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Barre d'appui, siège de douche : un seul est remboursé
- 13 septembre 2026
- Aidadomi
Sommaire
Ce qu'il faut retenir
- Sur les six équipements que l'on installe habituellement dans une salle de bains, un seul est inscrit à la Liste des produits et prestations remboursables de l'Assurance Maladie : la chaise percée, code LPP 1243302, tarif de responsabilité 102,62 euros.
- Les cinq autres - barre d'appui, siège de douche, rehausseur de WC, cadre de toilettes et tapis antidérapant - ne figurent pas sur cette liste. Aucune ordonnance ne les rend remboursables, quel que soit le prescripteur.
- Aucune cote réglementaire ne s'impose dans la salle de bains existante d'un logement : la réglementation d'accessibilité ne vise que les constructions neuves, au titre de l'article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation.
- Les chutes à domicile ne se concentrent pas là où on le croit. Dans l'enquête ChuPADom de Santé publique France, la chambre arrive en tête avec 20,2 % des chutes, la salle de bains en sixième position avec 5,4 %.
- Pour un parent de 70 ans ou plus, la voie de financement n'est pas l'Assurance Maladie mais l'APA, la caisse de retraite ou MaPrimeAdapt', dont le plafond de travaux subventionnables est de 22 000 euros hors taxes.
Quel équipement de salle de bains l'Assurance Maladie rembourse-t-elle ?
Un seul : la chaise percée. Elle est inscrite à la Liste des produits et prestations remboursables sous le code 1243302, avec un tarif de responsabilité de 102,62 euros et sans prix limite de vente, dans la version 901 de la liste mise à jour le 9 septembre 2026.
Tous les autres équipements sont à votre charge. La barre d'appui, le siège ou tabouret de douche, le rehausseur de WC, le cadre de toilettes et le tapis antidérapant ne sont inscrits nulle part dans les 37 086 codes de cette liste. Ils se financent par d'autres voies, détaillées plus loin.
La plupart des familles commencent par chercher comment faire rembourser une barre d'appui. C'est la question la plus logique, et le système n'y répond pas : cet équipement n'est pas remboursable, et rien dans la documentation grand public ne le dit clairement.
Voici ce que valent réellement les équipements que l'on installe le plus souvent, ce que disent les sources officielles de leurs dimensions, et qui paie quoi.
Par quelle pièce faut-il commencer ?
Probablement pas par la salle de bains, et c'est le point le plus contre-intuitif de ce comparatif. L'enquête ChuPADom de Santé publique France a décrit, sur des données 2018, le lieu de la chute pour 1 467 personnes de 65 ans et plus hospitalisées après une chute à domicile, d'âge moyen 84,5 ans. La répartition est la suivante : chambre 20,2 %, salon 14,2 %, parties extérieures comme le jardin ou la cour 11,9 %, cuisine 9,9 %, WC 6,3 %, salle de bains 5,4 %, escalier 4,6 %, couloir 4,2 %.
Les auteurs de l'enquête le formulent eux-mêmes : la salle de bains est le lieu à risque le plus fréquemment cité dans d'autres travaux, mais dans ChuPADom, la salle d'eau n'arrive qu'en cinquième position lorsque les WC lui sont rattachés, et en sixième lorsqu'on la compte seule. Cela ne signifie pas qu'il faut renoncer à sécuriser la douche. Cela signifie qu'un logement équipé uniquement de la salle de bains laisse intacte la pièce où l'on tombe le plus : la chambre, et le trajet nocturne vers les toilettes.
La barre d'appui : que sait-on vraiment de sa pose ?
C'est l'équipement le plus utile et le moins documenté. Il n'est pas remboursable, et surtout : il n'existe aucune valeur officielle française de résistance mécanique d'une barre d'appui exprimée en kilos ou en décanewtons. Les chiffres de charge que l'on rencontre chez les distributeurs ne renvoient à aucun référentiel public.
La seule exigence officielle trouvée est qualitative, et elle figure dans la réglementation applicable aux établissements recevant du public : « sa fixation ainsi que le support doivent permettre à un adulte de prendre appui de tout son poids », la barre étant située à une hauteur comprise entre 0,70 et 0,80 mètre. Ces cotes concernent les sanitaires à usage commun des établissements recevant du public, pas les logements : elles servent de repère, elles ne s'imposent pas chez vous.
