âgés.

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Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Octobre est le mois de plantation de référence en climat méditerranéen : l'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement de Provence-Alpes-Côte d'Azur recommande de planter les végétaux ligneux et les bulbes à l'automne, et de privilégier le semis pour certaines espèces.
  • Le calendrier national vous fait craindre le gel un mois trop tôt : sur la période 1991-2020, Météo-France ne relève en moyenne aucun jour de gel en octobre à Marignane comme à Toulon, et seulement 0,1 à 0,2 jour à Orange et Avignon.
  • En revanche, à 892 mètres d'altitude dans le haut Var, le gel apparaît dès octobre : 0,6 jour en moyenne, puis 8,5 jours en novembre. L'altitude compte plus que la latitude.
  • Planter en octobre ne dispense pas d'arroser : en Provence-Alpes-Côte d'Azur, la survie d'un jeune végétal pendant ses premières années reste conditionnée par un arrosage estival.
  • Octobre est aussi le mois des épisodes méditerranéens, qui peuvent dépasser 200 millimètres de pluie en 24 heures et se produisent 3 à 6 fois par an entre septembre et la mi-décembre.

Pourquoi octobre est-il le mois clé du jardin méditerranéen ?

Parce que c'est la saison où l'on plante. L'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement de Provence-Alpes-Côte d'Azur écrit qu'« il est préférable de planter les plantes ligneuses ou à bulbes à l'automne », et qu'en zone méditerranéenne il est « plutôt recommandé de semer » selon les espèces.

Et parce que le calendrier national ne s'applique pas ici. Les travaux qu'on vous dit de faire « avant les gelées » peuvent attendre sur le littoral provençal, où le gel est statistiquement absent d'octobre. À l'inverse, dans l'arrière-pays et en altitude, la fenêtre se referme vite.

Octobre est le mois où le jardin provençal redevient praticable. Les journées restent douces - 17,0 °C de température moyenne à Marignane et 17,8 °C à Toulon d'après les normales 1991-2020 de Météo-France - et la pluie revient : 5,9 jours de précipitations supérieures à 1 millimètre à Marignane, 6,8 à Toulon, 6,9 à Orange.

C'est aussi le mois où les conseils de jardinage deviennent trompeurs. La plupart des calendriers disponibles sont écrits pour un climat tempéré où octobre annonce le gel. En Provence, octobre annonce la pluie. Voici les dix travaux qui ont réellement du sens ce mois-ci, et ce qu'il faut cesser de recopier du calendrier national.

1. Faut-il planter les arbres et les arbustes maintenant ?

Oui, et c'est le geste le plus rentable du mois. L'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement de Provence-Alpes-Côte d'Azur, dans son guide Plantons local du littoral méditerranéen, indique qu'il est préférable de planter les végétaux ligneux et les bulbes à l'automne. Une plantation d'octobre profite des pluies de l'automne et de l'hiver pour installer son système racinaire avant la contrainte de l'été suivant.

Le même guide pose une limite simple : ne jamais planter en période de gel. Sur le littoral, cette limite ne se présente pas en octobre. En altitude, elle peut se présenter en fin de mois.

2. Pourquoi semer plutôt que planter, en climat méditerranéen ?

C'est la recommandation la plus contre-intuitive du guide régional, et celle qu'aucun calendrier national ne porte. En zone méditerranéenne, à la même période d'automne, l'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement écrit qu'il est « plutôt recommandé de semer (en fonction des espèces) ». Un semis en place produit un système racinaire qui n'a jamais été contraint par un conteneur, ce qui compte quand la plante devra affronter la sécheresse estivale.

Le guide précise que « la période de plantation et de semis peut optimiser la croissance et la survie de certaines variétés ». Le choix entre semer et planter se fait donc espèce par espèce, et mérite un conseil local plutôt qu'une règle générale.

3. Combien de temps faudra-t-il arroser ce que vous plantez en octobre ?

Plus longtemps que vous ne le pensez. L'avertissement de l'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement est explicite : « Dans de nombreux cas, la survie du végétal les premières années est conditionnée par un arrosage estival souvent indispensable en Provence-Alpes-Côte d'Azur. »

Autrement dit, planter en automne réduit le stress de reprise, mais ne rend pas la plante autonome. Un arbre planté en octobre 2026 aura encore besoin d'eau à l'été 2027, et probablement à l'été 2028. C'est la principale raison d'échec des plantations d'automne dans la région, et elle n'a rien à voir avec le froid.

4. Quel paillage installer, et comment ?

Le guide régional donne deux consignes chiffrées et une exclusion. Il recommande de décaisser d'au moins 15 centimètres pour installer un paillage, et de proscrire toute utilisation de films et bâches plastiques au profit de matériaux naturels adaptés. Il conseille également d'éviter les amendements qui modifient le pH du sol.

Le paillage d'automne remplit ici une fonction différente de celle qu'on lui prête ailleurs. Il ne protège pas d'abord du froid : il retient l'humidité des pluies d'automne et limite l'évaporation, ce qui prépare la plante à son premier été.

5. Le gel est-il un sujet en octobre ? Cela dépend de votre altitude

Les normales climatiques de Météo-France sur 1991-2020 permettent de répondre précisément, station par station. Sur le littoral, le gel est statistiquement absent d'octobre : 0,0 jour de gel en moyenne à Marignane, comme à Toulon. Dans la vallée du Rhône, il est marginal : 0,1 jour à Orange, 0,2 jour à Avignon. Mais à Comps-sur-Artuby, à 892 mètres dans le haut Var, on compte déjà 0,6 jour de gel en octobre, puis 8,5 jours en novembre.

Le basculement ne se joue donc pas au mois, il se joue à l'altitude. Un jardin de Toulon et un jardin du haut Var ne sont pas au même mois de l'année agronomique, alors qu'ils sont dans le même département.

6. Est-ce le bon moment pour tailler une haie ?

Oui, et c'est un des rares points où octobre coïncide avec la recommandation nationale. L'Office français de la biodiversité indique que la période automne-hiver constitue « le meilleur compromis » pour intervenir sur les haies, parce qu'elle évite à la fois la période de reproduction et de nidification et les besoins d'hibernation de la faune.

Le même organisme ajoute une nuance que beaucoup de jardiniers ignorent : « la gestion durable des haies ne se traduit pas obligatoirement par des interventions annuelles systématiques ». Tailler moins souvent est une pratique recommandée, pas un laisser-aller. Il s'agit d'une recommandation de bonne pratique et non d'une obligation légale pour les particuliers.

7. Que faire des feuilles mortes et des tailles ?

Les valoriser sur place. L'ADEME chiffre la production française de déchets verts à 160 kilos par personne et par an en moyenne, soit environ 12 % des déchets ménagers et assimilés collectés. Les alternatives que l'agence préconise sont le compostage individuel ou collectif, le broyage, le paillage, le jardinage raisonné et l'éco-pâturage.

Les feuilles d'octobre sont la matière première du paillage du point 4 et du compost du printemps. Les sortir du jardin, c'est acheter au printemps ce qu'on a jeté à l'automne.

8. Pouvez-vous arroser librement en octobre ?

Pas nécessairement, et c'est un point que le calendrier national ignore complètement. Les restrictions de sécheresse ne s'arrêtent pas avec l'été. Dans le Var, l'arrêté préfectoral du 6 août 2026 plaçait encore 12 communes en alerte renforcée et 90 communes en alerte fin août, en raison de fortes chaleurs et d'un déficit pluviométrique important depuis le début de l'été.

Le détail des mesures varoises comporte une dérogation décisive pour qui plante en automne : en alerte renforcée, l'arrosage des pelouses et massifs fleuris est interdit, sauf pour les arbres et arbustes plantés en pleine terre depuis moins de 3 ans, autorisés avec des techniques économes de 20 heures à 8 heures. En Vaucluse, l'arrêté du 24 août 2026 maintenait cinq bassins en alerte renforcée. Le portail public VigiEau permet de connaître les restrictions applicables à une adresse précise.

9. Comment préparer le jardin aux épisodes méditerranéens ?

En considérant la pluie comme un risque et non seulement comme une ressource. Météo-France définit l'épisode méditerranéen comme « un épisode de très fortes précipitations sur une durée courte (1 h à 24 h en général) », dont les cumuls peuvent dépasser 200 millimètres en 24 heures. La saison court de septembre à la mi-décembre, période où la Méditerranée est encore chaude, et l'on en compte 3 à 6 par an en moyenne.

Concrètement, cela concerne la tenue des jeunes plantations, le tuteurage, la vérification des écoulements et des regards, et le calage des pots et jardinières. Un arbre planté trois semaines plus tôt et mal tuteuré ne résiste pas à un épisode de ce type.

10. Quand récolter les olives ? Pas à la date que vous croyez

Il n'existe pas de date de récolte inscrite au calendrier. Le cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Huile d'olive de Provence », homologué le 24 janvier 2019, est formel : « La date d'ouverture de la récolte est fixée par décision du directeur de l'INAO, après avis du groupement. » Elle change donc chaque année, en fonction de la maturité observée.

Le même texte précise que les olives sont récoltées au stade dit « olives tournantes », au passage du vert au jaune, avant la pleine maturité, et que les variétés principales de l'appellation sont la Salonenque, l'Aglandau, le Bouteillan et le Cayon. L'aire de l'appellation couvre notamment les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse, et l'oléiculture y est pratiquée jusqu'à 750 à 800 mètres d'altitude.

Le chiffre clé

D'après les normales climatiques 1991-2020 de Météo-France, on compte en moyenne 1,8 jour de gel par an à Toulon, contre 75,2 jours à Comps-sur-Artuby, dans le haut Var, à 892 mètres d'altitude.

Un rapport de 1 à plus de 40, à l'intérieur du même département. C'est la raison pour laquelle aucun calendrier régional unique ne peut fonctionner en Provence : votre altitude vous situe dans un mois agronomique différent de celui de votre voisin de la côte.

Octobre selon les normales Météo-France 1991-2020, cinq stations de Provence
StationAltitudeTempérature moyenne en octobrePrécipitations en octobreJours de gel en octobre, puis en novembre
Toulon (83)3 m17,8 °C105,8 mm0,0 puis 0,1
Marignane (13)9 m17,0 °C73,3 mm0,0 puis 1,2
Avignon (84)34 m15,8 °C88,6 mm0,2 puis 2,8
Orange (84)57 m15,4 °C94,5 mm0,1 puis 2,3
Comps-sur-Artuby (83)892 m12,0 °C126,1 mm0,6 puis 8,5

Les erreurs à éviter

  • Appliquer un calendrier national de plantation. Il place les travaux « avant les premières gelées » à un moment où, sur le littoral provençal, Météo-France ne relève en moyenne aucun jour de gel en octobre, et à peine un jour en novembre. Vous vous privez de plusieurs semaines de plantation utile.
  • Croire qu'octobre est forcément le mois le plus arrosé. Les normales Météo-France ne le confirment que pour Toulon. À Marignane, Orange et Avignon, octobre reçoit un peu moins d'eau que septembre et novembre. Octobre est régulièrement arrosé, pas exceptionnellement arrosé.
  • Planter puis oublier d'arroser l'été suivant. C'est la cause d'échec la plus fréquente dans la région, et le guide de l'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement le dit sans détour : la survie des premières années est conditionnée par l'arrosage estival.
  • Poser une bâche plastique sous un paillis décoratif. Le guide régional recommande de proscrire les films et bâches plastiques, et de décaisser d'au moins 15 centimètres pour installer un paillage de matériaux naturels.
  • Penser que l'interdiction de brûler les déchets verts s'arrête avec la saison du risque incendie. Les arrêtés préfectoraux des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse font porter leurs restrictions estivales d'accès aux massifs sur une période qui s'achève en septembre, mais l'interdiction de brûler à l'air libre les déchets verts, posée par l'article R. 541-78 du code de l'environnement, ne dépend pas de la saison. L'ADEME relève que 15 % des personnes ayant accès à un jardin brûlent encore leurs déchets verts.

Ce qu'il faut vérifier avant de planter ce mois-ci

  • Relever l'altitude de votre jardin, pas seulement son département : c'est elle qui détermine votre fenêtre de plantation.
  • Consulter VigiEau pour connaître les restrictions d'eau en vigueur à votre adresse avant d'arroser une plantation neuve.
  • Vérifier qu'aucun épisode de fortes précipitations n'est annoncé dans les jours suivant la plantation.
  • Prévoir dès maintenant comment vous arroserez ce jeune végétal à l'été 2027, et à l'été 2028.
  • Décaisser d'au moins 15 centimètres la zone destinée au paillage, et réunir des matériaux naturels plutôt qu'une bâche.
  • Tuteurer solidement les jeunes arbres, et dégager les regards et écoulements avant la saison des épisodes méditerranéens.
  • Mettre de côté les feuilles mortes du mois : elles serviront de paillage cet hiver et de compost au printemps.

Ce qui change en région PACA

Le jardin provençal d'octobre se joue sur trois paramètres que le reste de la France ne connaît pas au même degré. D'abord l'altitude : les normales Météo-France montrent un écart de 1,8 à 75,2 jours de gel par an entre Toulon et le haut Var, dans le même département. Ensuite l'eau : les arrêtés préfectoraux de sécheresse du Var et du Vaucluse étaient toujours en vigueur fin août 2026, et la dérogation varoise pour les plantations de moins de trois ans est précisément ce qui rend la plantation d'automne praticable.

Enfin le régime des pluies. Les 3 à 6 épisodes méditerranéens annuels recensés par Météo-France font d'octobre un mois où l'on plante et où l'on sécurise dans le même geste. Un jardinier du Nord prépare son jardin au froid ; un jardinier provençal le prépare à l'eau.

Cas vécu : Josette, 79 ans, Pertuis

Josette a toujours planté ses arbustes en mars, comme le faisait son père. Le figuier installé au printemps 2025 a passé l'été suivant à végéter, et l'olivier de la même année a perdu la moitié de ses feuilles en août. Sa fille, qui vit à Lyon, avait acheté un almanach du jardinage et lui lisait par téléphone les travaux du mois.

L'intervenant AIDADOMI qui s'occupe de la taille chez elle depuis deux ans lui a proposé de décaler les plantations à l'automne, et surtout d'organiser l'arrosage de l'été suivant au moment même de la plantation, avant que la question ne se pose. Les deux arbustes plantés en octobre 2025 ont passé l'été 2026 sans arrosage de secours en urgence. Josette continue de consulter l'almanach, mais elle a pris l'habitude de vérifier si le conseil vaut pour la Provence.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Confier vos travaux de jardin à une équipe qui connaît le climat provençal

AIDADOMI intervient pour le jardinage et le petit bricolage à domicile dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Taille, entretien des massifs, ramassage des feuilles, préparation des plantations d'automne, tuteurage, nettoyage des écoulements avant la saison des pluies : les interventions sont assurées par des salariés en contrat à durée indéterminée, formés en interne, et la continuité de service est organisée en cas d'absence.

Les prestations de petit jardinage à domicile ouvrent droit à un avantage fiscal de 50 % au titre des services à la personne, dans la limite du plafond spécifique fixé pour cette activité. Votre agence vous indique le plafond applicable à votre situation et établit un devis avant toute intervention.

Vos plantations d'automne ou l'entretien du jardin avant l'hiver méritent une intervention de saison.

Demander un devis de jardinage

FAQ - Le jardin en octobre en Provence

Peut-on encore planter en novembre et en décembre en Provence ?

Le guide Plantons local du littoral méditerranéen de l'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement de Provence-Alpes-Côte d'Azur recommande la plantation des végétaux ligneux et à bulbes à l'automne, sans fixer de date de clôture. La seule limite qu'il pose est de ne jamais planter en période de gel.

