Dans un cabinet médical, un professionnel de santé examine l'oreille d'une femme âgée à l'aide d'un otoscope, avec un ordinateur portable et des planches anatomiques en arrière-plan. Cette prise en charge attentive revêt une importance particulière pour les patients sourds ou malentendants, conformément au décret n° 2026-838, qui garantit l'accessibilité et un accompagnement adapté lors des consultations médicales.

Sourds et malentendants : ce qui change au 1er octobre

Sommaire

Ce qu'il faut retenir

  • Deux échéances distinctes arrivent, et la presse les confond souvent. Au 1er octobre 2026, les services publics doivent être joignables par téléphone avec traduction simultanée sur la totalité de leurs horaires d'ouverture, contre 50 % au minimum jusqu'au 30 septembre.
  • Le décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026, lui, porte sur l'accueil physique et par visioconférence, et non sur le téléphone. Il entre en vigueur le 1er mars 2027.
  • Ce décret ouvre le droit, à la demande de la personne, à un dispositif d'accueil adapté : transcription écrite instantanée, interprète en langue des signes française, codeur en langue française parlée complétée, agent maîtrisant la langue des signes, ou tout moyen équivalent.
  • Il s'applique aux organismes publics et privés chargés d'une mission de service public, sans seuil de population, et garantit expressément la confidentialité des conversations traduites.
  • Le sujet concerne massivement les aînés : selon la DREES, 51,4 % des personnes de 75 ans et plus vivant à domicile déclaraient une limitation fonctionnelle auditive, contre 9,1 % entre 30 et 44 ans (enquête Handicap-Santé, données de 2008, les plus récentes publiées).
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Qu'est-ce qu'un accueil accessible aux personnes sourdes ou malentendantes ?

C'est un dispositif qui permet à une personne sourde ou malentendante de comprendre, en temps réel, toute information orale ou sonore la concernant lors d'un échange avec un service public. Le décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026 en fixe les modalités : transcription écrite instantanée, interprétation en langue des signes française, codage en langue française parlée complétée, en présentiel ou à distance, ou échange direct avec un agent maîtrisant la langue des signes.

Ce droit s'exerce à la demande de la personne concernée. Le dispositif doit être adapté à sa situation, à l'objet et à la durée de l'échange, et déterminé le cas échéant avec elle.

Il y a une expérience que beaucoup de familles connaissent sans jamais la nommer. Un parent âgé doit joindre sa caisse d'assurance maladie, contester un dossier, prendre un rendez-vous. Il entend mal. Il n'ose pas le dire au guichet, il fait répéter, il finit par acquiescer sans avoir compris, ou il renonce. Et c'est le fils, la fille ou l'intervenante à domicile qui s'en aperçoit trois semaines plus tard, quand le courrier de relance arrive.

Deux textes viennent de bouger sur ce terrain, à quelques jours d'intervalle. Ils ne disent pas la même chose, ne s'appliquent pas aux mêmes situations et n'entrent pas en vigueur à la même date. Comme la confusion est déjà installée, autant la lever tout de suite.

Que change exactement le décret du 2 septembre 2026 ?

Le décret n° 2026-838 a été publié au Journal officiel du 3 septembre 2026. Il est pris pour l'application du premier alinéa de l'article 78 de la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, un article resté sans texte d'application pendant vingt et un ans. Son objet, tel qu'il figure dans sa notice officielle, porte sur « les modalités relatives à l'accueil physique et par visioconférence des services publics ».

Ce point mérite d'être souligné, car il constitue la principale erreur commise à propos de ce texte : le décret du 2 septembre 2026 ne porte pas sur le téléphone, et il n'entre pas en vigueur au 1er octobre 2026. Son article 2 fixe l'entrée en vigueur au « premier jour du sixième mois suivant la date de sa publication », soit le 1er mars 2027.

Son article premier énumère cinq modalités possibles : la transcription écrite instantanée, le recours à un interprète en langue des signes française en présentiel ou par visio-interprétation, le recours à un codeur en langue française parlée complétée en présentiel ou par visio-codage, l'échange avec un agent maîtrisant la langue des signes française, et tout autre moyen permettant d'accéder à des fonctionnalités équivalentes.