Aucun référentiel public ne prescrit non plus le type de cheville selon le support, alors que tout en dépend : une barre fixée dans un carrelage collé sur plaque de plâtre ne tient pas comme une barre fixée dans un support maçonné. L'Assurance retraite, sur son service d'information Bien chez soi, indique que la fixation de la barre « demande vigilance pour s'assurer que le système de fixation est adapté au support ».
Le siège de douche : quelles dimensions retenir ?
Là encore, aucune cote réglementaire n'existe pour un logement. Les seules valeurs publiques disponibles sont des caractéristiques de produits publiées par l'Assurance retraite dans son service Bien chez soi : hauteur d'assise réglable de 38 à 49 centimètres pour un siège mural simple, et de 46,5 à 61,5 centimètres pour un modèle plus élaboré. Le même service relaie une recommandation d'ergothérapeute : privilégier un siège avec des pieds de renfort et une assise d'au moins 40 par 40 centimètres pour éviter de glisser.
Sur l'antidérapance, la réponse officielle ne porte pas sur le tapis mais sur le sol. Le guide du CSTB réalisé pour la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages, dans sa version de janvier 2025, indique que les revêtements doivent être sélectionnés selon leur résistance à la glissance en pieds nus, conformément à la norme NF P 05-011, et que cette norme précise aussi les critères d'entretien du sol permettant de maintenir cette performance dans le temps. Un tapis antidérapant compense un sol inadapté ; il ne le corrige pas.
Pour une rénovation, le même guide donne les cotes d'une douche accessible sans ressaut : zone de 120 par 90 centimètres, espace d'usage de 130 par 80 centimètres, pente d'écoulement de 1 % au minimum. Elles correspondent à ce qui est attendu en construction neuve ; dans l'existant, elles constituent la meilleure cible disponible.
Le rehausseur de WC et le cadre de toilettes
Ni l'un ni l'autre n'est remboursable. L'Assurance retraite indique que les rehausseurs existent en rehausse de 10 ou de 15 centimètres selon les modèles, et que les cadres de WC sécurisés proposent des accoudoirs réglables entre 63 et 74 centimètres.
Pour juger de l'opportunité d'une rehausse, le seul repère officiel disponible est la cote applicable aux établissements recevant du public : une hauteur de cuvette comprise entre 0,45 et 0,50 mètre du sol, abattant inclus. Une cuvette standard se situant souvent nettement plus bas, la rehausse de 10 centimètres ramène fréquemment dans cette plage.
Le WC mérite une attention pour une autre raison : dans l'enquête ChuPADom, il totalise 6,3 % des chutes, soit davantage que la salle de bains elle-même. C'est souvent le trajet de nuit qui est en cause, plus que la pièce.
La chaise percée : le seul équipement inscrit à la liste
Le libellé officiel du code LPP 1243302 est : « Chaise percée avec accoudoirs, avec ou sans roulettes, avec ou sans repose-pieds, avec un seau ». Son tarif de responsabilité est de 102,62 euros, il n'existe pas de prix limite de vente - le prix de vente est donc libre - et aucune entente préalable n'est requise. La prestation est un achat, et la ligne est valide depuis le 7 juillet 2023.
Elle est prescriptible par un médecin et, depuis le 1er juillet 2023, par un ergothérapeute, en application de l'arrêté du 12 juin 2023 publié au Journal officiel du 16 juin 2023. Les masseurs-kinésithérapeutes et les infirmiers ne peuvent pas la prescrire : leurs listes ne comportent aucun équipement de salle de bains ou de WC. L'Assurance Maladie indique que le taux de remboursement applicable au petit appareillage est de 60 %, la catégorie retenue pour ce code étant à confirmer auprès de votre caisse.
Un point pratique en découle : lorsque le besoin porte sur le passage aux toilettes plutôt que sur la douche, l'orientation vers une chaise percée ou un cadre de WC avec chaise percée est la seule qui ouvre une prise en charge.