Sur le littoral, cette limite laisse une marge confortable : les normales Météo-France 1991-2020 indiquent 0,1 jour de gel en novembre à Toulon et 1,2 jour à Marignane. Dans l'arrière-pays, la marge se réduit nettement, avec 2,3 à 2,8 jours de gel en novembre à Orange et Avignon, et 8,5 jours à 892 mètres d'altitude dans le haut Var.

Faut-il arroser une plantation d'octobre, alors qu'il pleut ?

Les pluies d'automne facilitent la reprise, mais elles ne règlent pas la question de l'été suivant. L'Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement de Provence-Alpes-Côte d'Azur indique que la survie du végétal pendant ses premières années est conditionnée par un arrosage estival souvent indispensable dans la région.

Le raisonnement utile est donc inversé : on ne se demande pas s'il faut arroser en octobre, on organise en octobre la façon dont on arrosera en juillet. Avant d'arroser, il reste nécessaire de vérifier les restrictions en vigueur à son adresse sur le portail VigiEau, les arrêtés de sécheresse pouvant rester actifs à l'automne.

Les restrictions d'eau s'appliquent-elles encore en octobre ?

Elles peuvent s'appliquer, car elles dépendent de l'état de la ressource et non du calendrier. Dans le Var, un arrêté préfectoral du 6 août 2026 plaçait encore 12 communes en alerte renforcée et 90 communes en alerte fin août 2026. En Vaucluse, l'arrêté du 24 août 2026 maintenait cinq bassins en alerte renforcée.

Les mesures varoises d'alerte renforcée interdisent l'arrosage des pelouses et massifs fleuris, mais autorisent celui des arbres et arbustes plantés en pleine terre depuis moins de trois ans, avec des techniques économes et de 20 heures à 8 heures. Le portail public VigiEau donne les restrictions applicables à une adresse précise.

Quand ouvre la récolte des olives en Provence ?

À une date qui n'est pas fixée d'avance. Le cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Huile d'olive de Provence », homologué le 24 janvier 2019, prévoit que la date d'ouverture de la récolte est fixée par décision du directeur de l'INAO, après avis du groupement. Elle est donc arrêtée chaque année selon la maturité constatée.

Le cahier des charges précise que les olives sont récoltées au stade dit « olives tournantes », lors du passage du vert au jaune, avant la pleine maturité. Pour une production familiale hors appellation, l'observation de ce stade reste le repère le plus fiable, bien plus qu'une date de calendrier.

Est-il vrai qu'il ne faut pas tailler les haies trop souvent ?

C'est la position de l'Office français de la biodiversité, qui indique que la gestion durable des haies ne se traduit pas obligatoirement par des interventions annuelles systématiques. L'organisme précise par ailleurs que la période automne-hiver constitue le meilleur compromis pour intervenir, car elle évite la période de reproduction et de nidification comme les besoins d'hibernation de la faune.

Il s'agit de recommandations de bonne pratique et non d'obligations légales pesant sur les particuliers. Octobre se situe dans la fenêtre favorable identifiée par l'Office français de la biodiversité.

Que faire des feuilles mortes quand on n'a pas de composteur ?

Elles peuvent servir directement de paillage au pied des massifs et des jeunes plantations, ce qui répond à la fois au besoin de couverture du sol et à l'évacuation du volume. L'ADEME recense parmi les alternatives de gestion de proximité le compostage individuel et collectif, le broyage, le paillage, le jardinage raisonné et l'éco-pâturage.

L'enjeu de volume n'est pas négligeable : l'agence chiffre la production française de déchets verts à 160 kilos par personne et par an, soit environ 12 % des déchets ménagers et assimilés collectés. Un service de jardinage à domicile peut assurer le ramassage, le broyage et la mise en place du paillage dans la même intervention.

Sources

  1. Météo-France, Fiches climatologiques - Statistiques 1991-2020 et records, stations de Toulon, Marignane, Avignon, Orange et Comps-sur-Artuby, Données publiques de Météo-France, consultées le 13 septembre 2026.
  2. Agence régionale pour la biodiversité et l'environnement de Provence-Alpes-Côte d'Azur, Plantons local du littoral méditerranéen, collection technique GuideLocal, document mis en ligne en juillet 2025.
  3. Météo-France, Qu'est-ce qu'un épisode méditerranéen ?, rubrique Météo A-Z, page mise à jour le 26 août 2025.
  4. INAO, Cahier des charges de l'appellation d'origine « Huile d'olive de Provence », homologué le 24 janvier 2019.
  5. ADEME, communiqué national Brûlage des déchets verts : deux études de l'ADEME identifient les pratiques et proposent des solutions alternatives de gestion de proximité, 3 avril 2023.
  6. Office français de la biodiversité, Gérer durablement ses haies et en créer de nouvelles, consulté le 13 septembre 2026 ; préfecture du Var, Sécheresse 2026 - Point de situation, arrêté du 6 août 2026, page mise à jour le 27 août 2026 ; préfecture de Vaucluse, Actualité sécheresse, arrêté du 24 août 2026.
  7. Code de l'environnement, article R. 541-78 ; circulaire du 18 novembre 2011 relative à l'interdiction du brûlage à l'air libre des déchets verts ; préfecture des Bouches-du-Rhône, réglementation de l'emploi du feu et de l'accès aux massifs forestiers ; préfecture de Vaucluse, réglementation de l'accès aux massifs forestiers.

À propos de l'auteur

Cet article est rédigé par AIDADOMI, organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui compte 33 agences dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Ses intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne ; l'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Les conseils de jardinage présentés ici reposent sur des documents publics de référence cités en sources. Ils ne remplacent pas l'avis d'un professionnel du végétal pour une espèce particulière ou un sol particulier. Les règles d'arrosage et d'emploi du feu relèvent d'arrêtés préfectoraux qui peuvent évoluer en cours de saison : vérifiez toujours les mesures en vigueur à votre adresse avant d'intervenir.

Un homme utilise un tournevis pour fixer une barre d'appui métallique à un mur blanc, à côté de murs carrelés de bleu, une étape importante lorsqu'on cherche à financer l'aménagement de la salle de bains d'un parent ou qu'on envisage des mesures de sécurité pour les pièces où les personnes âgées tombent le plus souvent.

Barre d’appui, siège de douche : un seul est remboursé

Un homme utilise un tournevis pour fixer une barre d'appui métallique à un mur blanc, à côté de murs carrelés de bleu, une étape importante lorsqu'on cherche à financer l'aménagement de la salle de bains d'un parent ou qu'on envisage des mesures de sécurité pour les pièces où les personnes âgées tombent le plus souvent.

Barre d'appui, siège de douche : un seul est remboursé

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Sur les six équipements que l'on installe habituellement dans une salle de bains, un seul est inscrit à la Liste des produits et prestations remboursables de l'Assurance Maladie : la chaise percée, code LPP 1243302, tarif de responsabilité 102,62 euros.
  • Les cinq autres - barre d'appui, siège de douche, rehausseur de WC, cadre de toilettes et tapis antidérapant - ne figurent pas sur cette liste. Aucune ordonnance ne les rend remboursables, quel que soit le prescripteur.
  • Aucune cote réglementaire ne s'impose dans la salle de bains existante d'un logement : la réglementation d'accessibilité ne vise que les constructions neuves, au titre de l'article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation.
  • Les chutes à domicile ne se concentrent pas là où on le croit. Dans l'enquête ChuPADom de Santé publique France, la chambre arrive en tête avec 20,2 % des chutes, la salle de bains en sixième position avec 5,4 %.
  • Pour un parent de 70 ans ou plus, la voie de financement n'est pas l'Assurance Maladie mais l'APA, la caisse de retraite ou MaPrimeAdapt', dont le plafond de travaux subventionnables est de 22 000 euros hors taxes.

Quel équipement de salle de bains l'Assurance Maladie rembourse-t-elle ?

Un seul : la chaise percée. Elle est inscrite à la Liste des produits et prestations remboursables sous le code 1243302, avec un tarif de responsabilité de 102,62 euros et sans prix limite de vente, dans la version 901 de la liste mise à jour le 9 septembre 2026.

Tous les autres équipements sont à votre charge. La barre d'appui, le siège ou tabouret de douche, le rehausseur de WC, le cadre de toilettes et le tapis antidérapant ne sont inscrits nulle part dans les 37 086 codes de cette liste. Ils se financent par d'autres voies, détaillées plus loin.

La plupart des familles commencent par chercher comment faire rembourser une barre d'appui. C'est la question la plus logique, et le système n'y répond pas : cet équipement n'est pas remboursable, et rien dans la documentation grand public ne le dit clairement.

Voici ce que valent réellement les équipements que l'on installe le plus souvent, ce que disent les sources officielles de leurs dimensions, et qui paie quoi.

Par quelle pièce faut-il commencer ?

Probablement pas par la salle de bains, et c'est le point le plus contre-intuitif de ce comparatif. L'enquête ChuPADom de Santé publique France a décrit, sur des données 2018, le lieu de la chute pour 1 467 personnes de 65 ans et plus hospitalisées après une chute à domicile, d'âge moyen 84,5 ans. La répartition est la suivante : chambre 20,2 %, salon 14,2 %, parties extérieures comme le jardin ou la cour 11,9 %, cuisine 9,9 %, WC 6,3 %, salle de bains 5,4 %, escalier 4,6 %, couloir 4,2 %.

Les auteurs de l'enquête le formulent eux-mêmes : la salle de bains est le lieu à risque le plus fréquemment cité dans d'autres travaux, mais dans ChuPADom, la salle d'eau n'arrive qu'en cinquième position lorsque les WC lui sont rattachés, et en sixième lorsqu'on la compte seule. Cela ne signifie pas qu'il faut renoncer à sécuriser la douche. Cela signifie qu'un logement équipé uniquement de la salle de bains laisse intacte la pièce où l'on tombe le plus : la chambre, et le trajet nocturne vers les toilettes.

La barre d'appui : que sait-on vraiment de sa pose ?

C'est l'équipement le plus utile et le moins documenté. Il n'est pas remboursable, et surtout : il n'existe aucune valeur officielle française de résistance mécanique d'une barre d'appui exprimée en kilos ou en décanewtons. Les chiffres de charge que l'on rencontre chez les distributeurs ne renvoient à aucun référentiel public.

La seule exigence officielle trouvée est qualitative, et elle figure dans la réglementation applicable aux établissements recevant du public : « sa fixation ainsi que le support doivent permettre à un adulte de prendre appui de tout son poids », la barre étant située à une hauteur comprise entre 0,70 et 0,80 mètre. Ces cotes concernent les sanitaires à usage commun des établissements recevant du public, pas les logements : elles servent de repère, elles ne s'imposent pas chez vous.

Aucun référentiel public ne prescrit non plus le type de cheville selon le support, alors que tout en dépend : une barre fixée dans un carrelage collé sur plaque de plâtre ne tient pas comme une barre fixée dans un support maçonné. L'Assurance retraite, sur son service d'information Bien chez soi, indique que la fixation de la barre « demande vigilance pour s'assurer que le système de fixation est adapté au support ».

Le siège de douche : quelles dimensions retenir ?

Là encore, aucune cote réglementaire n'existe pour un logement. Les seules valeurs publiques disponibles sont des caractéristiques de produits publiées par l'Assurance retraite dans son service Bien chez soi : hauteur d'assise réglable de 38 à 49 centimètres pour un siège mural simple, et de 46,5 à 61,5 centimètres pour un modèle plus élaboré. Le même service relaie une recommandation d'ergothérapeute : privilégier un siège avec des pieds de renfort et une assise d'au moins 40 par 40 centimètres pour éviter de glisser.

Sur l'antidérapance, la réponse officielle ne porte pas sur le tapis mais sur le sol. Le guide du CSTB réalisé pour la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages, dans sa version de janvier 2025, indique que les revêtements doivent être sélectionnés selon leur résistance à la glissance en pieds nus, conformément à la norme NF P 05-011, et que cette norme précise aussi les critères d'entretien du sol permettant de maintenir cette performance dans le temps. Un tapis antidérapant compense un sol inadapté ; il ne le corrige pas.

Pour une rénovation, le même guide donne les cotes d'une douche accessible sans ressaut : zone de 120 par 90 centimètres, espace d'usage de 130 par 80 centimètres, pente d'écoulement de 1 % au minimum. Elles correspondent à ce qui est attendu en construction neuve ; dans l'existant, elles constituent la meilleure cible disponible.

Le rehausseur de WC et le cadre de toilettes

Ni l'un ni l'autre n'est remboursable. L'Assurance retraite indique que les rehausseurs existent en rehausse de 10 ou de 15 centimètres selon les modèles, et que les cadres de WC sécurisés proposent des accoudoirs réglables entre 63 et 74 centimètres.

Pour juger de l'opportunité d'une rehausse, le seul repère officiel disponible est la cote applicable aux établissements recevant du public : une hauteur de cuvette comprise entre 0,45 et 0,50 mètre du sol, abattant inclus. Une cuvette standard se situant souvent nettement plus bas, la rehausse de 10 centimètres ramène fréquemment dans cette plage.

Le WC mérite une attention pour une autre raison : dans l'enquête ChuPADom, il totalise 6,3 % des chutes, soit davantage que la salle de bains elle-même. C'est souvent le trajet de nuit qui est en cause, plus que la pièce.

La chaise percée : le seul équipement inscrit à la liste

Le libellé officiel du code LPP 1243302 est : « Chaise percée avec accoudoirs, avec ou sans roulettes, avec ou sans repose-pieds, avec un seau ». Son tarif de responsabilité est de 102,62 euros, il n'existe pas de prix limite de vente - le prix de vente est donc libre - et aucune entente préalable n'est requise. La prestation est un achat, et la ligne est valide depuis le 7 juillet 2023.

Elle est prescriptible par un médecin et, depuis le 1er juillet 2023, par un ergothérapeute, en application de l'arrêté du 12 juin 2023 publié au Journal officiel du 16 juin 2023. Les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers ne peuvent pas la prescrire : leurs listes ne comportent aucun équipement de salle de bains ou de WC. L'Assurance Maladie indique que le taux de remboursement applicable au petit appareillage est de 60 %, la catégorie retenue pour ce code étant à confirmer auprès de votre caisse.

Un point pratique en découle : lorsque le besoin porte sur le passage aux toilettes plutôt que sur la douche, l'orientation vers une chaise percée ou un cadre de WC avec chaise percée est la seule qui ouvre une prise en charge.

Le chiffre clé

La Liste des produits et prestations remboursables de l'Assurance Maladie compte 37 086 codes dans sa version 901, mise à jour le 9 septembre 2026. Un seul correspond à un équipement sanitaire pour adulte : la chaise percée.

Aucun code ne mentionne de barre d'appui, de tabouret ou de siège de douche, de rehausseur de WC, de cadre de toilettes ni de tapis antidérapant. La question « quel médecin peut me prescrire une barre d'appui pour la faire rembourser » est donc sans objet : aucune profession ne peut le faire, puisque le produit n'est pas inscrit.

Six équipements comparés : remboursement, repère de dimension et financements possibles
ÉquipementInscrit à la LPPRepère de dimension disponibleQui peut financerPose
Barre d'appuiNon0,70 à 0,80 m de hauteur (cote applicable aux établissements recevant du public)APA, caisse de retraite, MaPrimeAdapt', complémentaireProfessionnelle, fixation à adapter au support
Siège de douche muralNonAssise réglable de 38 à 49 cm ; assise d'au moins 40 x 40 cmAPA, caisse de retraite, MaPrimeAdapt', complémentaireProfessionnelle, fixation murale
Rehausseur de WCNonRehausse de 10 ou 15 cm ; cuvette de 0,45 à 0,50 m en référence établissements recevant du publicAPA, caisse de retraite, complémentaireSans fixation, pose immédiate
Cadre de WCNon, sauf variante avec chaise percéeAccoudoirs réglables de 63 à 74 cmAPA, caisse de retraite, complémentaireSans fixation ou fixation au sol
Chaise percéeOui, code 1243302Non coté par une source publiqueAssurance Maladie, tarif 102,62 € sur prescriptionSans fixation, pose immédiate
Tapis antidérapantNonExigence officielle portant sur le sol, norme NF P 05-011Achat libreSans fixation

Qui finance, quand l'Assurance Maladie ne rembourse pas ?