Trois précisions du texte comptent plus que la liste elle-même. D'abord, le dispositif doit être adapté à la situation particulière de la personne, à l'objet et à la durée de l'échange, et « déterminé en lien avec elle » : on ne peut pas imposer la langue des signes à une personne devenue malentendante avec l'âge, qui n'en a jamais eu l'usage, et pour qui la transcription écrite est bien plus utile. Ensuite, lorsqu'aucun dispositif n'est immédiatement disponible, l'organisme doit organiser l'échange « dans un délai raisonnable » : c'est la vraie soupape du texte, et elle n'est pas chiffrée. Enfin, le décret garantit expressément le respect de la confidentialité des conversations traduites ou transcrites, ce qui n'est pas un détail quand on parle de santé, d'impôts ou de prestations sociales devant un tiers.

Le champ d'application est large : la notice vise les « organismes publics et privés chargés d'une mission de service public ». Aucun seuil de population n'apparaît dans le décret, et aucune sanction n'y est prévue.

Pourquoi le 1er octobre 2026 est-il la date la plus urgente ?

Parce qu'elle concerne le téléphone, c'est-à-dire l'usage quotidien. Ce dispositif-là est bien plus ancien : il résulte de l'article 105 de la loi du 7 octobre 2016 pour une République numérique et de son décret d'application du 9 mai 2017.

Ce texte impose aux services d'accueil téléphonique des services publics de proposer un service de traduction simultanée écrite et visuelle, sans surcoût pour l'usager. La montée en charge a été progressive : les services de l'État y sont soumis depuis le 7 octobre 2018, ceux gérés par les collectivités territoriales depuis le 7 octobre 2020, et les communes de moins de 10 000 habitants ainsi que leurs groupements depuis le 7 octobre 2021.

Jusqu'au 30 septembre 2026, l'obligation ne portait que sur 50 % au minimum des horaires d'ouverture du service d'accueil. À compter du 1er octobre 2026, elle porte sur l'intégralité de ces horaires. Concrètement, un usager sourd ou malentendant ne devrait plus tomber sur des plages horaires inaccessibles.

La même échéance s'applique aux services clients des entreprises dont le chiffre d'affaires atteint 250 millions d'euros, pour le numéro destiné à recueillir l'appel d'un consommateur.

Du côté des opérateurs de téléphonie, le 1er octobre 2026 marque également un saut. Le volume d'usage gratuit du service de traduction pour les appels personnels passe de 3 heures à 5 heures par mois, et la disponibilité passe d'une amplitude limitée en semaine à un service 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le temps d'attente avant mise en relation n'est pas décompté du forfait. Chaque opérateur met à disposition une application de relais : demandez laquelle à votre opérateur, ou passez par l'annuaire des services accessibles présenté plus bas.

Comment joindre concrètement une administration en 2026 ?

Voici le chemin le plus court, testé et documenté par les services publics eux-mêmes.

Pour trouver un service accessible, le point d'entrée est l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité, vers lequel renvoie le site service-public.fr. Il recense plus de 50 000 services accessibles aux personnes sourdes ou malentendantes, classés par domaine : caisse primaire d'assurance maladie, caisses d'allocations familiales, MSA, préfectures, hôpitaux, ministères, mairies, banques, transports. Une fois le service choisi, on sélectionne son mode de communication : appel, vidéo, langue des signes ou tchat. Certains services sont également accessibles aux personnes sourdaveugles et aux personnes ayant des troubles du langage. Le service est gratuit.

Pour un renseignement administratif général, le service Allô Service Public 3939 est accessible via la plateforme Acceo, à laquelle renvoie directement la fiche « Accessibilité téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes » du site service-public.fr.

Pour les urgences, le numéro est le 114. Il est destiné aux personnes sourdes, sourdaveugles, malentendantes et aphasiques, et il est joignable par application, par internet ou par SMS. Il est gratuit. Nous vous conseillons de l'enregistrer dès aujourd'hui dans le téléphone de votre proche, et de vérifier avec lui qu'il sait l'utiliser : un numéro d'urgence qu'on découvre le jour de l'urgence ne sert à rien.

Un conseil de méthode, enfin. Pour un rendez-vous physique important, en mairie, à la caisse de retraite ou à l'hôpital, ne comptez pas sur l'improvisation le jour même. Le décret prévoit lui-même la possibilité d'un « délai raisonnable » lorsque rien n'est disponible sur place. Formulez la demande à l'avance, par écrit si possible, en précisant le moyen souhaité, transcription écrite ou interprétation.