Le chiffre clé
La Liste des produits et prestations remboursables de l'Assurance Maladie compte 37 086 codes dans sa version 901, mise à jour le 9 septembre 2026. Un seul correspond à un équipement sanitaire pour adulte : la chaise percée.
Aucun code ne mentionne de barre d'appui, de tabouret ou de siège de douche, de rehausseur de WC, de cadre de toilettes ni de tapis antidérapant. La question « quel médecin peut me prescrire une barre d'appui pour la faire rembourser » est donc sans objet : aucune profession ne peut le faire, puisque le produit n'est pas inscrit.
| Équipement | Inscrit à la LPP | Repère de dimension disponible | Qui peut financer | Pose |
|---|---|---|---|---|
| Barre d'appui | Non | 0,70 à 0,80 m de hauteur (cote applicable aux établissements recevant du public) | APA, caisse de retraite, MaPrimeAdapt', complémentaire | Professionnelle, fixation à adapter au support |
| Siège de douche mural | Non | Assise réglable de 38 à 49 cm ; assise d'au moins 40 x 40 cm | APA, caisse de retraite, MaPrimeAdapt', complémentaire | Professionnelle, fixation murale |
| Rehausseur de WC | Non | Rehausse de 10 ou 15 cm ; cuvette de 0,45 à 0,50 m en référence établissements recevant du public | APA, caisse de retraite, complémentaire | Sans fixation, pose immédiate |
| Cadre de WC | Non, sauf variante avec chaise percée | Accoudoirs réglables de 63 à 74 cm | APA, caisse de retraite, complémentaire | Sans fixation ou fixation au sol |
| Chaise percée | Oui, code 1243302 | Non coté par une source publique | Assurance Maladie, tarif 102,62 € sur prescription | Sans fixation, pose immédiate |
| Tapis antidérapant | Non | Exigence officielle portant sur le sol, norme NF P 05-011 | Achat libre | Sans fixation |
Qui finance, quand l'Assurance Maladie ne rembourse pas ?
Trois voies existent, et elles dépendent de l'âge et des ressources, pas du diagnostic.
L'allocation personnalisée d'autonomie. Le plan d'aide APA à domicile peut comprendre des aides techniques et des mesures d'adaptation du logement. Il faut avoir 60 ans au moins et être classé en GIR 1 à 4 : les GIR 5 et 6 n'y ouvrent pas droit. Les plafonds mensuels du plan d'aide s'élèvent à 2 080,33 euros en GIR 1, 1 682,30 euros en GIR 2, 1 215,99 euros en GIR 3 et 811,52 euros en GIR 4, la participation du bénéficiaire étant nulle en dessous de 933,89 euros de ressources mensuelles pour une personne seule.
La caisse de retraite. Le portail public Pour les personnes âgées indique que les caisses financent nommément « des aides techniques : barres d'appui, marches antidérapantes ». Attention au non-cumul : si vous bénéficiez de l'APA, vous ne pouvez pas obtenir d'aide de votre caisse de retraite portant sur la même aide. Aucun montant plafond n'est publié, le portail renvoyant aux caisses.
MaPrimeAdapt'. Le guide des aides financières de l'ANAH, édition septembre 2026, fixe le taux de prise en charge à 50 % pour les ménages aux revenus modestes et 70 % pour les très modestes, dans la limite d'un plafond de travaux subventionnables de 22 000 euros hors taxes. Le dispositif s'adresse aux personnes de 70 ans ou plus, aux 60-69 ans sous condition de GIR, et aux personnes en situation de handicap justifiant d'un taux d'incapacité de 50 % et plus ou bénéficiant de la PCH. Pour une personne seule hors Île-de-France, les plafonds de ressources au 1er janvier 2026 sont de 17 363 euros pour les très modestes et 22 259 euros pour les modestes.
Un point souvent mal compris : la prestation de compensation du handicap n'est le plus souvent pas une option pour un parent âgé qui n'a jamais eu de dossier handicap. Son deuxième élément couvre les aides techniques à hauteur de 13 200 euros sur dix ans, mais il faut avoir moins de 60 ans pour la demander. Elle ne peut être conservée au-delà de 60 ans que si les conditions étaient déjà remplies avant cet âge, ou si la personne exerce encore une activité professionnelle. En cas de doute, c'est la maison départementale des personnes handicapées qui tranche.