Trois voies existent, et elles dépendent de l'âge et des ressources, pas du diagnostic.

L'allocation personnalisée d'autonomie. Le plan d'aide APA à domicile peut comprendre des aides techniques et des mesures d'adaptation du logement. Il faut avoir 60 ans au moins et être classé en GIR 1 à 4 : les GIR 5 et 6 n'y ouvrent pas droit. Les plafonds mensuels du plan d'aide s'élèvent à 2 080,33 euros en GIR 1, 1 682,30 euros en GIR 2, 1 215,99 euros en GIR 3 et 811,52 euros en GIR 4, la participation du bénéficiaire étant nulle en dessous de 933,89 euros de ressources mensuelles pour une personne seule.

La caisse de retraite. Le portail public Pour les personnes âgées indique que les caisses financent nommément « des aides techniques : barres d'appui, marches antidérapantes ». Attention au non-cumul : si vous bénéficiez de l'APA, vous ne pouvez pas obtenir d'aide de votre caisse de retraite portant sur la même aide. Aucun montant plafond n'est publié, le portail renvoyant aux caisses.

MaPrimeAdapt'. Le guide des aides financières de l'ANAH, édition septembre 2026, fixe le taux de prise en charge à 50 % pour les ménages aux revenus modestes et 70 % pour les très modestes, dans la limite d'un plafond de travaux subventionnables de 22 000 euros hors taxes. Le dispositif s'adresse aux personnes de 70 ans ou plus, aux 60-69 ans sous condition de GIR, et aux personnes en situation de handicap justifiant d'un taux d'incapacité de 50 % et plus ou bénéficiant de la PCH. Pour une personne seule hors Île-de-France, les plafonds de ressources au 1er janvier 2026 sont de 17 363 euros pour les très modestes et 22 259 euros pour les modestes.

Un point souvent mal compris : la prestation de compensation du handicap n'est le plus souvent pas une option pour un parent âgé qui n'a jamais eu de dossier handicap. Son deuxième élément couvre les aides techniques à hauteur de 13 200 euros sur dix ans, mais il faut avoir moins de 60 ans pour la demander. Elle ne peut être conservée au-delà de 60 ans que si les conditions étaient déjà remplies avant cet âge, ou si la personne exerce encore une activité professionnelle. En cas de doute, c'est la maison départementale des personnes handicapées qui tranche.

Les erreurs à éviter

  • Demander une ordonnance pour faire rembourser une barre d'appui. Aucune profession ne peut la prescrire au titre de la Liste des produits et prestations remboursables, puisque le produit n'y est pas inscrit. La démarche utile est la demande d'APA, le contact avec la caisse de retraite ou le dossier MaPrimeAdapt'.
  • N'équiper que la salle de bains. Dans l'enquête ChuPADom de Santé publique France, la chambre concentre 20,2 % des chutes à domicile et le salon 14,2 %, contre 5,4 % pour la salle de bains. L'éclairage du trajet nocturne et le dégagement des circulations comptent autant qu'une barre de douche.
  • Se fier à une charge annoncée en kilos. Il n'existe aucune valeur officielle française de résistance mécanique d'une barre d'appui. La seule exigence publique est que la fixation et le support permettent à un adulte de prendre appui de tout son poids, ce qui dépend du mur autant que de la barre.
  • Croire qu'une cote réglementaire s'impose chez soi. La réglementation d'accessibilité ne vise que les constructions neuves. Dans un logement existant, les cotes de l'arrêté du 24 décembre 2015 modifié sont des repères de bonne pratique, pas des obligations.

Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter

  • Faire le tour du logement entier avant de décider du premier achat : la chambre et le trajet vers les toilettes en premier.
  • Identifier la nature du mur destiné à recevoir une barre ou un siège : maçonnerie, brique creuse, ou plaque de plâtre carrelée.
  • Mesurer la hauteur actuelle de la cuvette, abattant inclus, avant de choisir une rehausse de 10 ou de 15 centimètres.
  • Si une évaluation APA a déjà eu lieu, vérifier le GIR : les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l'APA, les GIR 5 et 6 relèvent de la caisse de retraite. Sinon, la demande d'APA auprès du conseil départemental est le point de départ.
  • Vérifier l'éligibilité à MaPrimeAdapt' avant d'engager des travaux, l'aide devant être accordée avant le début du chantier.
  • Faire établir un devis de pose, et non seulement un prix de matériel.

Ce qui change en région PACA

Deux caractéristiques régionales pèsent sur ce chantier. La première est le bâti : les logements anciens des centres de village et des quartiers d'avant-guerre concentrent les salles d'eau exiguës, les baignoires encastrées et les cloisons légères carrelées, c'est-à-dire précisément les configurations où la pose d'une barre demande une reconnaissance du support. La seconde est la répartition des âges : l'Insee dénombre au 1er janvier 2026 13,4 % d'habitants de 75 ans ou plus en Provence-Alpes-Côte d'Azur, une part qui atteint 15,1 % dans le Var.

Santé publique France relève par ailleurs que Provence-Alpes-Côte d'Azur figure parmi les régions où les hospitalisations en lien avec une chute ont le plus augmenté entre 2019 et 2024, avec une hausse de 25,8 % du taux standardisé. La même publication note toutefois que la région fait exception à la hausse générale des taux de mortalité liée aux chutes sur la même période. Les deux indicateurs ne disent pas la même chose et ne doivent pas être confondus.

Cas vécu : Roland, 81 ans, Istres

Roland vit seul dans un pavillon des années 1970. Après une glissade sans gravité dans la douche, sa fille a cherché pendant trois semaines comment faire rembourser une barre d'appui : appels à la caisse, rendez-vous chez le médecin, ordonnance obtenue, refus de prise en charge. Le parcours était logique, il ne menait simplement nulle part.

Le déblocage est venu d'un changement de question. L'équipe médico-sociale du département a évalué Roland en GIR 4, ce qui a ouvert la prise en charge d'aides techniques dans son plan d'aide APA. En parallèle, l'intervenant AIDADOMI qui assure le petit bricolage a posé la barre dans le mur porteur plutôt que dans la cloison carrelée initialement visée, et signalé que la veilleuse du couloir ne fonctionnait plus - or c'est le trajet de nuit vers les toilettes qui inquiétait le plus Roland. Trois semaines passées sur une ordonnance sans objet, une demi-journée pour le reste.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Faire poser vos équipements par une équipe salariée et assurée

AIDADOMI intervient pour le petit bricolage à domicile et l'accompagnement des seniors dans ses 33 agences des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et du Gard. La pose d'une barre d'appui, d'un siège de douche mural ou d'une main courante suppose d'identifier la nature du support et de choisir une fixation adaptée : c'est le point que la documentation grand public ne traite pas, et celui qui détermine la sécurité de l'ouvrage. Les intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne. Côté budget, la moitié des sommes engagées vous est restituée au titre du crédit d'impôt services à la personne, le petit bricolage relevant d'un plafond annuel spécifique fixé par l'article D. 7233-5 du code du travail.

La pose d'une barre ou d'un siège de douche chez un parent se chiffre après une visite sur place.

Faire chiffrer une pose

FAQ - Équiper une salle de bains pour une personne âgée

Une barre d'appui peut-elle être remboursée sur ordonnance ?

Non. La barre d'appui n'est pas inscrite à la Liste des produits et prestations remboursables de l'Assurance Maladie, dont la version 901 mise à jour le 9 septembre 2026 compte 37 086 codes. Une ordonnance ne change donc rien à sa prise en charge, quel que soit le professionnel qui la rédige.

Les financements existants passent par d'autres canaux : le plan d'aide de l'allocation personnalisée d'autonomie pour les personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4, les aides des caisses de retraite - qui citent explicitement les barres d'appui - MaPrimeAdapt' pour les ménages modestes et très modestes, et selon les contrats la complémentaire santé.

À quelle hauteur poser une barre d'appui dans une douche ?

Aucune hauteur réglementaire ne s'applique dans un logement existant, la réglementation d'accessibilité ne visant que les constructions neuves. Le seul repère officiel disponible provient de la réglementation des établissements recevant du public, qui situe la barre d'appui latérale des sanitaires à une hauteur comprise entre 0,70 et 0,80 mètre.

Ce repère est utile mais ne remplace pas une adaptation à la personne : la hauteur pertinente dépend de la taille, du geste réellement effectué et du point d'appui recherché. Le même texte pose l'exigence essentielle, qui est qualitative : la fixation et le support doivent permettre à un adulte de prendre appui de tout son poids.

Un tapis antidérapant suffit-il à sécuriser une douche ?

Il apporte une amélioration ponctuelle, mais l'exigence officielle ne porte pas sur le tapis : elle porte sur le revêtement de sol. Le guide du CSTB réalisé pour la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages, version de janvier 2025, prescrit de sélectionner les revêtements selon leur résistance à la glissance en pieds nus, conformément à la norme NF P 05-011.

Ce guide précise également que cette norme définit les critères d'entretien permettant de maintenir la performance antidérapante dans le temps. Un sol dont l'entretien a dégradé l'adhérence n'est pas rattrapé par un tapis, qui peut lui-même se déplacer.

Faut-il commencer par la salle de bains ou par une autre pièce ?

Les données de Santé publique France invitent à regarder le logement entier. Dans l'enquête ChuPADom, menée auprès de 1 467 personnes de 65 ans et plus hospitalisées après une chute à domicile, la chambre concentre 20,2 % des chutes, le salon 14,2 %, les parties extérieures 11,9 % et la cuisine 9,9 %, tandis que les WC totalisent 6,3 % et la salle de bains 5,4 %.

Les auteurs soulignent eux-mêmes que la salle d'eau, WC inclus, n'arrive qu'en cinquième position, alors qu'elle est fréquemment citée comme le lieu à risque. La conclusion pratique n'est pas de négliger la douche, mais de ne pas s'y arrêter : l'éclairage du trajet nocturne et le dégagement des circulations relèvent du même chantier.

MaPrimeAdapt' peut-elle financer une barre d'appui seule ?

Le dispositif finance des travaux d'adaptation du logement, avec un taux de 50 % pour les ménages aux revenus modestes et de 70 % pour les ménages aux revenus très modestes, dans la limite d'un plafond de travaux subventionnables de 22 000 euros hors taxes selon le guide des aides financières de l'ANAH d'édition septembre 2026.

Deux points sont à connaître avant d'engager quoi que ce soit. L'aide doit être accordée avant le début des travaux. Et si le plafond de 22 000 euros n'est pas atteint lors de la première demande, une seconde demande est possible dans les cinq années suivantes, dans la limite du montant restant disponible : il n'est donc pas nécessaire de tout réaliser en une fois.

Existe-t-il une norme pour ces équipements ?

Oui, la norme internationale ISO 17966:2016, intitulée Assistive products for personal hygiene that support users - Requirements and test methods, soit les produits d'assistance pour l'hygiène personnelle, publiée en janvier 2016. Son champ couvre notamment les chaises percées, les sièges de WC, les rehausseurs de WC, les chaises de bain et de douche avec ou sans roues, et les barres d'appui et poignées fixes.

Cette norme est signalée comme étant à réviser, le projet de remplacement portant le titre Assistive products for toileting, bathing and showering. Elle exclut de son champ les élévateurs de baignoire, les installations fixes du bâtiment et les produits fabriqués sur mesure pour un utilisateur donné. C'est la bonne référence à demander à un fournisseur.

Sources

  1. Assurance Maladie, base de la Liste des produits et prestations remboursables (LPP), version 901, mise à jour du 9 septembre 2026 ; fiche du code LPP 1243302 ; ameli.fr, Droit de prescription des ergothérapeutes (arrêté du 12 juin 2023, Journal officiel du 16 juin 2023) ; ameli.fr, Tableaux récapitulatifs des taux de remboursement, vérifié le 19 janvier 2026.
  2. Santé publique France, Chutes des personnes âgées à domicile. Caractéristiques des chuteurs et des circonstances de la chute, volet Hospitalisation de l'enquête ChuPADom, données 2018 ; Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France, données 2015-2024, bulletin national du 12 mars 2026.
  3. ANAH, Les aides financières en 2026, guide d'édition septembre 2026, pages 8 et 55 à 57 ; service-public.gouv.fr, APA à domicile, vérifié le 1er juin 2026, et Prestation de compensation du handicap, vérifié le 1er juillet 2026 ; CNSA, Tarifs APA au 1er janvier 2026.
  4. CSTB pour la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages, Guide pour la mise en œuvre d'une douche accessible zéro ressaut, version janvier 2025 ; ministères chargés du Logement, L'accessibilité du logement (article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation, arrêté du 24 décembre 2015 modifié par l'arrêté du 11 septembre 2020) ; délégation ministérielle à l'accessibilité, Regards croisés, fiche n° 4 : les sanitaires à usage commun dans les ERP existants, janvier 2013.
  5. CNSA et ministère des Solidarités, portail Pour les personnes âgées, Les aides des caisses de retraite, mis à jour le 9 avril 2026, et Des équipements pour faciliter son quotidien ; Assurance retraite, service Bien chez soi, fiches produits ; ISO, fiche normative ISO 17966:2016 ; Insee, Estimations de population par sexe et âge au 1er janvier 2026, publié le 15 janvier 2026.

À propos de l'auteur

Cet article est rédigé par AIDADOMI, organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui compte 33 agences dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Ses intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne ; l'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Les informations de remboursement et de financement présentées ici ont été relevées sur les bases et publications officielles citées en sources, à la date du 13 septembre 2026 ; les tarifs, plafonds et conditions d'éligibilité sont susceptibles d'évoluer et doivent être confirmés auprès de votre caisse d'assurance maladie, de votre conseil départemental ou de l'ANAH. Le choix et la pose d'une aide technique gagnent à être précédés d'une évaluation par un ergothérapeute, seul professionnel en mesure d'apprécier l'adéquation d'un équipement à une situation individuelle.

Dans un cabinet médical, un professionnel de santé examine l'oreille d'une femme âgée à l'aide d'un otoscope, avec un ordinateur portable et des planches anatomiques en arrière-plan. Cette prise en charge attentive revêt une importance particulière pour les patients sourds ou malentendants, conformément au décret n° 2026-838, qui garantit l'accessibilité et un accompagnement adapté lors des consultations médicales.

Sourds et malentendants : ce qui change au 1er octobre

Dans un cabinet médical, un professionnel de santé examine l'oreille d'une femme âgée à l'aide d'un otoscope, avec un ordinateur portable et des planches anatomiques en arrière-plan. Cette prise en charge attentive revêt une importance particulière pour les patients sourds ou malentendants, conformément au décret n° 2026-838, qui garantit l'accessibilité et un accompagnement adapté lors des consultations médicales.