Le chiffre clé

51,4 %

C'est la part des personnes de 75 ans et plus vivant à domicile qui déclaraient une limitation fonctionnelle auditive, selon l'étude de la DREES réalisée à partir de l'enquête Handicap-Santé. Le même travail estimait à 10 millions le nombre total de personnes concernées en France, dont 5,5 millions avec une limitation moyenne à lourde. Ces données, déclaratives, portent sur l'enquête de 2008 : elles restent la référence publique la plus complète, mais elles ont vieilli.

Quel dispositif pour quelle situation, et à partir de quand
SituationCe qui s'appliqueÀ partir de quandCe que vous pouvez faire
Accueil physique ou en visioconférence d'un service publicDispositif d'accueil adapté, à la demande de la personne, avec garantie de confidentialité1er mars 2027 (décret du 2 septembre 2026)Formuler la demande à l'avance en précisant le moyen souhaité
Appel téléphonique à un service publicTraduction simultanée écrite et visuelle, sans surcoût, sur la totalité des horaires d'ouverture1er octobre 2026 (50 % minimum jusqu'au 30 septembre)Passer par l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité
Appel au service client d'une grande entrepriseMême obligation, pour les entreprises réalisant 250 millions d'euros de chiffre d'affaires1er octobre 2026Vérifier la présence du service sur le site de l'entreprise
Appels personnels via son opérateur de téléphonieService de traduction gratuit porté à 5 heures par mois, disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 71er octobre 2026 (3 heures par mois auparavant)Installer l'application de relais de son opérateur
Urgence médicale, police, incendieNuméro 114 par application, internet ou SMS, gratuitDéjà en vigueurEnregistrer le numéro et faire un essai à froid
Renseignement administratif généralAllô Service Public 3939 accessible via la plateforme AcceoDéjà en vigueurPasser par la fiche dédiée de service-public.fr

Les erreurs à éviter

  • Croire que le décret du 2 septembre 2026 s'applique au 1er octobre 2026. Il entre en vigueur le 1er mars 2027 et concerne l'accueil physique et en visioconférence. L'échéance du 1er octobre 2026 relève d'un texte différent, celui de 2017, et porte sur le téléphone.
  • Attendre le jour du rendez-vous pour demander une adaptation. Le décret autorise l'organisme à s'organiser « dans un délai raisonnable » si rien n'est disponible. Demandez à l'avance, et par écrit.
  • Laisser un proche gérer ses appels à sa place sans le lui proposer autrement. Cela paraît rendre service, mais cela installe une dépendance et prive la personne de l'information directe. Les outils existent, gratuits, et ils sont conçus pour l'autonomie.
  • Confondre appareillage auditif et accessibilité. Un appareil corrige une audition, il ne transcrit pas une conversation administrative dans un hall bruyant. Les deux réponses sont complémentaires, pas alternatives.
  • Renoncer à l'appareillage pour des raisons de coût. Depuis la réforme du 100 % Santé, l'audioprothésiste a l'obligation de proposer au moins une offre de classe 1 par oreille à appareiller, sans reste à charge dans le cadre d'un contrat responsable.

Vos six gestes d'accessibilité, à faire ce mois-ci

  • Enregistrez le 114 dans le téléphone de votre proche et vérifiez ensemble qu'il sait envoyer un SMS d'urgence.
  • Installez l'application de relais de son opérateur téléphonique, et notez que le forfait gratuit passe à 5 heures par mois au 1er octobre 2026.
  • Repérez dans l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité les organismes qu'il contacte le plus souvent : caisse d'assurance maladie, caisse de retraite, mairie.
  • Pour tout rendez-vous physique important prévu après le 1er mars 2027, demandez par écrit le dispositif adapté souhaité, en précisant transcription écrite ou interprétation.
  • Faites le point sur l'appareillage : date du dernier contrôle, port effectif, piles ou recharge, et devis 100 % Santé si un renouvellement s'impose.
  • Vérifiez que la sonnette, le téléphone et le détecteur de fumée du logement disposent d'un signal lumineux ou vibrant.

Ce qui change en région PACA

Les deux textes sont nationaux et ne prévoient aucune adaptation régionale. Une particularité administrative locale en modifie pourtant beaucoup la portée sur le terrain.