Les erreurs à éviter
- Demander une ordonnance pour faire rembourser une barre d'appui. Aucune profession ne peut la prescrire au titre de la Liste des produits et prestations remboursables, puisque le produit n'y est pas inscrit. La démarche utile est la demande d'APA, le contact avec la caisse de retraite ou le dossier MaPrimeAdapt'.
- N'équiper que la salle de bains. Dans l'enquête ChuPADom de Santé publique France, la chambre concentre 20,2 % des chutes à domicile et le salon 14,2 %, contre 5,4 % pour la salle de bains. L'éclairage du trajet nocturne et le dégagement des circulations comptent autant qu'une barre de douche.
- Se fier à une charge annoncée en kilos. Il n'existe aucune valeur officielle française de résistance mécanique d'une barre d'appui. La seule exigence publique est que la fixation et le support permettent à un adulte de prendre appui de tout son poids, ce qui dépend du mur autant que de la barre.
- Croire qu'une cote réglementaire s'impose chez soi. La réglementation d'accessibilité ne vise que les constructions neuves. Dans un logement existant, les cotes de l'arrêté du 24 décembre 2015 modifié sont des repères de bonne pratique, pas des obligations.
Ce qu'il faut vérifier avant d'acheter
- Faire le tour du logement entier avant de décider du premier achat : la chambre et le trajet vers les toilettes en premier.
- Identifier la nature du mur destiné à recevoir une barre ou un siège : maçonnerie, brique creuse, ou plaque de plâtre carrelée.
- Mesurer la hauteur actuelle de la cuvette, abattant inclus, avant de choisir une rehausse de 10 ou de 15 centimètres.
- Si une évaluation APA a déjà eu lieu, vérifier le GIR : les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l'APA, les GIR 5 et 6 relèvent de la caisse de retraite. Sinon, la demande d'APA auprès du conseil départemental est le point de départ.
- Vérifier l'éligibilité à MaPrimeAdapt' avant d'engager des travaux, l'aide devant être accordée avant le début du chantier.
- Faire établir un devis de pose, et non seulement un prix de matériel.
Ce qui change en région PACA
Deux caractéristiques régionales pèsent sur ce chantier. La première est le bâti : les logements anciens des centres de village et des quartiers d'avant-guerre concentrent les salles d'eau exiguës, les baignoires encastrées et les cloisons légères carrelées, c'est-à-dire précisément les configurations où la pose d'une barre demande une reconnaissance du support. La seconde est la répartition des âges : l'Insee dénombre au 1er janvier 2026 13,4 % d'habitants de 75 ans ou plus en Provence-Alpes-Côte d'Azur, une part qui atteint 15,1 % dans le Var.
Santé publique France relève par ailleurs que Provence-Alpes-Côte d'Azur figure parmi les régions où les hospitalisations en lien avec une chute ont le plus augmenté entre 2019 et 2024, avec une hausse de 25,8 % du taux standardisé. La même publication note toutefois que la région fait exception à la hausse générale des taux de mortalité liée aux chutes sur la même période. Les deux indicateurs ne disent pas la même chose et ne doivent pas être confondus.
Cas vécu : Roland, 81 ans, Istres
Roland vit seul dans un pavillon des années 1970. Après une glissade sans gravité dans la douche, sa fille a cherché pendant trois semaines comment faire rembourser une barre d'appui : appels à la caisse, rendez-vous chez le médecin, ordonnance obtenue, refus de prise en charge. Le parcours était logique, il ne menait simplement nulle part.
Le déblocage est venu d'un changement de question. L'équipe médico-sociale du département a évalué Roland en GIR 4, ce qui a ouvert la prise en charge d'aides techniques dans son plan d'aide APA. En parallèle, l'intervenant AIDADOMI qui assure le petit bricolage a posé la barre dans le mur porteur plutôt que dans la cloison carrelée initialement visée, et signalé que la veilleuse du couloir ne fonctionnait plus - or c'est le trajet de nuit vers les toilettes qui inquiétait le plus Roland. Trois semaines passées sur une ordonnance sans objet, une demi-journée pour le reste.
Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.
Faire poser vos équipements par une équipe salariée et assurée
AIDADOMI intervient pour le petit bricolage à domicile et l'accompagnement des seniors dans ses 33 agences des Bouches-du-Rhône, du Var, du Vaucluse, des Alpes-de-Haute-Provence et du Gard. La pose d'une barre d'appui, d'un siège de douche mural ou d'une main courante suppose d'identifier la nature du support et de choisir une fixation adaptée : c'est le point que la documentation grand public ne traite pas, et celui qui détermine la sécurité de l'ouvrage. Les intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et formés en interne. Côté budget, la moitié des sommes engagées vous est restituée au titre du crédit d'impôt services à la personne, le petit bricolage relevant d'un plafond annuel spécifique fixé par l'article D. 7233-5 du code du travail.
La pose d'une barre ou d'un siège de douche chez un parent se chiffre après une visite sur place.
Faire chiffrer une poseFAQ - Équiper une salle de bains pour une personne âgée
Une barre d'appui peut-elle être remboursée sur ordonnance ?
Non. La barre d'appui n'est pas inscrite à la Liste des produits et prestations remboursables de l'Assurance Maladie, dont la version 901 mise à jour le 9 septembre 2026 compte 37 086 codes. Une ordonnance ne change donc rien à sa prise en charge, quel que soit le professionnel qui la rédige.
Les financements existants passent par d'autres canaux : le plan d'aide de l'allocation personnalisée d'autonomie pour les personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4, les aides des caisses de retraite - qui citent explicitement les barres d'appui - MaPrimeAdapt' pour les ménages modestes et très modestes, et selon les contrats la complémentaire santé.
À quelle hauteur poser une barre d'appui dans une douche ?
Aucune hauteur réglementaire ne s'applique dans un logement existant, la réglementation d'accessibilité ne visant que les constructions neuves. Le seul repère officiel disponible provient de la réglementation des établissements recevant du public, qui situe la barre d'appui latérale des sanitaires à une hauteur comprise entre 0,70 et 0,80 mètre.
Ce repère est utile mais ne remplace pas une adaptation à la personne : la hauteur pertinente dépend de la taille, du geste réellement effectué et du point d'appui recherché. Le même texte pose l'exigence essentielle, qui est qualitative : la fixation et le support doivent permettre à un adulte de prendre appui de tout son poids.
Un tapis antidérapant suffit-il à sécuriser une douche ?
Il apporte une amélioration ponctuelle, mais l'exigence officielle ne porte pas sur le tapis : elle porte sur le revêtement de sol. Le guide du CSTB réalisé pour la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages, version de janvier 2025, prescrit de sélectionner les revêtements selon leur résistance à la glissance en pieds nus, conformément à la norme NF P 05-011.
Ce guide précise également que cette norme définit les critères d'entretien permettant de maintenir la performance antidérapante dans le temps. Un sol dont l'entretien a dégradé l'adhérence n'est pas rattrapé par un tapis, qui peut lui-même se déplacer.
Faut-il commencer par la salle de bains ou par une autre pièce ?
Les données de Santé publique France invitent à regarder le logement entier. Dans l'enquête ChuPADom, menée auprès de 1 467 personnes de 65 ans et plus hospitalisées après une chute à domicile, la chambre concentre 20,2 % des chutes, le salon 14,2 %, les parties extérieures 11,9 % et la cuisine 9,9 %, tandis que les WC totalisent 6,3 % et la salle de bains 5,4 %.
Les auteurs soulignent eux-mêmes que la salle d'eau, WC inclus, n'arrive qu'en cinquième position, alors qu'elle est fréquemment citée comme le lieu à risque. La conclusion pratique n'est pas de négliger la douche, mais de ne pas s'y arrêter : l'éclairage du trajet nocturne et le dégagement des circulations relèvent du même chantier.
MaPrimeAdapt' peut-elle financer une barre d'appui seule ?