Sourds et malentendants : ce qui change au 1er octobre

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Deux échéances distinctes arrivent, et la presse les confond souvent. Au 1er octobre 2026, les services publics doivent être joignables par téléphone avec traduction simultanée sur la totalité de leurs horaires d'ouverture, contre 50 % au minimum jusqu'au 30 septembre.
  • Le décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026, lui, porte sur l'accueil physique et par visioconférence, et non sur le téléphone. Il entre en vigueur le 1er mars 2027.
  • Ce décret ouvre le droit, à la demande de la personne, à un dispositif d'accueil adapté : transcription écrite instantanée, interprète en langue des signes française, codeur en langue française parlée complétée, agent maîtrisant la langue des signes, ou tout moyen équivalent.
  • Il s'applique aux organismes publics et privés chargés d'une mission de service public, sans seuil de population, et garantit expressément la confidentialité des conversations traduites.
  • Le sujet concerne massivement les aînés : selon la DREES, 51,4 % des personnes de 75 ans et plus vivant à domicile déclaraient une limitation fonctionnelle auditive, contre 9,1 % entre 30 et 44 ans (enquête Handicap-Santé, données de 2008, les plus récentes publiées).
Être accompagné dans vos démarches avec AIDADOMI

Qu'est-ce qu'un accueil accessible aux personnes sourdes ou malentendantes ?

C'est un dispositif qui permet à une personne sourde ou malentendante de comprendre, en temps réel, toute information orale ou sonore la concernant lors d'un échange avec un service public. Le décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026 en fixe les modalités : transcription écrite instantanée, interprétation en langue des signes française, codage en langue française parlée complétée, en présentiel ou à distance, ou échange direct avec un agent maîtrisant la langue des signes.

Ce droit s'exerce à la demande de la personne concernée. Le dispositif doit être adapté à sa situation, à l'objet et à la durée de l'échange, et déterminé le cas échéant avec elle.

Il y a une expérience que beaucoup de familles connaissent sans jamais la nommer. Un parent âgé doit joindre sa caisse d'assurance maladie, contester un dossier, prendre un rendez-vous. Il entend mal. Il n'ose pas le dire au guichet, il fait répéter, il finit par acquiescer sans avoir compris, ou il renonce. Et c'est le fils, la fille ou l'intervenante à domicile qui s'en aperçoit trois semaines plus tard, quand le courrier de relance arrive.

Deux textes viennent de bouger sur ce terrain, à quelques jours d'intervalle. Ils ne disent pas la même chose, ne s'appliquent pas aux mêmes situations et n'entrent pas en vigueur à la même date. Comme la confusion est déjà installée, autant la lever tout de suite.

Que change exactement le décret du 2 septembre 2026 ?

Le décret n° 2026-838 a été publié au Journal officiel du 3 septembre 2026. Il est pris pour l'application du premier alinéa de l'article 78 de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, un article resté sans texte d'application pendant vingt et un ans. Son objet, tel qu'il figure dans sa notice officielle, porte sur « les modalités relatives à l'accueil physique et par visioconférence des services publics ».

Ce point mérite d'être souligné, car il constitue la principale erreur commise à propos de ce texte : le décret du 2 septembre 2026 ne porte pas sur le téléphone, et il n'entre pas en vigueur au 1er octobre 2026. Son article 2 fixe l'entrée en vigueur au « premier jour du sixième mois suivant la date de sa publication », soit le 1er mars 2027.

Son article premier énumère cinq modalités possibles : la transcription écrite instantanée, le recours à un interprète en langue des signes française en présentiel ou par visio-interprétation, le recours à un codeur en langue française parlée complétée en présentiel ou par visio-codage, l'échange avec un agent maîtrisant la langue des signes française, et tout autre moyen permettant d'accéder à des fonctionnalités équivalentes.

Trois précisions du texte comptent plus que la liste elle-même. D'abord, le dispositif doit être adapté à la situation particulière de la personne, à l'objet et à la durée de l'échange, et « déterminé en lien avec elle » : on ne peut pas imposer la langue des signes à une personne devenue malentendante avec l'âge, qui n'en a jamais eu l'usage, et pour qui la transcription écrite est bien plus utile. Ensuite, lorsqu'aucun dispositif n'est immédiatement disponible, l'organisme doit organiser l'échange « dans un délai raisonnable » : c'est la vraie soupape du texte, et elle n'est pas chiffrée. Enfin, le décret garantit expressément le respect de la confidentialité des conversations traduites ou transcrites, ce qui n'est pas un détail quand on parle de santé, d'impôts ou de prestations sociales devant un tiers.

Le champ d'application est large : la notice vise les « organismes publics et privés chargés d'une mission de service public ». Aucun seuil de population n'apparaît dans le décret, et aucune sanction n'y est prévue.

Pourquoi le 1er octobre 2026 est-il la date la plus urgente ?

Parce qu'elle concerne le téléphone, c'est-à-dire l'usage quotidien. Ce dispositif-là est bien plus ancien : il résulte de l'article 105 de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique et de son décret d'application du 9 mai 2017.

Ce texte impose aux services d'accueil téléphonique des services publics de proposer un service de traduction simultanée écrite et visuelle, sans surcoût pour l'usager. La montée en charge a été progressive : les services de l'État y sont soumis depuis le 7 octobre 2018, ceux gérés par les collectivités territoriales depuis le 7 octobre 2020, et les communes de moins de 10 000 habitants ainsi que leurs groupements depuis le 7 octobre 2021.

Jusqu'au 30 septembre 2026, l'obligation ne portait que sur 50 % au minimum des horaires d'ouverture du service d'accueil. À compter du 1er octobre 2026, elle porte sur l'intégralité de ces horaires. Concrètement, un usager sourd ou malentendant ne devrait plus tomber sur des plages horaires inaccessibles.

La même échéance s'applique aux services clients des entreprises dont le chiffre d'affaires atteint 250 millions d'euros, pour le numéro destiné à recueillir l'appel d'un consommateur.

Du côté des opérateurs de téléphonie, le 1er octobre 2026 marque également un saut. Le volume d'usage gratuit du service de traduction pour les appels personnels passe de 3 heures à 5 heures par mois, et la disponibilité passe d'une amplitude limitée en semaine à un service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le temps d'attente avant mise en relation n'est pas décompté du forfait. Chaque opérateur met à disposition une application de relais : demandez laquelle à votre opérateur, ou passez par l'annuaire des services accessibles présenté plus bas.

Comment joindre concrètement une administration en 2026 ?

Voici le chemin le plus court, testé et documenté par les services publics eux-mêmes.

Pour trouver un service accessible, le point d'entrée est l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité, vers lequel renvoie le site service-public.fr. Il recense plus de 50 000 services accessibles aux personnes sourdes ou malentendantes, classés par domaine : caisse primaire d'assurance maladie, caisses d'allocations familiales, MSA, préfectures, hôpitaux, ministères, mairies, banques, transports. Une fois le service choisi, on sélectionne son mode de communication : appel, vidéo, langue des signes ou tchat. Certains services sont également accessibles aux personnes sourdaveugles et aux personnes ayant des troubles du langage. Le service est gratuit.

Pour un renseignement administratif général, le service Allô Service Public 3939 est accessible via la plateforme Acceo, à laquelle renvoie directement la fiche « Accessibilité téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes » du site service-public.fr.

Pour les urgences, le numéro est le 114. Il est destiné aux personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes et aphasiques, et il est joignable par application, par internet ou par SMS. Il est gratuit. Nous vous conseillons de l'enregistrer dès aujourd'hui dans le téléphone de votre proche, et de vérifier avec lui qu'il sait l'utiliser : un numéro d'urgence qu'on découvre le jour de l'urgence ne sert à rien.

Un conseil de méthode, enfin. Pour un rendez-vous physique important, en mairie, à la caisse de retraite ou à l'hôpital, ne comptez pas sur l'improvisation le jour même. Le décret prévoit lui-même la possibilité d'un « délai raisonnable » lorsque rien n'est disponible sur place. Formulez la demande à l'avance, par écrit si possible, en précisant le moyen souhaité, transcription écrite ou interprétation.

Le chiffre clé

51,4 %

C'est la part des personnes de 75 ans et plus vivant à domicile qui déclaraient une limitation fonctionnelle auditive, selon l'étude de la DREES réalisée à partir de l'enquête Handicap-Santé. Le même travail estimait à 10 millions le nombre total de personnes concernées en France, dont 5,5 millions avec une limitation moyenne à lourde. Ces données, déclaratives, portent sur l'enquête de 2008 : elles restent la référence publique la plus complète, mais elles ont vieilli.

Quel dispositif pour quelle situation, et à partir de quand
SituationCe qui s'appliqueÀ partir de quandCe que vous pouvez faire
Accueil physique ou en visioconférence d'un service publicDispositif d'accueil adapté, à la demande de la personne, avec garantie de confidentialité1er mars 2027 (décret du 2 septembre 2026)Formuler la demande à l'avance en précisant le moyen souhaité
Appel téléphonique à un service publicTraduction simultanée écrite et visuelle, sans surcoût, sur la totalité des horaires d'ouverture1er octobre 2026 (50 % minimum jusqu'au 30 septembre)Passer par l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité
Appel au service client d'une grande entrepriseMême obligation, pour les entreprises réalisant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires1er octobre 2026Vérifier la présence du service sur le site de l'entreprise
Appels personnels via son opérateur de téléphonieService de traduction gratuit porté à 5 heures par mois, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 71er octobre 2026 (3 heures par mois auparavant)Installer l'application de relais de son opérateur
Urgence médicale, police, incendieNuméro 114 par application, internet ou SMS, gratuitDéjà en vigueurEnregistrer le numéro et faire un essai à froid
Renseignement administratif généralAllô Service Public 3939 accessible via la plateforme AcceoDéjà en vigueurPasser par la fiche dédiée de service-public.fr

Les erreurs à éviter

  • Croire que le décret du 2 septembre 2026 s'applique au 1er octobre 2026. Il entre en vigueur le 1er mars 2027 et concerne l'accueil physique et en visioconférence. L'échéance du 1er octobre 2026 relève d'un texte différent, celui de 2017, et porte sur le téléphone.
  • Attendre le jour du rendez-vous pour demander une adaptation. Le décret autorise l'organisme à s'organiser « dans un délai raisonnable » si rien n'est disponible. Demandez à l'avance, et par écrit.
  • Laisser un proche gérer ses appels à sa place sans le lui proposer autrement. Cela paraît rendre service, mais cela installe une dépendance et prive la personne de l'information directe. Les outils existent, gratuits, et ils sont conçus pour l'autonomie.
  • Confondre appareillage auditif et accessibilité. Un appareil corrige une audition, il ne transcrit pas une conversation administrative dans un hall bruyant. Les deux réponses sont complémentaires, pas alternatives.
  • Renoncer à l'appareillage pour des raisons de coût. Depuis la réforme du 100 % Santé, l'audioprothésiste a l'obligation de proposer au moins une offre de classe 1 par oreille à appareiller, sans reste à charge dans le cadre d'un contrat responsable.

Vos six gestes d'accessibilité, à faire ce mois-ci

  • Enregistrez le 114 dans le téléphone de votre proche et vérifiez ensemble qu'il sait envoyer un SMS d'urgence.
  • Installez l'application de relais de son opérateur téléphonique, et notez que le forfait gratuit passe à 5 heures par mois au 1er octobre 2026.
  • Repérez dans l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité les organismes qu'il contacte le plus souvent : caisse d'assurance maladie, caisse de retraite, mairie.
  • Pour tout rendez-vous physique important prévu après le 1er mars 2027, demandez par écrit le dispositif adapté souhaité, en précisant transcription écrite ou interprétation.
  • Faites le point sur l'appareillage : date du dernier contrôle, port effectif, piles ou recharge, et devis 100 % Santé si un renouvellement s'impose.
  • Vérifiez que la sonnette, le téléphone et le détecteur de fumée du logement disposent d'un signal lumineux ou vibrant.

Ce qui change en région PACA

Les deux textes sont nationaux et ne prévoient aucune adaptation régionale. Une particularité administrative locale en modifie pourtant beaucoup la portée sur le terrain.

L'obligation d'accessibilité téléphonique n'est entrée en vigueur qu'au 7 octobre 2021 pour les communes de moins de 10 000 habitants et leurs groupements. Or une grande partie du territoire régional est constituée de très petites communes, dont la mairie et le centre communal d'action sociale sont souvent le premier guichet des personnes très âgées, et où cette obligation n'est en vigueur que depuis cinq ans. Si vous rencontrez une difficulté avec une mairie ou un centre communal d'action sociale, le réflexe utile est de demander explicitement quel dispositif de traduction simultanée est en place et sur quelles plages horaires : l'obligation existe, elle est simplement mal connue des usagers comme des agents.

Cas vécu : Roger, 82 ans, à Hyères

Roger entend mal depuis une dizaine d'années. Il porte des appareils, mais il les retire dès qu'il y a du monde, parce que le bruit de fond le fatigue. Résultat : au guichet de sa caisse de retraite, il hoche la tête sans comprendre et rentre chez lui sans réponse.

Son intervenante, qui vient deux fois par semaine pour le ménage et les courses, s'en est rendu compte en voyant s'empiler des courriers non traités. Plutôt que de prendre les appels à sa place, elle en a parlé à l'agence, qui a orienté la famille vers l'annuaire des services accessibles. La caisse de Roger y figurait, avec une option de tchat écrit. Son fils a installé l'application, et Roger a réglé lui-même son dossier en deux échanges. Il a également repris rendez-vous chez son audioprothésiste, qu'il n'avait pas revu depuis trois ans.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Repérer une gêne auditive sans faire à la place

Une perte auditive ne s'annonce pas. Elle s'installe, et elle se cache. La personne concernée est souvent la dernière à en parler, par gêne ou parce qu'elle a fini par organiser sa vie autour de ce qu'elle n'entend plus. Ce sont les autres qui remarquent : le téléviseur de plus en plus fort, les conversations téléphoniques qui s'écourtent, les invitations déclinées, le courrier qui s'accumule.

Nos intervenantes et intervenants sont souvent les premiers témoins de ces signaux, parce qu'ils voient la personne dans son cadre habituel et sur la durée. Leur rôle n'est ni de diagnostiquer ni de faire les démarches à la place de la personne, mais de signaler à la famille et à l'agence ce qu'ils observent, pour qu'une réponse soit organisée avec l'intéressé et non pour lui.

Concrètement, nous pouvons accompagner la préparation d'un rendez-vous administratif, aider à repérer un service accessible, faciliter la prise de contact avec le centre communal d'action sociale ou l'assistante sociale, et rester présents dans le quotidien pour que l'isolement ne s'installe pas. Nos interventions d'accompagnement des personnes âgées et d'accompagnement du handicap ouvrent droit au crédit d'impôt de 50 %, et notre service de téléassistance, disponible 24 heures sur 24, peut être adapté aux personnes qui entendent mal.

FAQ - Accueil des personnes sourdes ou malentendantes

Le décret du 2 septembre 2026 s'applique-t-il au 1er octobre 2026 ?

Non. Le décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026, publié au Journal officiel du 3 septembre 2026, entre en vigueur le premier jour du sixième mois suivant sa publication, soit le 1er mars 2027. Il porte sur l'accueil physique et par visioconférence des services publics. L'échéance du 1er octobre 2026, elle, découle d'un dispositif antérieur, issu de la loi du 7 octobre 2016 et de son décret d'application de 2017, qui concerne l'accueil téléphonique. C'est à cette date que l'obligation de traduction simultanée passe de 50 % au minimum à la totalité des horaires d'ouverture du service.

Qui est concerné par le décret du 2 septembre 2026 ?

La notice officielle du décret vise les personnes sourdes ou malentendantes d'une part, et les organismes publics et privés chargés d'une mission de service public d'autre part. Le champ est donc plus large que les seules administrations de l'État : il inclut les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale et les structures privées délégataires d'une mission de service public. Le texte ne prévoit aucun seuil de population et ne mentionne aucune sanction. Il a été soumis à l'avis du Conseil national d'évaluation des normes et à celui du Conseil national consultatif des personnes handicapées avant sa publication.

Quels moyens de traduction peuvent être demandés ?