L'obligation d'accessibilité téléphonique n'est entrée en vigueur qu'au 7 octobre 2021 pour les communes de moins de 10 000 habitants et leurs groupements. Or une grande partie du territoire régional est constituée de très petites communes, dont la mairie et le centre communal d'action sociale sont souvent le premier guichet des personnes très âgées, et où cette obligation n'est en vigueur que depuis cinq ans. Si vous rencontrez une difficulté avec une mairie ou un centre communal d'action sociale, le réflexe utile est de demander explicitement quel dispositif de traduction simultanée est en place et sur quelles plages horaires : l'obligation existe, elle est simplement mal connue des usagers comme des agents.

Cas vécu : Roger, 82 ans, à Hyères

Roger entend mal depuis une dizaine d'années. Il porte des appareils, mais il les retire dès qu'il y a du monde, parce que le bruit de fond le fatigue. Résultat : au guichet de sa caisse de retraite, il hoche la tête sans comprendre et rentre chez lui sans réponse.

Son intervenante, qui vient deux fois par semaine pour le ménage et les courses, s'en est rendu compte en voyant s'empiler des courriers non traités. Plutôt que de prendre les appels à sa place, elle en a parlé à l'agence, qui a orienté la famille vers l'annuaire des services accessibles. La caisse de Roger y figurait, avec une option de tchat écrit. Son fils a installé l'application, et Roger a réglé lui-même son dossier en deux échanges. Il a également repris rendez-vous chez son audioprothésiste, qu'il n'avait pas revu depuis trois ans.

Exemple illustratif, il ne s'agit pas d'un témoignage nominatif.

Repérer une gêne auditive sans faire à la place

Une perte auditive ne s'annonce pas. Elle s'installe, et elle se cache. La personne concernée est souvent la dernière à en parler, par gêne ou parce qu'elle a fini par organiser sa vie autour de ce qu'elle n'entend plus. Ce sont les autres qui remarquent : le téléviseur de plus en plus fort, les conversations téléphoniques qui s'écourtent, les invitations déclinées, le courrier qui s'accumule.

Nos intervenantes et intervenants sont souvent les premiers témoins de ces signaux, parce qu'ils voient la personne dans son cadre habituel et sur la durée. Leur rôle n'est ni de diagnostiquer ni de faire les démarches à la place de la personne, mais de signaler à la famille et à l'agence ce qu'ils observent, pour qu'une réponse soit organisée avec l'intéressé et non pour lui.

Concrètement, nous pouvons accompagner la préparation d'un rendez-vous administratif, aider à repérer un service accessible, faciliter la prise de contact avec le centre communal d'action sociale ou l'assistante sociale, et rester présents dans le quotidien pour que l'isolement ne s'installe pas. Nos interventions d'accompagnement des personnes âgées et d'accompagnement du handicap ouvrent droit au crédit d'impôt de 50 %, et notre service de téléassistance, disponible 24 heures sur 24, peut être adapté aux personnes qui entendent mal.

FAQ - Accueil des personnes sourdes ou malentendantes

Le décret du 2 septembre 2026 s'applique-t-il au 1er octobre 2026 ?

Non. Le décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026, publié au Journal officiel du 3 septembre 2026, entre en vigueur le premier jour du sixième mois suivant sa publication, soit le 1er mars 2027. Il porte sur l'accueil physique et par visioconférence des services publics. L'échéance du 1er octobre 2026, elle, découle d'un dispositif antérieur, issu de la loi du 7 octobre 2016 et de son décret d'application de 2017, qui concerne l'accueil téléphonique. C'est à cette date que l'obligation de traduction simultanée passe de 50 % au minimum à la totalité des horaires d'ouverture du service.

Qui est concerné par le décret du 2 septembre 2026 ?

La notice officielle du décret vise les personnes sourdes ou malentendantes d'une part, et les organismes publics et privés chargés d'une mission de service public d'autre part. Le champ est donc plus large que les seules administrations de l'État : il inclut les collectivités territoriales, les organismes de sécurité sociale et les structures privées délégataires d'une mission de service public. Le texte ne prévoit aucun seuil de population et ne mentionne aucune sanction. Il a été soumis à l'avis du Conseil national d'évaluation des normes et à celui du Conseil national consultatif des personnes handicapées avant sa publication.

Quels moyens de traduction peuvent être demandés ?