Le dispositif finance des travaux d'adaptation du logement, avec un taux de 50 % pour les ménages aux revenus modestes et de 70 % pour les ménages aux revenus très modestes, dans la limite d'un plafond de travaux subventionnables de 22 000 euros hors taxes selon le guide des aides financières de l'ANAH d'édition septembre 2026.
Deux points sont à connaître avant d'engager quoi que ce soit. L'aide doit être accordée avant le début des travaux. Et si le plafond de 22 000 euros n'est pas atteint lors de la première demande, une seconde demande est possible dans les cinq années suivantes, dans la limite du montant restant disponible : il n'est donc pas nécessaire de tout réaliser en une fois.
Existe-t-il une norme pour ces équipements ?
Oui, la norme internationale ISO 17966:2016, intitulée Assistive products for personal hygiene that support users - Requirements and test methods, soit les produits d'assistance pour l'hygiène personnelle, publiée en janvier 2016. Son champ couvre notamment les chaises percées, les sièges de WC, les rehausseurs de WC, les chaises de bain et de douche avec ou sans roues, et les barres d'appui et poignées fixes.
Cette norme est signalée comme étant à réviser, le projet de remplacement portant le titre Assistive products for toileting, bathing and showering. Elle exclut de son champ les élévateurs de baignoire, les installations fixes du bâtiment et les produits fabriqués sur mesure pour un utilisateur donné. C'est la bonne référence à demander à un fournisseur.
Sources
- Assurance Maladie, base de la Liste des produits et prestations remboursables (LPP), version 901, mise à jour du 9 septembre 2026 ; fiche du code LPP 1243302 ; ameli.fr, Droit de prescription des ergothérapeutes (arrêté du 12 juin 2023, Journal officiel du 16 juin 2023) ; ameli.fr, Tableaux récapitulatifs des taux de remboursement, vérifié le 19 janvier 2026.
- Santé publique France, Chutes des personnes âgées à domicile. Caractéristiques des chuteurs et des circonstances de la chute, volet Hospitalisation de l'enquête ChuPADom, données 2018 ; Hospitalisations et mortalité en lien avec une chute chez les personnes de 65 ans et plus en France, données 2015-2024, bulletin national du 12 mars 2026.
- ANAH, Les aides financières en 2026, guide d'édition septembre 2026, pages 8 et 55 à 57 ; service-public.gouv.fr, APA à domicile, vérifié le 1er juin 2026, et Prestation de compensation du handicap, vérifié le 1er juillet 2026 ; CNSA, Tarifs APA au 1er janvier 2026.
- CSTB pour la Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages, Guide pour la mise en œuvre d'une douche accessible zéro ressaut, version janvier 2025 ; ministères chargés du Logement, L'accessibilité du logement (article R. 162-1 du code de la construction et de l'habitation, arrêté du 24 décembre 2015 modifié par l'arrêté du 11 septembre 2020) ; délégation ministérielle à l'accessibilité, Regards croisés, fiche n° 4 : les sanitaires à usage commun dans les ERP existants, janvier 2013.
- CNSA et ministère des Solidarités, portail Pour les personnes âgées, Les aides des caisses de retraite, mis à jour le 9 avril 2026, et Des équipements pour faciliter son quotidien ; Assurance retraite, service Bien chez soi, fiches produits ; ISO, fiche normative ISO 17966:2016 ; Insee, Estimations de population par sexe et âge au 1er janvier 2026, publié le 15 janvier 2026.
À propos de l'auteur
Cet article est rédigé par AIDADOMI, organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille et qui compte 33 agences dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Ses intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne ; l'entreprise est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.
Les informations de remboursement et de financement présentées ici ont été relevées sur les bases et publications officielles citées en sources, à la date du 13 septembre 2026 ; les tarifs, plafonds et conditions d'éligibilité sont susceptibles d'évoluer et doivent être confirmés auprès de votre caisse d'assurance maladie, de votre conseil départemental ou de l'ANAH. Le choix et la pose d'une aide technique gagnent à être précédés d'une évaluation par un ergothérapeute, seul professionnel en mesure d'apprécier l'adéquation d'un équipement à une situation individuelle.
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