Cela dépend de votre situation, et le décret prévoit expressément que le moyen retenu soit déterminé avec vous. Si vous ne pratiquez pas la langue des signes, ce qui est le cas de la plupart des personnes devenues malentendantes avec l'âge, demandez une transcription écrite instantanée : le texte s'affiche pendant que votre interlocuteur parle. Si vous pratiquez la langue des signes française, vous pouvez demander un interprète, sur place ou à distance, ou un agent qui la maîtrise. Le codage en langue française parlée complétée est également prévu. Dans tous les cas, le dispositif doit être adapté à l'objet et à la durée de l'échange, et la confidentialité doit être garantie.

Comment appeler une administration quand on entend mal ?

Le point d'entrée le plus simple est l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité, vers lequel renvoie le site service-public.fr. Il recense plus de 50 000 services accessibles, dont l'Assurance maladie, les caisses d'allocations familiales, la MSA, les préfectures et de nombreuses mairies. On y choisit son mode de communication : appel, vidéo, langue des signes ou tchat. Pour un renseignement administratif général, Allô Service Public 3939 est accessible via la plateforme Acceo. Ces services sont gratuits et sans surcoût. Pour les urgences, le numéro dédié est le 114, joignable par SMS, application ou internet.

Combien de personnes sont concernées en France ?

L'estimation publique de référence provient d'une étude de la DREES fondée sur l'enquête Handicap-Santé : environ 10 millions de personnes présentaient une limitation fonctionnelle auditive, dont 5,5 millions une limitation moyenne à lourde et 360 000 une limitation très grave ou totale. La prévalence croît fortement avec l'âge : 9,1 % entre 30 et 44 ans, 33,5 % entre 60 et 74 ans, et 51,4 % à partir de 75 ans pour les personnes vivant à domicile. Ces données sont déclaratives et portent sur l'enquête de 2008 : elles restent la source publique la plus complète, mais elles méritent d'être actualisées.

Une aide auditive coûte-t-elle forcément cher ?

Non. Depuis la réforme du 100 % Santé, l'audioprothésiste a l'obligation de proposer au moins une offre de classe 1 pour chaque oreille devant être appareillée. Pour une personne de 20 ans et plus, le prix de cette classe 1 est plafonné à 950 euros par oreille ; l'Assurance maladie rembourse 60 % sur une base de 400 euros et la complémentaire prend le reste, ce qui aboutit à un reste à charge nul dans le cadre d'un contrat responsable. Le plafond est porté à 1 400 euros par oreille pour les moins de 20 ans et les personnes sourdes et aveugles. Une prescription médicale et un devis normalisé sont nécessaires.

Sources

  • Décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026 relatif aux modalités d'accessibilité de l'accueil dans les services publics pour les personnes sourdes ou malentendantes, Journal officiel n° 0205 du 3 septembre 2026 - legifrance.gouv.fr
  • Institut national de la consommation, l'accessibilité renforcée des services téléphoniques aux personnes sourdes et malentendantes, loi du 7 octobre 2016 et décret n° 2017-875 du 9 mai 2017 - inc-conso.fr
  • Arcep, handicap et accessibilité des services de communications électroniques - arcep.fr
  • Service-public.fr, accessibilité téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes, et connaître les services accessibles - service-public.gouv.fr
  • DREES, étude quantitative sur le handicap auditif à partir de l'enquête Handicap-Santé, document de travail n° 131 - drees.solidarites-sante.gouv.fr
  • Service-public.fr, comment sont remboursées les prothèses auditives, fiche vérifiée le 25 juin 2025 - service-public.gouv.fr

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille. Le réseau compte 33 agences réparties dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Nos intervenantes et intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne continue. AIDADOMI est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Cet article présente des dispositions réglementaires relatives à l'accessibilité et des données publiques sur l'audition. Il ne constitue ni un avis médical, ni un conseil juridique. Une gêne auditive doit être évaluée par un médecin, et un appareillage relève d'une prescription médicale suivie d'un bilan chez un audioprothésiste. Pour faire valoir un droit à l'accessibilité, rapprochez-vous de l'organisme concerné, d'une association représentative ou du Défenseur des droits.

Gros plan sur un moustique tigre de la région PACA, aux longues pattes et aux longues ailes, en train de se nourrir sur la peau d'un être humain dont on distingue les poils, la trompe enfoncée — une image frappante au vu des récents cas de dengue à Marseille en 2026.

Moustique tigre en PACA : un cas de dengue à Marseille

Gros plan sur un moustique tigre de la région PACA, aux longues pattes et aux longues ailes, en train de se nourrir sur la peau d'un être humain dont on distingue les poils, la trompe enfoncée — une image frappante au vu des récents cas de dengue à Marseille en 2026.

Moustique tigre en PACA : un cas de dengue à Marseille

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • L'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé le 25 août 2026 la détection du premier cas autochtone de dengue de l'année dans la région, à Marseille. La personne a été contaminée sur le territoire national, sans séjour en zone de circulation du virus.
  • La surveillance renforcée court du 1er mai au 30 novembre 2026 : la saison n'est pas terminée en septembre, elle entre au contraire dans sa période la plus active.
  • En 2025, la région a enregistré 450 cas autochtones de chikungunya et 16 cas de dengue, sur 35 épisodes de transmission distincts, soit environ 60 % des cas de France métropolitaine selon l'agence régionale de santé.
  • Le geste le plus efficace se fait chez soi : éliminer une fois par semaine toutes les petites réserves d'eau, à commencer par les coupelles sous les pots de plantes.
  • Selon l'agence régionale, bracelets anti-insectes, huiles essentielles, appareils à ultrasons et papiers collants ne sont pas efficaces contre le moustique tigre.
Faire vérifier les réserves d'eau chez un proche

Qu'est-ce qu'un cas autochtone de dengue ?

C'est un cas de dengue contracté en France métropolitaine, sans que la personne ait séjourné dans une zone où le virus circule habituellement. Elle a donc été piquée sur place par un moustique tigre local, lui-même contaminé après avoir piqué un voyageur revenu malade.

C'est ce mécanisme qui explique la vigilance des autorités : chaque cas importé peut, s'il n'est pas repéré à temps, déclencher une chaîne de transmission locale. Le 25 août 2026, l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé le premier cas autochtone de dengue de l'année dans la région.

On associe volontiers le moustique tigre à l'agacement de l'été, aux soirées gâchées et aux piqûres sur les chevilles. C'est aujourd'hui un sujet de santé publique, et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur est en première ligne : elle concentre à elle seule une large majorité des transmissions locales enregistrées en France métropolitaine.

La bonne nouvelle, c'est que l'essentiel de la prévention se joue chez soi, sur un balcon ou dans un jardin, avec des gestes simples qui prennent dix minutes par semaine. Encore faut-il savoir lesquels sont réellement efficaces, car beaucoup de solutions vendues en grande surface ne le sont pas.

Pourquoi le mois de septembre est-il une période à risque ?

C'est le contresens le plus répandu. Beaucoup de personnes baissent la garde dès la rentrée, en considérant que la saison du moustique s'achève avec les vacances. C'est faux.

Santé publique France a précisé, dans son communiqué du 6 mai 2026, que la surveillance renforcée des maladies transmises par le moustique tigre court du 1er mai au 30 novembre. Pour le virus West Nile, transmis par un autre moustique, la période s'étend du 1er juin au 30 novembre. L'agence régionale de santé indiquait par ailleurs que les cas survenus en région Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2025 s'étaient échelonnés de début juin à début novembre.

Autrement dit, septembre et octobre sont pleinement dans la saison, et souvent dans sa partie la plus active : les moustiques adultes sont nombreux, les températures restent favorables, et les voyageurs rentrés de zones tropicales ont pu introduire le virus. Le tour du jardin ne doit donc pas s'arrêter au 1er septembre.

Où le moustique tigre se reproduit-il chez vous ?

La réponse tient en une phrase : dans très peu d'eau, très près de chez vous. Le moustique tigre se déplace peu, souvent quelques dizaines de mètres autour de son lieu de naissance. Si vous êtes piqué chez vous, il est né chez vous ou chez votre voisin immédiat.

Les recommandations diffusées par l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur sont précises et faciles à retenir. Il faut éliminer les petites réserves d'eau une fois par semaine, en commençant par les coupelles des plantes. Il faut bâcher hermétiquement ou recouvrir d'une moustiquaire les réserves d'eau, fûts, bidons et récupérateurs d'eau de pluie. Il faut ranger à l'abri de la pluie tout ce qui peut contenir de l'eau : seaux, arrosoirs, jouets d'enfants. Il faut enfin ramasser les déchets verts et nettoyer les gouttières.

Le rythme hebdomadaire n'est pas arbitraire. Il correspond au temps nécessaire pour qu'une larve devienne un moustique adulte. Vider une coupelle tous les quinze jours ne sert donc à rien : la génération est déjà passée. Une fois par semaine, systématiquement, change tout.

Que faire en cas de fièvre après une piqûre ?

L'agence régionale de santé invite à consulter en cas de forte fièvre, de douleurs articulaires ou musculaires, de fatigue, de maux de tête ou d'éruption cutanée, en particulier au retour d'un séjour en zone touchée, mais aussi, désormais, sans voyage récent.

Une précaution s'impose ici, et elle est importante : ne prenez aucun médicament de votre propre initiative contre la fièvre ou la douleur en cas de suspicion de dengue. Ce choix relève d'un avis médical, et c'est votre médecin ou votre pharmacien qui vous dira ce que vous pouvez prendre. Appelez votre médecin, décrivez les symptômes, et mentionnez tous les traitements en cours, en particulier les traitements du coeur et les anticoagulants. Cette consultation doit être rapide : les tests biologiques disponibles dépendent du délai écoulé depuis le début des symptômes.

Un dernier point, souvent ignoré, et pourtant décisif pour le voisinage. Une personne malade peut transmettre le virus aux moustiques qui la piquent, et donc alimenter une chaîne de transmission locale. L'agence régionale de santé recommande de limiter ses déplacements pendant les sept jours suivant le début des symptômes et de se protéger soigneusement des piqûres durant cette période. Ce n'est pas se protéger soi-même, c'est protéger les autres.

Que se passe-t-il quand un cas est confirmé ?

Tout cas confirmé de dengue, de chikungunya ou de Zika, importé ou autochtone, doit être signalé à l'agence régionale de santé. Une intervention est alors organisée autour des lieux fréquentés par la personne malade.

Dans le cas marseillais annoncé le 25 août 2026, l'agence indique que l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen est intervenue par des opérations de démoustication, sur la voirie publique comme dans les jardins privés situés autour des lieux d'exposition. Des enquêtes en porte-à-porte ont également été menées pour rechercher d'éventuels cas secondaires, informer les riverains et recenser les réserves d'eau.

Si des agents se présentent chez vous dans ce cadre, la démarche est légitime et il est utile de leur ouvrir. Ils cherchent les gîtes larvaires que personne ne voit plus à force de les côtoyer : la soucoupe derrière le garage, le seau oublié sous l'escalier, le regard bouché au fond du jardin.

Le chiffre clé

450 cas

C'est le nombre de cas autochtones de chikungunya enregistrés en région Provence-Alpes-Côte d'Azur en 2025, auxquels s'ajoutent 16 cas de dengue, répartis sur 35 épisodes de transmission distincts. Selon l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur, cela représente environ 60 % des cas autochtones recensés en France métropolitaine cette année-là. Aucune autre région n'en concentre autant.

Les gîtes à moustiques chez vous et le geste qui les supprime
Où l'eau stagneLe geste à faireÀ quelle fréquencePourquoi c'est efficace
Coupelles sous les pots de fleurs, vases, cache-potsVider complètement, essuyer le fond, ou remplir de sableUne fois par semaineC'est le gîte le plus fréquent et le plus productif d'un balcon
Récupérateurs d'eau de pluie, fûts, bidons, citernesBâcher hermétiquement ou recouvrir d'une moustiquaire fineEn permanence, à vérifier chaque semaineUne réserve non couverte peut produire des centaines de moustiques
Seaux, arrosoirs, brouettes, jouets d'extérieurRanger à l'abri de la pluie, ou retourner à l'enversEn permanenceQuelques centimètres d'eau suffisent au développement des larves
Gouttières, chéneaux, regards et avaloirsNettoyer et dégager les feuilles pour rétablir l'écoulementAvant et pendant la saison de surveillanceL'eau retenue par un bouchon de feuilles reste invisible depuis le sol
Déchets verts, tailles, encombrants du jardinRamasser et évacuer plutôt que d'entasserUne fois par semaineLes creux et les bâches des tas retiennent l'eau de pluie et d'arrosage

Les erreurs à éviter

  • Compter sur les bracelets, les huiles essentielles, les appareils à ultrasons ou les papiers collants. L'agence régionale de santé indique explicitement que ces dispositifs ne sont pas efficaces contre le moustique tigre. Concentrez vos efforts sur la suppression des gîtes et sur les répulsifs cutanés.
  • Baisser la garde en septembre. La surveillance court jusqu'au 30 novembre et les cas régionaux de 2025 se sont étalés jusqu'au début du mois de novembre. Le tour hebdomadaire du jardin doit continuer à l'automne.
  • Ne traiter que l'intérieur du logement. Le moustique tigre naît dehors, à quelques mètres, dans une coupelle ou un seau. Un insecticide d'intérieur ne change rien à la source.
  • Prendre un médicament contre la fièvre de sa propre initiative. Le traitement d'une fièvre dans ce contexte relève d'un avis médical. Appelez votre médecin ou votre pharmacien, et signalez vos traitements en cours.
  • Oublier les personnes qui ne peuvent pas se protéger seules. Une personne alitée ou peu mobile ne peut ni chasser un moustique ni fermer une fenêtre : la moustiquaire de lit est, pour elle, la protection la plus utile.

Votre tour du jardin, dix minutes par semaine

  • Videz toutes les coupelles de plantes, sur le balcon, la terrasse et le rebord des fenêtres, sans en oublier une seule.
  • Vérifiez que les réserves d'eau sont bâchées hermétiquement ou couvertes d'une moustiquaire, y compris le récupérateur d'eau de pluie.
  • Retournez ou rangez à l'abri seaux, arrosoirs et objets creux laissés dehors.
  • Dégagez les gouttières et les regards, et ramassez les déchets verts.
  • Installez une moustiquaire de lit si un proche est alité ou peu mobile, et pensez au ventilateur : le courant d'air gêne le vol du moustique.
  • Appliquez un répulsif cutané adapté le matin et en fin de journée, en demandant à votre pharmacien lequel convient à la personne concernée, portez des vêtements amples et couvrants, et consultez rapidement en cas de fièvre inexpliquée.

Ce qui change en région PACA

La région est le principal territoire de transmission locale en France métropolitaine. Selon l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur, plus de 97 % de la population régionale vit désormais en zone de contact avec le moustique tigre. Autrement dit, la question ne se pose plus seulement sur le littoral ou dans les grandes villes : elle se pose à peu près partout, y compris dans l'arrière-pays.

Le contexte national aide à situer l'enjeu. Santé publique France indiquait, au 1er janvier 2026, qu'Aedes albopictus, le moustique tigre, avait colonisé 83 des 96 départements de France métropolitaine. Dans son bulletin du 19 août 2026, l'agence recensait, depuis le 1er mai, 308 cas importés de dengue et 110 cas importés de chikungunya sur le territoire hexagonal : autant de portes d'entrée potentielles pour une transmission locale.

Sur le terrain, la surveillance et les interventions sont assurées par l'Entente interdépartementale pour la démoustication du littoral méditerranéen pour le compte de l'agence régionale de santé. Le signalement des cas confirmés est obligatoire, et c'est lui qui déclenche les opérations décrites plus haut.

Cas vécu : Simone, 84 ans, à Vitrolles

Simone vit dans une maison de plain-pied avec un petit jardin dont elle ne s'occupe plus depuis sa fracture du poignet. Elle se plaint depuis juillet d'être « dévorée » dès qu'elle sort s'asseoir dehors, et elle a renoncé à sa terrasse, ce qui l'isole un peu plus chaque semaine.