Cela dépend de votre situation, et le décret prévoit expressément que le moyen retenu soit déterminé avec vous. Si vous ne pratiquez pas la langue des signes, ce qui est le cas de la plupart des personnes devenues malentendantes avec l'âge, demandez une transcription écrite instantanée : le texte s'affiche pendant que votre interlocuteur parle. Si vous pratiquez la langue des signes française, vous pouvez demander un interprète, sur place ou à distance, ou un agent qui la maîtrise. Le codage en langue française parlée complétée est également prévu. Dans tous les cas, le dispositif doit être adapté à l'objet et à la durée de l'échange, et la confidentialité doit être garantie.

Comment appeler une administration quand on entend mal ?

Le point d'entrée le plus simple est l'annuaire de la Fédération française de l'accessibilité, vers lequel renvoie le site service-public.fr. Il recense plus de 50 000 services accessibles, dont l'Assurance maladie, les caisses d'allocations familiales, la MSA, les préfectures et de nombreuses mairies. On y choisit son mode de communication : appel, vidéo, langue des signes ou tchat. Pour un renseignement administratif général, Allô Service Public 3939 est accessible via la plateforme Acceo. Ces services sont gratuits et sans surcoût. Pour les urgences, le numéro dédié est le 114, joignable par SMS, application ou internet.

Combien de personnes sont concernées en France ?

L'estimation publique de référence provient d'une étude de la DREES fondée sur l'enquête Handicap-Santé : environ 10 millions de personnes présentaient une limitation fonctionnelle auditive, dont 5,5 millions une limitation moyenne à lourde et 360 000 une limitation très grave ou totale. La prévalence croît fortement avec l'âge : 9,1 % entre 30 et 44 ans, 33,5 % entre 60 et 74 ans, et 51,4 % à partir de 75 ans pour les personnes vivant à domicile. Ces données sont déclaratives et portent sur l'enquête de 2008 : elles restent la source publique la plus complète, mais elles méritent d'être actualisées.

Une aide auditive coûte-t-elle forcément cher ?

Non. Depuis la réforme du 100 % Santé, l'audioprothésiste a l'obligation de proposer au moins une offre de classe 1 pour chaque oreille devant être appareillée. Pour une personne de 20 ans et plus, le prix de cette classe 1 est plafonné à 950 euros par oreille ; l'Assurance maladie rembourse 60 % sur une base de 400 euros et la complémentaire prend le reste, ce qui aboutit à un reste à charge nul dans le cadre d'un contrat responsable. Le plafond est porté à 1 400 euros par oreille pour les moins de 20 ans et les personnes sourdes et aveugles. Une prescription médicale et un devis normalisé sont nécessaires.

Sources

  • Décret n° 2026-838 du 2 septembre 2026 relatif aux modalités d'accessibilité de l'accueil dans les services publics pour les personnes sourdes ou malentendantes, Journal officiel n° 0205 du 3 septembre 2026 - legifrance.gouv.fr
  • Institut national de la consommation, l'accessibilité renforcée des services téléphoniques aux personnes sourdes et malentendantes, loi du 7 octobre 2016 et décret n° 2017-875 du 9 mai 2017 - inc-conso.fr
  • Arcep, handicap et accessibilité des services de communications électroniques - arcep.fr
  • Service-public.fr, accessibilité téléphonique pour les personnes sourdes ou malentendantes, et connaître les services accessibles - service-public.gouv.fr
  • DREES, étude quantitative sur le handicap auditif à partir de l'enquête Handicap-Santé, document de travail n° 131 - drees.solidarites-sante.gouv.fr
  • Service-public.fr, comment sont remboursées les prothèses auditives, fiche vérifiée le 25 juin 2025 - service-public.gouv.fr

À propos de l'auteur

AIDADOMI est un organisme de services à la personne dont le siège est à Marseille. Le réseau compte 33 agences réparties dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et le Gard. Nos intervenantes et intervenants sont salariés en contrat à durée indéterminée et bénéficient d'une formation interne continue. AIDADOMI est agréée entreprise solidaire d'utilité sociale.

Cet article présente des dispositions réglementaires relatives à l'accessibilité et des données publiques sur l'audition. Il ne constitue ni un avis médical, ni un conseil juridique. Une gêne auditive doit être évaluée par un médecin, et un appareillage relève d'une prescription médicale suivie d'un bilan chez un audioprothésiste. Pour faire valoir un droit à l'accessibilité, rapprochez-vous de l'organisme concerné, d'une association représentative ou du Défenseur des droits.