Lors d'une intervention de jardinage, notre intervenant a fait le tour du terrain avec elle. Résultat : sept coupelles pleines sous les pots, un arrosoir resté debout depuis le printemps, une bâche de salon de jardin qui formait une poche d'eau, et une gouttière obstruée par les aiguilles de pin. Tout a été vidé, retourné ou dégagé en une heure. Le passage hebdomadaire inclut désormais ce tour de vérification. Trois semaines plus tard, Simone est ressortie s'asseoir dehors.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Faire le tour du jardin quand se baisser est devenu difficile

Il y a une injustice discrète dans cette affaire. Les gestes de prévention sont simples, mais ils supposent de se baisser, de porter, de monter sur un escabeau, de faire le tour d'un terrain. Autant d'actions devenues difficiles ou risquées pour une personne âgée ou en situation de handicap, qui est précisément celle qui passe le plus de temps chez elle et qui se protège le moins bien des piqûres.

Nos prestations de jardinage et de petit bricolage couvrent exactement ce terrain : vider et nettoyer les coupelles, ranger et retourner les contenants, dégager une gouttière, évacuer les déchets verts, installer une moustiquaire à une fenêtre ou au-dessus d'un lit. Ce sont des interventions courtes, régulières, et elles ouvrent droit au crédit d'impôt de 50 % prévu pour les services à la personne.

Nos intervenantes et intervenants, salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne, sont également des observateurs utiles. Une personne qui ne sort plus sur sa terrasse, qui garde ses volets fermés en pleine journée ou qui présente une fièvre inexpliquée : ce sont des signaux que l'on ne repère qu'en venant régulièrement. Dans ce cas, l'agence alerte la famille et oriente vers le médecin traitant. Notre service de téléassistance, disponible 24 heures sur 24, complète ce dispositif pour les personnes qui vivent seules.

FAQ - Moustique tigre et dengue en PACA

Un cas de dengue à Marseille signifie-t-il qu'il y a une épidémie ?

Non. L'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a annoncé le 25 août 2026 la détection d'un premier cas autochtone de dengue dans la région, c'est-à-dire d'une personne contaminée sur le territoire national sans avoir séjourné en zone de circulation du virus. Un cas isolé n'est pas une épidémie, et c'est précisément pour éviter qu'une chaîne de transmission s'installe que des opérations de démoustication et des enquêtes en porte-à-porte sont déclenchées autour des lieux fréquentés par la personne malade. Le signalement des cas confirmés à l'agence régionale de santé est obligatoire.

Jusqu'à quand faut-il se protéger du moustique tigre ?

La période de surveillance renforcée court du 1er mai au 30 novembre selon Santé publique France, et la vigilance doit donc être maintenue pendant tout l'automne. En région Provence-Alpes-Côte d'Azur, les cas autochtones enregistrés en 2025 se sont échelonnés de début juin à début novembre. Septembre et octobre ne sont pas des mois de répit : les moustiques adultes sont nombreux, les températures restent favorables et les retours de voyage peuvent introduire le virus. Poursuivez le tour hebdomadaire de suppression des réserves d'eau au moins jusqu'à la fin novembre.

Quels dispositifs anti-moustiques sont réellement efficaces ?

L'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur indique que les bracelets anti-insectes, les huiles essentielles, les appareils à ultrasons et les papiers collants ne sont pas efficaces contre le moustique tigre. Ce qui fonctionne est plus simple : supprimer chaque semaine toutes les réserves d'eau où le moustique pond, appliquer un répulsif cutané le matin et en fin de journée, porter des vêtements amples et couvrants, installer des moustiquaires aux ouvertures et au-dessus du lit des personnes alitées. L'agence signale également l'intérêt du ventilateur, dont le courant d'air gêne le vol du moustique.

Quels symptômes doivent alerter et que faire ?

L'agence régionale de santé invite à consulter en cas de forte fièvre, de douleurs articulaires ou musculaires, de fatigue, de maux de tête ou d'éruption cutanée. Consultez rapidement : les examens biologiques disponibles dépendent du nombre de jours écoulés depuis l'apparition des symptômes. Ne prenez aucun médicament contre la fièvre ou la douleur de votre propre initiative : ce choix relève d'un avis médical. Demandez à votre médecin ou à votre pharmacien, et signalez l'ensemble de vos traitements en cours. Enfin, limitez vos déplacements pendant les sept jours suivant le début des symptômes.

Pourquoi limiter ses déplacements quand on est malade ?

Parce qu'une personne malade est contagieuse pour les moustiques, et non pour son entourage direct. Un moustique tigre qui pique une personne infectée peut ensuite transmettre le virus à d'autres habitants du quartier, et c'est ainsi que naît un foyer de transmission locale. L'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur recommande donc de limiter ses déplacements pendant les sept jours qui suivent le début des symptômes et de se protéger soigneusement des piqûres durant cette période, par des répulsifs, des vêtements couvrants et une moustiquaire. C'est une mesure de protection collective.

Que se passe-t-il si des agents se présentent à mon domicile ?

Autour d'un cas confirmé, des équipes mandatées par l'agence régionale de santé passent en porte-à-porte. Elles ne viennent ni contrôler ni verbaliser : elles recherchent d'éventuels cas secondaires, informent les riverains et recensent les réserves d'eau. Vous pouvez leur ouvrir, mais demandez toujours à voir un justificatif d'identité et de mission, comme pour toute personne qui se présente à votre domicile. Si vous accompagnez une personne âgée qui vit seule, prévenez-la de ce passage possible et convenez avec elle de ce qu'elle fait en cas de doute : ne pas ouvrir et vous appeler reste toujours la bonne réponse.

Sources

  • Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur, un premier cas de dengue détecté en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 25 août 2026 - paca.ars.sante.fr
  • Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur, en 2026, mobilisation renforcée contre le moustique tigre, 7 mai 2026 - paca.ars.sante.fr
  • Santé publique France, communiqué relatif à la surveillance des arboviroses, 6 mai 2026 - santepubliquefrance.fr
  • Santé publique France, bulletin de la surveillance renforcée des arboviroses, 19 août 2026 - santepubliquefrance.fr
  • Santé publique France, données de surveillance du chikungunya, de la dengue et du Zika - santepubliquefrance.fr

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille. Le réseau compte 33 agences réparties dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Nos intervenantes et intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne continue. AIDADOMI est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Cet article reprend les recommandations publiées par l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur et par Santé publique France. Il ne constitue pas un avis médical. En cas de fièvre, de douleurs articulaires ou de tout symptôme inhabituel, consultez rapidement un médecin et ne prenez aucun traitement sans avis médical. AIDADOMI réalise des prestations de jardinage et de petit bricolage relevant des services à la personne, et n'exerce aucune activité de lutte antivectorielle ni de traitement biocide, qui relèvent des opérateurs mandatés par les autorités sanitaires.

Une femme est assise chez elle, les yeux rivés sur son téléphone, l'air agacé, la bouche grande ouverte comme si elle criait et une main levée en signe d'exaspération — peut-être vient-elle de recevoir un nouvel appel indésirable, ignorant que le démarchage en matière d'adaptation du logement est interdit, ou se demandant si elle devrait signaler un appel abusif à SignalConso.

Démarchage téléphonique interdit depuis le 11 août 2026

Une femme est assise chez elle, les yeux rivés sur son téléphone, l'air agacé, la bouche grande ouverte comme si elle criait et une main levée en signe d'exaspération — peut-être vient-elle de recevoir un nouvel appel indésirable, ignorant que le démarchage en matière d'adaptation du logement est interdit, ou se demandant si elle devrait signaler un appel abusif à SignalConso.

Démarchage téléphonique interdit depuis le 11 août 2026

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis le 11 août 2026, un professionnel n'a plus le droit de vous appeler pour vous vendre quelque chose si vous n'avez pas donné votre accord au préalable.
  • Le service Bloctel a cessé de fonctionner le même jour : il n'y a plus de liste sur laquelle s'inscrire, la protection est désormais automatique.
  • Trois sujets sont totalement interdits au téléphone, même si vous avez donné votre accord : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie et le compte personnel de formation.
  • Un contrat signé à la suite d'un appel non conforme est nul, et l'amende peut atteindre 375 000 € pour une entreprise.
  • Les appels autorisés sont limités à 4 par période de 30 jours, du lundi au vendredi, de 10h à 13h et de 14h à 20h.

Qu'est-ce que la nouvelle interdiction du démarchage téléphonique ?

Depuis le 11 août 2026, la prospection commerciale par téléphone est interdite par défaut en France : un professionnel ne peut vous appeler pour vous vendre un bien ou un service que si vous avez donné votre consentement au préalable, ou si vous êtes déjà son client et que l'appel porte sur votre contrat en cours. La règle est posée par l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 et précisée par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026. Elle inverse complètement la logique qui prévalait jusque-là : ce n'est plus à vous de vous protéger, c'est à l'entreprise de prouver que vous avez dit oui.

Pourquoi la loi a-t-elle changé le 11 août 2026 ?

Pendant des années, la protection contre le démarchage téléphonique reposait sur une liste d'opposition, Bloctel, sur laquelle chacun devait penser à s'inscrire, puis se réinscrire. Le système reposait donc sur une démarche du consommateur, et il laissait passer beaucoup d'appels : les entreprises qui ne consultaient pas la liste, celles qui appelaient depuis l'étranger, celles qui se présentaient comme un organisme officiel. Et les appels se concentraient sur les personnes joignables en journée sur une ligne fixe, ce qui exposait particulièrement les retraités.

Le législateur a donc inversé la charge. Depuis le 11 août 2026, le principe est l'interdiction et l'exception est le consentement. Vous n'avez plus rien à faire pour être protégé : votre numéro est protégé par la loi, pas par une inscription. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a publié le 5 août 2026 une communication rappelant que Bloctel cessait de fonctionner à cette date et qu'aucune réinscription n'était nécessaire.

Ce point mérite d'être dit clairement à vos proches âgés : si quelqu'un vous appelle pour vous proposer de vous réinscrire sur Bloctel, ou pour vous faire payer une inscription, il s'agit d'une tentative d'escroquerie. Le service n'existe plus et n'a jamais été payant.

Qu'est-ce qu'un consentement valable, et comment le retirer ?

Le décret du 23 juillet 2026 encadre précisément ce que vaut un accord. Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Concrètement, une case déjà cochée au bas d'un formulaire ne suffit pas, un accord donné pour un sujet ne vaut pas pour un autre, et une formule générale du type « acceptation des offres de nos partenaires » ne constitue pas un consentement valable.

Sa durée est plafonnée à un an, sans reconduction tacite possible. Autrement dit, l'accord que vous auriez donné en remplissant un jeu-concours ou un formulaire en ligne s'éteint de lui-même au bout de douze mois. Vous pouvez par ailleurs le retirer à tout moment, y compris oralement, pendant l'appel. Une phrase suffit : « je retire mon consentement, ne me rappelez pas ». L'entreprise doit en tenir compte immédiatement.

Le professionnel, de son côté, doit pouvoir prouver ce consentement et conserver cette preuve pendant trois ans. C'est un point important en cas de litige : ce n'est pas à vous de démontrer que vous n'avez jamais dit oui, c'est à l'entreprise de démontrer que vous l'avez dit.

Quels appels restent autorisés, et à quelles heures ?

Deux situations autorisent encore un appel commercial. La première est le consentement préalable décrit plus haut. La seconde est la relation contractuelle en cours : votre fournisseur d'énergie, votre assureur ou votre opérateur peut vous appeler au sujet du contrat que vous avez déjà avec lui, à condition que l'offre présentée soit en rapport direct avec l'objet de ce contrat. Un assureur habitation qui vous appelle pour votre contrat habitation reste dans le cadre autorisé ; le même assureur qui vous appelle pour vous vendre des panneaux solaires n'y est plus.

Quand l'appel est autorisé, il doit respecter un cadre horaire strict : du lundi au vendredi, hors jours fériés, de 10h à 13h et de 14h à 20h. Les appels du samedi, du dimanche et des jours fériés sont interdits, sauf si vous avez expressément accepté d'être appelé sur ces créneaux. Le volume est lui aussi plafonné : quatre appels au maximum par période de 30 jours, pour un même professionnel.

La vente d'abonnements à la presse écrite reste en dehors de ce dispositif, comme c'était déjà le cas auparavant.

Pourquoi trois secteurs sont-ils interdits même avec votre accord ?

C'est la disposition qui concerne le plus directement les personnes âgées et leurs aidants. Trois domaines font l'objet d'une interdiction totale de démarchage, quel que soit le canal utilisé et y compris lorsque la personne a donné son consentement : la rénovation énergétique, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie et le compte personnel de formation.

Ce n'est pas un hasard. Ces trois terrains concentrent depuis des années les pratiques les plus agressives, parce qu'ils mobilisent des aides publiques et des sommes importantes : une salle de bains adaptée, une douche de plain-pied, un monte-escalier, une pompe à chaleur. Le discours commercial y est toujours le même : un interlocuteur qui affirme appeler de la part d'un organisme public, une aide qui expirerait dans quelques jours, un technicien qui pourrait passer dès demain.

Retenez donc une règle simple, valable en toutes circonstances depuis le 11 août 2026 : aucun appel non sollicité portant sur l'aménagement de votre logement pour bien vieillir chez vous n'est légal. Ni de la part d'une entreprise, ni au nom d'un dispositif public. Vous pouvez raccrocher sans hésiter et sans vous justifier.

Et le démarchage à domicile, qui n'a pas changé ?

La nouvelle loi porte sur le téléphone. Le démarchage à domicile, lui, reste autorisé, et il est probable que les entreprises les plus insistantes s'y reportent en partie. Il obéit à des règles anciennes mais solides, qu'il vaut la peine de rappeler à un proche âgé, parce qu'elles offrent une protection réelle à condition d'être connues.

Premier point : tout contrat conclu au domicile du consommateur est un contrat dit hors établissement, et il ouvre un délai de rétractation de quatorze jours à compter de la signature, sans avoir à se justifier ni à payer de pénalité. Le professionnel doit remettre un exemplaire du contrat comportant un formulaire de rétractation détachable. Un vendeur qui affirme qu'il n'y a pas de rétractation possible dit une contrevérité.

Deuxième point, moins connu et souvent décisif : le professionnel ne peut recevoir aucun paiement ni aucune contrepartie avant l'expiration d'un délai de sept jours suivant la conclusion du contrat hors établissement. Ni chèque encaissé, ni empreinte de carte bancaire, ni acompte en espèces. Quelques exceptions limitées existent, notamment pour les abonnements à la presse, les services à la personne relevant d'un organisme agréé et les travaux de réparation urgents. Hors ces cas, si l'on vous demande de régler tout ou partie de la somme le jour même, c'est un signal d'alarme immédiat.

Troisième point : la personne qui se présente doit pouvoir justifier de son identité et de son entreprise. Vous êtes en droit de ne pas ouvrir, de demander une carte professionnelle, de refuser l'entrée et de proposer un rendez-vous ultérieur en présence d'un proche. Aucune obligation légale n'impose de laisser entrer chez soi une personne qui n'a pas de rendez-vous, quel que soit l'organisme dont elle se réclame.

Un dernier réflexe, valable pour le téléphone comme pour la porte : ne jamais décider seul et sur-le-champ. Les pratiques abusives reposent presque toujours sur l'urgence artificielle. Reporter une décision de quarante-huit heures ne fait jamais perdre une offre légitime.

Le chiffre clé

Selon le rapport d'activité 2025 de la DGCCRF, la plateforme SignalConso a enregistré plus de 460 000 signalements tous motifs confondus sur l'année, soit une hausse d'environ 60 % par rapport à 2023, pour près de 2 millions de signalements cumulés depuis 2020 et plus de 200 millions d'euros d'amendes administratives prononcées. Ce chiffre est utile à connaître pour une raison simple : les contrôles et les sanctions se déclenchent à partir de ces signalements. Prendre deux minutes pour déclarer un appel abusif n'est pas un geste symbolique, c'est ce qui alimente les enquêtes.

Démarchage téléphonique : avant et depuis le 11 août 2026
Ce qui est en jeuJusqu'au 10 août 2026Depuis le 11 août 2026
Principe généralAppels autorisés, sauf opposition du consommateurAppels interdits, sauf consentement préalable ou contrat en cours
Liste d'oppositionInscription volontaire sur Bloctel, à renouvelerBloctel a cessé de fonctionner, aucune inscription n'est nécessaire
Horaires d'appelDu lundi au vendredi, 10h-13h et 14h-20hMêmes créneaux, hors jours fériés, sauf accord exprès pour d'autres horaires
Nombre d'appels4 appels maximum par période de 30 jours4 appels maximum par période de 30 jours, consentement obligatoire en amont
Logement, énergie, formationDémarchage encadréInterdiction totale, même avec le consentement de la personne
Sort du contrat signéRétractation de 14 jours à faire valoirContrat nul, sans avoir à invoquer de délai de rétractation

Que faire quand un appel ne respecte pas la règle ?

La première conséquence est juridique et elle est puissante : le contrat conclu à la suite d'un appel non conforme est nul. Nul signifie qu'il est réputé n'avoir jamais existé. Si un proche a signé un devis ou accepté une commande à la suite d'un appel interdit, vous pouvez demander l'annulation et le remboursement des sommes versées, par lettre recommandée, sans avoir à invoquer un délai de rétractation.

La deuxième démarche est le signalement. Il se fait sur la plateforme publique SignalConso, gérée par la DGCCRF, ou par téléphone au 0 809 540 550. Notez le numéro appelant, la date, l'heure, le nom de la société annoncée et l'objet de l'appel : ces éléments suffisent. Le signalement ne déclenche pas une procédure individuelle, mais il alimente le ciblage des contrôles.

Enfin, lorsque la personne démarchée est vulnérable et que le vendeur a profité de cette situation, le droit pénal s'applique. L'abus de faiblesse est un délit, et la loi du 30 juin 2025 en a renforcé la répression. Une plainte peut être déposée en gendarmerie ou au commissariat, et il est utile de rassembler au préalable les factures, les relances et les éventuels prélèvements.

Les erreurs à éviter

  • Se réinscrire sur Bloctel. Le service n'existe plus depuis le 11 août 2026. Toute proposition d'inscription, gratuite ou payante, doit être considérée comme suspecte. La bonne réaction : raccrocher et signaler.
  • Croire qu'un organisme public peut vous démarcher. Ni l'Assurance retraite, ni la caisse d'assurance maladie, ni l'Agence nationale de l'habitat ne vendent de travaux par téléphone. La bonne réaction : rappeler l'organisme sur son numéro officiel.
  • Donner son accord pour avoir la paix. Dire oui pour écourter la conversation ouvre un consentement d'un an. La bonne réaction : dire clairement que vous refusez et que vous retirez tout accord antérieur.
  • Signer avant de faire lire le document. Un devis d'aménagement se relit à tête reposée. La bonne réaction : ne rien signer le jour même et faire relire par un proche ou par un point d'accès au droit.
  • Penser qu'il est trop tard une fois le contrat signé. Un contrat issu d'un appel interdit est nul, quelle que soit la date de signature. La bonne réaction : écrire à l'entreprise en recommandé et signaler la situation.

Ce qu'il faut vérifier avant de dire oui au téléphone

  • L'appel porte-t-il sur la rénovation énergétique, l'adaptation du logement ou la formation ? Dans ce cas, il est interdit : vous pouvez raccrocher.
  • Ai-je déjà un contrat en cours avec cette entreprise, et l'offre est-elle en rapport direct avec ce contrat ?
  • Ai-je donné un accord explicite à cette entreprise il y a moins d'un an, pour ce type de produit précisément ?
  • L'appel a-t-il lieu du lundi au vendredi, hors jour férié, entre 10h et 13h ou entre 14h et 20h ?
  • Ai-je noté le numéro, la date, l'heure et le nom de la société, au cas où je souhaiterais signaler l'appel ?
  • Ai-je prévenu la personne qui m'accompagne au quotidien qu'un démarcheur a insisté, afin qu'elle reste vigilante ?

Ce qui change en région PACA

Où porter le problème une fois l'appel raccroché ? En Provence-Alpes-Côte d'Azur, comme dans le Gard, les signalements déposés sur SignalConso sont instruits par les directions départementales de la protection des populations des Bouches-du-Rhône, du Var, de Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et du Gard, qui déclenchent les contrôles sur le terrain. Pour un accompagnement humain, les espaces France services répartis dans ces cinq départements aident à rédiger un courrier de contestation, et les centres communaux d'action sociale orientent vers les permanences juridiques gratuites. Les associations locales du réseau France Victimes accompagnent les situations d'abus de faiblesse, y compris pour le dépôt de plainte.

Un réflexe utile dans les villages du haut Var et de la Camargue gardoise, où l'isolement rend les personnes âgées plus exposées : signalez à la mairie qu'un démarcheur insiste dans le quartier. Les dispositifs de tranquillité seniors menés avec la gendarmerie s'appuient sur ces remontées pour prévenir les habitants.

Cas vécu : Odile, 79 ans, Aix-en-Provence

Odile vit seule dans un appartement du centre d'Aix-en-Provence. Fin août, elle reçoit trois appels en une semaine : un interlocuteur très aimable lui explique qu'une aide de l'État pour transformer sa baignoire en douche va expirer le mois suivant et qu'un technicien peut passer mesurer la salle de bains dès le lendemain. Sa fille, prévenue par l'intervenante qui vient deux fois par semaine, vérifie la règle : depuis le 11 août 2026, l'adaptation du logement à la perte d'autonomie fait partie des sujets où le démarchage téléphonique est totalement interdit. Aucun devis n'a été signé. Odile a noté le numéro et la date, sa fille a déposé un signalement sur SignalConso, et elles ont repris le projet de douche par la voie normale, avec un rendez-vous dans un espace conseil France Rénov' de leur secteur.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Comment AIDADOMI veille avec vous, au-delà de l'aide quotidienne

Une intervenante qui vient chaque semaine chez la même personne remarque ce qu'un proche éloigné ne peut pas voir : un carton de matériel livré sans explication, un devis posé sur la table, une inquiétude qui revient dans la conversation. Nos équipes sont sensibilisées à ces signaux et savent alerter la famille ou le responsable d'agence, sans jamais se substituer à la décision de la personne accompagnée.

AIDADOMI intervient depuis 33 agences dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, le Gard et les Alpes-de-Haute-Provence, pour l'aide et l'accompagnement des seniors, le ménage et le repassage, l'accompagnement du handicap, la garde d'enfants, le jardinage, le petit bricolage et la téléassistance. Nos intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne, ce qui permet la continuité des visages d'une semaine sur l'autre, condition première de cette vigilance. Une heure d'accompagnement facturée par un organisme de services à la personne ne coûte au final que la moitié de son prix, grâce au crédit d'impôt de 50 %, versé y compris aux foyers non imposables.

Vous vous inquiétez pour un parent très sollicité au téléphone ? Nos conseillers font le point avec vous sur les heures d'accompagnement utiles et établissent un devis gratuit et sans engagement.

Demander un devis gratuit

FAQ - Démarchage téléphonique et seniors

Faut-il encore s'inscrire sur Bloctel en 2026 ?

Non, et c'est le changement le plus important à faire connaître autour de vous. Bloctel a cessé de fonctionner le 11 août 2026, jour d'entrée en vigueur du nouveau régime. La liste d'opposition n'a plus d'objet puisque le démarchage est désormais interdit par défaut : votre numéro est protégé sans aucune formalité de votre part. Si un interlocuteur vous propose de vous inscrire, de vous réinscrire ou de renouveler une inscription, contre paiement ou non, vous avez affaire à une tentative d'escroquerie. Raccrochez, ne communiquez ni coordonnées bancaires ni numéro de sécurité sociale, et signalez l'appel.

Mon assureur ou mon opérateur peut-il encore m'appeler ?

Oui, dans une limite précise. Un professionnel avec lequel vous avez déjà un contrat en cours peut vous joindre au sujet de ce contrat, à condition que l'offre présentée soit en rapport direct avec son objet. Votre assureur habitation peut donc vous parler de votre garantie habitation. En revanche, il ne peut pas profiter de cette relation pour vous proposer un produit sans lien, comme des travaux ou un placement. Dans ce cas, il lui faut votre consentement préalable, et il ne l'obtiendra jamais valablement pour la rénovation énergétique ou l'adaptation du logement, où le démarchage est interdit sans exception.

Combien de temps mon accord reste-t-il valable ?

Un an au maximum, sans reconduction tacite. Passé ce délai, l'entreprise doit vous redemander votre accord si elle souhaite continuer à vous appeler. Le consentement doit en outre être spécifique : il vaut pour le type de biens ou de services que vous avez accepté, pas pour l'ensemble du catalogue ni pour d'éventuels partenaires. Vous pouvez le retirer à tout moment, y compris oralement pendant l'appel, et l'entreprise doit cesser immédiatement de vous solliciter. Elle est tenue de conserver la preuve de votre accord pendant trois ans, ce qui vous évite d'avoir à prouver quoi que ce soit en cas de contestation.

J'ai signé un devis après un appel : puis-je revenir en arrière ?

Oui. Depuis le 11 août 2026, un contrat conclu à la suite d'un appel qui ne respecte pas les nouvelles règles est nul, ce qui veut dire qu'il est considéré comme n'ayant jamais existé. Vous n'avez donc pas besoin d'invoquer le délai de rétractation de quatorze jours. Adressez à l'entreprise une lettre recommandée avec accusé de réception demandant l'annulation du contrat et le remboursement des sommes versées, en rappelant la date et l'heure de l'appel. Conservez une copie, déposez un signalement, et si un crédit a été souscrit pour financer les travaux, prévenez sans attendre l'organisme prêteur.

Où signaler un appel abusif reçu par un parent âgé ?

Le signalement se dépose sur SignalConso, la plateforme publique de la DGCCRF, ou par téléphone au 0 809 540 550. Vous pouvez le faire à la place de votre parent dès lors que vous disposez des éléments utiles : le numéro appelant, la date et l'heure, le nom de la société annoncée et l'objet de l'appel. Le signalement n'ouvre pas une procédure individuelle mais oriente les contrôles des services de l'État. Si la personne a versé de l'argent ou signé un engagement alors qu'elle était vulnérable, ajoutez une plainte pour abus de faiblesse en gendarmerie ou au commissariat.

Que risque une entreprise qui ne respecte pas la règle ?

Elle encourt une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € s'il s'agit d'une personne physique et 375 000 € s'il s'agit d'une personne morale. S'y ajoutent la nullité des contrats conclus et, lorsque le vendeur a exploité la vulnérabilité d'une personne âgée ou malade, une qualification pénale d'abus de faiblesse, dont la loi du 30 juin 2025 a renforcé la répression. L'entreprise doit également être en mesure de produire la preuve du consentement pendant trois ans, faute de quoi elle est en infraction même si elle affirme avoir obtenu un accord.

Sources

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui intervient depuis 33 agences dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, le Gard et les Alpes-de-Haute-Provence. Ses intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne, et l'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale. Ses équipes accompagnent chaque jour des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des familles à leur domicile.

Cet article a une vocation d'information générale sur le droit de la consommation. Il ne constitue pas une consultation juridique. En cas de litige après un démarchage, rapprochez-vous de la DGCCRF, d'un point d'accès au droit, d'une association de consommateurs agréée ou d'un avocat.

Quatre adultes se tiennent devant des portes colorées, chacune indiquant une tranche d’âge : 18-25 ans (homme, à gauche), 45-50 ans (femme, au centre gauche), 60-65 ans (homme, au centre droit) et 70-75 ans (femme, à droite). Cette scène pleine de vie met en avant l'importance d'un plan de prévention personnalisé à chaque étape de la vie — du début de l'âge adulte jusqu'au bilan de prévention à 70 ans —, soulignant ainsi que « mon bilan de prévention » est essentiel pour tout le monde.

Mon bilan prévention après 60 ans : ce qui change au 1er octobre 2026

Quatre adultes se tiennent devant des portes colorées, chacune indiquant une tranche d’âge : 18-25 ans (homme, à gauche), 45-50 ans (femme, au centre gauche), 60-65 ans (homme, au centre droit) et 70-75 ans (femme, à droite). Cette scène pleine de vie met en avant l'importance d'un plan de prévention personnalisé à chaque étape de la vie — du début de l'âge adulte jusqu'au bilan de prévention à 70 ans —, soulignant ainsi que « mon bilan de prévention » est essentiel pour tout le monde.

Mon bilan prévention après 60 ans : ce qui change au 1er octobre 2026

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • L'arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel du 2 août 2026, remplace celui du 28 mai 2024 à compter du 1er octobre 2026 et ajoute les masseurs-kinésithérapeutes aux professionnels habilités à réaliser un entretien de prévention.
  • Quatre tranches d'âge sont concernées : 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans, chacune ouvrant droit à un seul entretien, quel que soit le professionnel qui le réalise.
  • Le tarif est fixé à 30 € en métropole et 31,50 € outre-mer, sans dépassement d'honoraires possible ; l'Assurance Maladie indique une prise en charge à 100 % et aucun frais à avancer.
  • L'entretien peut se dérouler au domicile : l'arrêté prévoit expressément que des frais de déplacement sont alors facturables dans les conditions prévues par les conventions nationales.
  • Il débouche sur un plan personnalisé de prévention remis à la personne, versé à son dossier médical partagé et transmis à son médecin traitant par messagerie sécurisée, sauf opposition de sa part.
Préparer le rendez-vous avec AIDADOMI

Qu'est-ce que « Mon bilan prévention » ?

« Mon bilan prévention » est un entretien de prévention proposé à quatre âges de la vie - entre 18 et 25 ans, entre 45 et 50 ans, entre 60 et 65 ans et entre 70 et 75 ans - et pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie, sans avance de frais. Il débouche sur un plan personnalisé de prévention remis à la personne. Un arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel du 2 août 2026 et applicable au 1er octobre 2026, en refixe les règles et ajoute les masseurs-kinésithérapeutes à la liste des professionnels habilités à le réaliser.

Si vous accompagnez un parent de 70 à 75 ans, cet entretien est probablement le rendez-vous de santé le plus utile et le moins utilisé du calendrier. Il ne s'agit ni d'un examen médical, ni d'un bilan sanguin : c'est un temps d'échange de trente à quarante-cinq minutes consacré à ce qui, dans la vie quotidienne, entretient ou fragilise l'autonomie.

Le dispositif existe depuis 2024. Ce qui est nouveau, c'est le cadre : l'arrêté du 28 juillet 2026 abroge celui du 28 mai 2024 et le remplace à compter du 1er octobre 2026. Nous détaillons ci-dessous ce qui bouge réellement - et ce qui ne bouge pas, car plusieurs publications ont laissé croire à une refonte plus large qu'elle ne l'est.

Que change précisément l'arrêté du 28 juillet 2026 ?

Un seul changement de fond, mais il compte : l'article 4 du nouvel arrêté dispose que « les médecins, les sages-femmes, les infirmiers, les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser les entretiens de prévention ». Les masseurs-kinésithérapeutes rejoignent donc les quatre professions déjà habilitées.

Pour une personne âgée suivie à domicile, ce n'est pas un détail administratif. Le kinésithérapeute est souvent le professionnel de santé qui se déplace le plus régulièrement au domicile, parfois deux ou trois fois par semaine, et qui observe de près la marche, l'équilibre, la fatigue et l'aménagement du logement. Lui ouvrir la possibilité de conduire l'entretien de prévention, c'est permettre que ce bilan ait lieu là où la personne vit, avec quelqu'un qui la connaît déjà.

Le reste du cadre est reconduit à l'identique. Nous avons comparé les deux arrêtés article par article : les quatre tranches d'âge, le tarif, la règle du déplacement à domicile et le principe d'un entretien unique par tranche d'âge sont repris sans modification.

Qui peut en bénéficier, et à quel âge ?

L'article 3 de l'arrêté énumère les quatre tranches : entre 18 et 25 ans inclus, entre 45 et 50 ans inclus, entre 60 et 65 ans inclus, et entre 70 et 75 ans inclus.

Deux de ces fenêtres concernent directement les seniors, et elles se referment. Une personne née en 1955 qui n'a pas utilisé sa fenêtre 60-65 ans peut encore bénéficier de celle des 70-75 ans, mais la première est définitivement passée. L'arrêté précise en effet que l'entretien « ne peut être facturé qu'une fois par individu et par tranche d'âge, quel que soit le professionnel effecteur » : on ne rattrape pas une tranche manquée, et l'on ne cumule pas deux entretiens dans la même tranche en changeant de professionnel.

Le bilan peut-il être réalisé à domicile ?

Oui, et c'est le point que presque personne ne relève. L'article 5 de l'arrêté prévoit que « dans le cas où l'entretien de prévention est réalisé à domicile, des frais de déplacement sont facturables dans les conditions prévues par les conventions nationales ».

Autrement dit, le déplacement au domicile est explicitement envisagé par le texte. Pour une personne qui se déplace difficilement, qui ne conduit plus, ou pour laquelle un rendez-vous en cabinet suppose de mobiliser un proche une demi-journée, cette possibilité change tout.

Une réserve, que nous préférons énoncer clairement : l'arrêté fixe l'exonération pour le tarif de l'entretien lui-même. Il ne précise pas si les frais de déplacement facturés en sus sont, eux aussi, intégralement pris en charge. Nous n'avons pas trouvé de réponse explicite sur ce point dans les documents officiels consultés le 21 août 2026. Posez la question au professionnel lors de la prise de rendez-vous : c'est la seule façon d'être sûr.

Le chiffre clé

30 €

C'est le montant du tarif de l'entretien de prévention en métropole, porté à 31,50 € dans les départements et régions d'outre-mer. Ce tarif rémunère le professionnel et ne peut faire l'objet d'aucun dépassement d'honoraires. Côté patient, l'Assurance Maladie indique que « Mon bilan prévention est pris en charge à 100 % » et qu'il n'y a « aucun frais à avancer ».

Sources : arrêté du 28 juillet 2026, article 5, publié au Journal officiel du 2 août 2026 ; ameli.fr, pages « Mon bilan prévention entre 60 et 65 ans » et « entre 70 et 75 ans », mises à jour le 28 septembre 2025.
Arrêté du 28 mai 2024 et arrêté du 28 juillet 2026 : ce qui bouge et ce qui reste
Point de règle Arrêté du 28 mai 2024 Arrêté du 28 juillet 2026, applicable au 1er octobre 2026
Professionnels habilités Médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens Médecins, sages-femmes, infirmiers, pharmaciens et masseurs-kinésithérapeutes
Tranches d'âge 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans inclus Inchangées : 18-25, 45-50, 60-65 et 70-75 ans inclus
Tarif de l'entretien 30 € en métropole, 31,50 € dans les DROM, sans dépassement Inchangé : 30 € en métropole, 31,50 € dans les DROM, sans dépassement
Entretien réalisé à domicile Frais de déplacement facturables selon les conventions nationales Inchangé : frais de déplacement facturables selon les conventions nationales
Nombre d'entretiens Un seul par personne et par tranche d'âge Inchangé, et précisé : un seul, quel que soit le professionnel effecteur
Plan personnalisé de prévention Établi pendant l'entretien et remis à la personne Inchangé, avec versement au dossier médical partagé valant remise et transmission au médecin traitant par messagerie sécurisée

Lecture : la seule évolution de fond entre les deux textes est l'ajout des masseurs-kinésithérapeutes. Comparaison établie article par article entre l'arrêté du 28 mai 2024 et l'arrêté du 28 juillet 2026, publié au Journal officiel n° 0179 du 2 août 2026 et entrant en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant sa parution.

Que se passe-t-il pendant l'entretien ?

L'article 2 de l'arrêté reste volontairement souple : les rendez-vous de prévention prévus à l'article L. 1411-6-2 du code de la santé publique « donnent lieu à des entretiens de prévention, dont le contenu est adapté aux besoins des individus ». Il n'existe donc pas de questionnaire imposé, ce qui laisse la place à un vrai dialogue.

Ce que le texte impose, en revanche, c'est le livrable. Le plan personnalisé de prévention « est établi par le professionnel de santé en lien avec l'individu pendant l'entretien » puis « remis à l'individu à l'issue de l'entretien ». Le versement au dossier médical partagé, après information préalable et sauf opposition, vaut remise. Le plan est également transmis au médecin traitant par messagerie sécurisée, sauf opposition de la personne.

Ce triple circuit - la personne, son dossier médical partagé, son médecin traitant - est ce qui distingue le bilan prévention d'une simple conversation. Il laisse une trace exploitable, y compris des mois plus tard, au moment d'un retour d'hospitalisation ou d'une demande d'aide à domicile.

Le bilan remplace-t-il le suivi médical habituel ?

Non, et cette confusion est la première cause de renoncement que nous entendons : « il voit déjà son médecin tous les trois mois, à quoi bon ». Les deux démarches n'ont ni le même objet ni le même rythme.

Une consultation de suivi porte sur une pathologie et sur son traitement. Elle est cadrée par un motif, souvent par une ordonnance à renouveler, et le temps y est compté. L'entretien de prévention, lui, part de la vie quotidienne : le sommeil, l'alimentation, l'activité physique, l'isolement, l'audition, la vue, la mémoire, les habitudes de consommation, l'aménagement du logement. Ce sont précisément les sujets qui n'entrent jamais dans les huit minutes d'une consultation ordinaire, et qui déterminent pourtant si une personne restera autonome chez elle.

Un exemple parlant : une personne peut avoir un diabète parfaitement équilibré, des bilans biologiques irréprochables, et se retrouver hospitalisée après une chute due à un tapis, une ampoule grillée dans un couloir et une paire de lunettes qui n'a pas été renouvelée depuis six ans. Aucun de ces trois éléments n'apparaît sur une prise de sang. Tous les trois peuvent sortir d'un entretien de prévention bien mené.

Les erreurs à éviter

  • Attendre une invitation. Aucune des pages officielles que nous avons consultées ne mentionne l'envoi automatique d'un courrier d'invitation. Ne comptez pas dessus : c'est à vous, ou à l'aidant, de prendre l'initiative.
  • Laisser passer la fenêtre d'âge. Un entretien manqué entre 60 et 65 ans ne se rattrape pas. Repérez la date d'anniversaire limite et posez le rendez-vous plusieurs mois avant.
  • Confondre le bilan prévention avec une consultation classique. Ce n'est ni un examen clinique complet, ni un bilan biologique. C'est un temps d'entretien, avec un plan écrit à la clé.
  • Arriver sans rien préparer. Trente à quarante-cinq minutes passent vite. Sans liste de médicaments ni questions notées, l'entretien reste en surface.
  • Ranger le plan personnalisé dans un tiroir. Le plan n'a d'utilité que s'il est repris : par le médecin traitant, par l'entourage, et par les professionnels qui interviennent au domicile.

Comment préparer le rendez-vous ?

À préparer avant l'entretien

  • La liste complète des traitements en cours, y compris ceux achetés sans ordonnance et les compléments alimentaires.
  • Les chutes, faux pas ou pertes d'équilibre survenus depuis un an, même sans conséquence - c'est l'information la plus souvent tue et la plus utile.
  • Une estimation honnête de l'activité physique d'une semaine ordinaire, et des sorties hors du domicile.
  • Le poids actuel et celui d'il y a six mois, s'il est connu : une perte de poids involontaire est un signal fort.
  • Les difficultés du quotidien que l'on a pris l'habitude de contourner : monter les escaliers, se baisser, entendre au téléphone, lire les notices.
  • La date des dernières vaccinations et du dernier contrôle de la vue et de l'audition.
  • Deux ou trois questions écrites, formulées à l'avance par la personne elle-même autant que par son entourage.

Ce qui change en région PACA

Deux rendez-vous de prévention à ne pas manquer cet automne en Provence

Le cadre du bilan prévention est national. Mais deux initiatives régionales datées viennent s'y greffer utilement.

Le 18 août 2026, l'Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d'Azur a relayé la consultation citoyenne « Vieillir en France », ouverte jusqu'au 20 septembre 2026 sur la plateforme agora.gouv.fr. Elle s'adresse aux personnes âgées elles-mêmes, aux aidants familiaux, aux professionnels et aux associations, et porte notamment sur le soutien aux aidants et la valorisation des métiers de l'autonomie. C'est une occasion concrète, et limitée dans le temps, de faire remonter ce que l'on vit au quotidien.

Le 13 août 2026, la même agence a annoncé le déploiement en région du programme IMPULSION, un dépistage organisé du cancer du poumon destiné aux personnes de 50 à 74 ans fumeuses ou ayant arrêté depuis moins de quinze ans, avec un scanner pris en charge à 100 % et sans avance de frais. L'ARS rappelle que la région Provence-Alpes-Côte d'Azur compte 21 % de fumeurs quotidiens, la proportion la plus élevée de France. Si votre proche relève de cette tranche d'âge, le sujet a toute sa place dans l'entretien de prévention.

Cas vécu : Robert, 72 ans, Carpentras

« Le kiné venait déjà trois fois par semaine »

Robert vit à Carpentras dans une maison de plain-pied avec trois marches à l'entrée. Depuis une opération du genou, un masseur-kinésithérapeute se déplace chez lui trois fois par semaine. Son fils, qui habite Avignon, s'inquiétait de le voir sortir de moins en moins et repoussait l'idée d'un rendez-vous médical supplémentaire, faute de temps pour l'y conduire.

La possibilité, ouverte au 1er octobre 2026, que le kinésithérapeute conduise lui-même l'entretien de prévention lève l'obstacle : le bilan peut avoir lieu au domicile, avec un professionnel qui connaît déjà la marche de Robert, son escalier et sa fatigue de fin de journée. Le plan personnalisé qui en découlera sera transmis à son médecin traitant, et servira de base à l'équipe qui intervient chez lui.

Exemple illustratif construit à partir de situations fréquemment rencontrées. Il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Comment AIDADOMI vous accompagne autour du bilan prévention

AIDADOMI n'est pas un acteur de soins : nos intervenants ne réalisent pas d'entretien de prévention et ne posent aucun diagnostic. Leur rôle est ailleurs, et il est décisif.

Nos auxiliaires de vie et nos aides à domicile sont, avec le kinésithérapeute et l'infirmier, les professionnels qui voient le plus souvent la personne chez elle. Ce sont eux qui remarquent qu'une personne ne monte plus à l'étage, qu'elle mange moins, qu'elle a renoncé au marché du jeudi ou qu'elle s'est rattrapée de justesse au coin de la table. Ces observations, transmises à la famille et consignées dans le projet d'accompagnement personnalisé, sont exactement la matière première d'un bon entretien de prévention.

Concrètement, nos équipes des 33 agences des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse, du Gard et des Alpes-de-Haute-Provence peuvent vous aider à repérer la fenêtre d'âge de votre proche, à préparer la liste des points à aborder, à organiser la présence d'un intervenant au moment du rendez-vous si la personne le souhaite, et à mettre en œuvre les conseils du plan personnalisé : reprise d'une activité physique adaptée, sécurisation du logement, aide aux repas, accompagnement aux sorties.

FAQ - Mon bilan prévention

Le bilan prévention est-il vraiment gratuit pour la personne ?

L'arrêté du 28 juillet 2026 fixe le tarif de l'entretien à 30 € en métropole et 31,50 € outre-mer, et interdit tout dépassement d'honoraires. De son côté, l'Assurance Maladie indique sur ses pages consacrées aux 60-65 ans et aux 70-75 ans que « Mon bilan prévention est pris en charge à 100 % » et que vous n'avez « aucun frais à avancer ». Le point qui reste à confirmer auprès du professionnel concerne les éventuels frais de déplacement en cas d'entretien à domicile.

Un masseur-kinésithérapeute peut-il réaliser le bilan à partir de quand ?

À compter du 1er octobre 2026. L'arrêté du 28 juillet 2026 a été publié au Journal officiel du 2 août 2026 et prévoit une entrée en vigueur le premier jour du deuxième mois suivant sa parution. Avant cette date, les professionnels habilités restent les médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens.

Peut-on faire le bilan prévention au domicile d'une personne âgée ?

Oui. L'article 5 de l'arrêté prévoit expressément le cas où l'entretien est réalisé à domicile, et précise que des frais de déplacement sont alors facturables dans les conditions prévues par les conventions nationales. C'est une possibilité particulièrement utile pour une personne qui se déplace difficilement ou qui ne conduit plus.

Que se passe-t-il si on a laissé passer la tranche des 60-65 ans ?

Cette fenêtre est définitivement close, car l'arrêté prévoit un seul entretien facturable par personne et par tranche d'âge. En revanche, la tranche suivante, entre 70 et 75 ans inclus, reste ouverte et donne droit à un nouvel entretien. Repérez la date à laquelle votre proche atteindra 76 ans et prenez rendez-vous largement en amont.

Comment trouver un professionnel qui réalise ces entretiens ?

L'Assurance Maladie met à disposition un annuaire des professionnels de santé réalisant des bilans de prévention sur le site sante.fr. Vous pouvez aussi en parler directement au médecin traitant, à l'infirmier ou au pharmacien habituel, et, à partir du 1er octobre 2026, au masseur-kinésithérapeute qui suit déjà la personne.

Reçoit-on une invitation par courrier pour ce bilan ?

Nous ne pouvons pas l'affirmer. Aucune des pages officielles consultées le 21 août 2026 ne mentionne l'envoi automatique d'une invitation aux personnes concernées. Le plus sûr est donc de considérer la démarche comme volontaire : c'est à la personne ou à son entourage de prendre rendez-vous, sans attendre un courrier qui pourrait ne jamais arriver.

Sources

  1. Arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention, publié au Journal officiel n° 0179 du 2 août 2026. legifrance.gouv.fr
  2. Arrêté du 28 mai 2024, abrogé par l'article 1er de l'arrêté du 28 juillet 2026 (comparaison des deux textes). legifrance.gouv.fr
  3. Assurance Maladie, « Mon bilan prévention entre 70 et 75 ans », page mise à jour le 28 septembre 2025. ameli.fr
  4. ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur, « Vieillir en France : participez à la consultation citoyenne », publié le 18 août 2026, consultation ouverte jusqu'au 20 septembre 2026. paca.ars.sante.fr
  5. ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur, « IMPULSION : le programme de dépistage organisé du cancer du poumon déployé en région », publié le 13 août 2026. paca.ars.sante.fr

À propos de l'auteur

AIDADOMI

Organisme de services à la personne, Marseille

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille, présent dans 33 agences des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse, du Gard et des Alpes-de-Haute-Provence. Ses intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne, et l'entreprise est agréée ESUS. Cet article a été rédigé à partir des sources officielles citées, consultées le 21 août 2026.

Cet article présente une information générale et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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